‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 62 sur 129 · Peregrin. ad loc. saneta, p · texte numérisé non relu

Peregrin. ad loc. saneta, p

importante '. A celte époque, on ne croyait donc pas à Edesse, au moins d'une manière un peu générale, posséder l'Image du Sauveur2. Cela serait-il possible s'il eût existé, dès la lin du iiic siècle, une mention de cette Image dans le récit des origines chrétiennes de la ville? Je ne le crois pas : car en accordant même que la mention de la Doctrine d'Addaï ne suppose pas l'Image déjà existante et reconnue, celte mention n'aurait pu rester un siècle sans créer son objet, et sans qu'on eut tenté, à l'unanimité, de lui en trouver un. Tout au moins aurait- on essayé d'expliquer la disparition de la relique. Or, de ce dernier point il n'est pas question avant la relation du Pseudo-Constantin ou du cod. Vindob. XLY. Moyse de Khorène dit explicitement ;i que. de son temps, l'Image était encore à Édesse, et il ne parle ni de disparition ni d'invention. Si donc, dans les premières années de Théodose au plus tôt, vers l'an 380, la sainte Image n'avait pas conquis à Édesse sa place, l'épisode qui la concerne n'a pu se trouver dans le document vu par Eusèbe : sa présence dans la Doctrine d'Addaï est le fait d'une addition subséquente 4.

Passons maintenant à un examen plus général, celui de la théologie.

Ouelle est la théologie de la Doctrine d'Addaï'? Est-elle, ou du moins y trouve-t-on des expressions d'une théologie postérieure à Nicée? S'il en est ainsi, il faudra nécessairement

1. Elle n'a pu, d'autre part, l'oublier, car elle mentionne (p. 65) deux sculptures « très ressemblantes » en marbre, représentant Abgar V et son fils Ma'nou. Cette omission de la pèlerine est, comme le fait remarquer .M. Gamurrini (Studi edocum. di storia e diritto, au. V, 1884), un argument décisif en faveur de l'antiquité de sa relation.

2. Nous trouvons un écho de cette apparition tardive du culte de la sainte Image a Edesse dans le récit du Pseudo-Constantin. D'après lui, l'Image n'aurait été tirée de son obscurité que sous Chosroès (eu 544). .Mais il prévient en même temps l'objection que l'on pouvait déduire de ci; fait, en expliquant comment la persécution d'un prince impie avait obligé à la cacher peu de temps après le règne d Abgar.

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