Voir plus haut, p
7. Suivant la Doctrine des Apôtres (trad., p. 24), l'Ascension aurait eu lieu l'an des Grecs 339 (= 28) ; suivant la Doct d'Add. (chronol. primitive de la traduct. arménienne), eu l'an 340 (=29) : cf. Cureton,yt«c. syr. doc, p. 167. De même,
blable que, avant d'être encadrés comme ils le sont, les canons apostoliques ont formé une collection à part. C'est sur cette édition antérieure qu'ont pu être établies les ressemblances signalées. Mais comme il est difficile que cette première édition elle-même remonte au mc siècle1, nous sommes autorisés à considérer comme étant au moins du ive siècle, et par conséquent, comme des additions au texte primitif de la légende d'Abgar, la mention des canons apostoliques et les détails disciplinaires qui en sont dérivés dans la Doctrine d'Addài.
Il est temps de conclure. Une comparaison minutieuse entre les parties communes d'Eusèbe et de la Doctrine d'Addài nous a montré, dans ce dernier écrit, le texte même vu par l'auteur grec, mais légèrement relouché et interpolé, sauf au commencement, où la retouche est peut-être plus sensible. Une étude attentive de la partie propre à la Doctrine nous y a révélé la présence d'éléments historiques et théologiques qui n'ont pu s'y trouver avant le iv° siècle et avant le concile de Nicée, c'est-à-dire avant qu'Eusèbe eût écrit son chapitre sur le roi d'Édesse. La conclusion sort d'elle-même : le plus ancien texte de la légende d'Abgar est celui d'Eusèbe.
Il faut donc abandonner la thèse de M. Zahn, qui voit, dans la Doctrine d'Addài, un ouvrage en entier du iii^- siècle. Mais, d'autre part, je repousse l'opinion trop radicale de M. Lipsius, qui regarde toute la partie qui suit la citation d'Eusèbe comme une composition ultérieure et de toutes pièces : j'ai prouvé que le document de l'auteur grec se poursuivait au delà de la citation qu'il en fait. La vérité sur cette seconde partie de la Doctrine d'Addài est donc dans une opinion
la Doctrine des Apôtres nous parle, can. V, de soi/s-diarres: la Doct. d'Add. semble ignorer cet ordre, et placer immédiatement après le diacre le scribe, )s °LJX> (texte, p. 40, trad., p. 39). — On voit du reste, en comparant le texte des canons tel qu'il se trouve dans Cureton et tel qu'il se trouve dans Ebed-Jesu (can. VI et IX de la Doctrine, VI et VIII d'Ebed-Jesu), que l'on modifiait ce texte pour l'adapter à l'usage en vigueur au moment de la copie. 1. Les canons grecs ne remont' ut pour la plupart qu'au iv° ou même au v« siècle.
intermédiaire. Cette seconde partie n'est pas une création posteusébienne, c'est un remaniement et une amplification d'un texte plus ancien.
Maintenant, quelle est au juste la mesure du remaniement et de l'amplification que ce texte a subis ? On comprend qu'il est difficile de la déterminer. Dans la discussion qui précède, je n'ai apporté que des exemples certains ou très probables ; mais toute interpolation ne se trahit pas nécessairement, et la Doctrine d'Adddi peut en renfermer beaucoup plus qu'il ne nous est possible d'en vérifier. Si même l'on voulait s'en tenir à ce qui suffirait strictement pour correspondre au résumé supplémentaire d'Eusèbe (II, 1, 7), on pourrait n'admettre, comme faisant partie du texte primitif, que les quelques lignes de la page 30 (trad. angl.) qui nous donnent le résultat de la prédication de l'apôtre, auxquelles on pourrait joindre certains détails des pages 30, 31, 45 sur la persévérance des Édesséniens dans la vraie foi. Mais il y faut vraisemblablement, comme je l'ai dit plus haut1, ajouter encore, outre la souscription, une partie du premier discours d'Addaï. Quelques fragments d'une couleur plus archaïque et plus pure dans le troisième discours, aux pages 42, 43, 44 et 45 (trad. angl.), paraissent aussi avoir appartenu à la première rédaction2.
Au contraire, nous devons, d'après les conclusions précé- < dentés, regarder comme des additions ultérieures la légende