P. 89, texte et notes
2. Je ne regarde pas comme ayant nécessairement fait partie de cette première rédaction le canon scripturaire que nous trouvons texte, p. 46, trad., p. 14. D'après M. Zahn (Tut. Diat., p. 92), ce canon excluerait absolument les Épîtres catholiques et l'Apocalypse. Mais, d'abord, nous ne serions pas pour cela obligés d'avancer la composition de ce morceau jusqu'au m" siècle, puisque la Peschittà (qui admet quelques-unes des Épîtres catholiques) n'a élé reçue a Édesse qu'au milieu du ivc. De plus, ce canon peut n'être pas aussi exclusif qu'il le parail à première vue. Par exemple, la Doctrine des Apôtres dont nous avons parlé, canon X (V. plus haut, p. 115), semble exclure, d'une façon tranchée, toutes les
Epîtres des Apôtres. Il n'est pas douteux cependant que. à l'époq ni cel écrit
a été composé, on n'admit comme canoniques les Épîtres de saint Paul et quelques-unes des autres : le document lui-même (trad., p. .'J2i mentionne cellesjde saint Jacques et de saint Pierre. V. Lipsius, Die Edess. Abgs., p. Ul ; Die apokr. Apostelgesch., II, 2= part., p. 193 et suiv.
de la sainte Image ', celle de l'Invention de la vraie Croix2, la mention de Barsamyâ3, celle des canons apostoliques4, et le fragment sur l'ordination de Palout et de Sérapion5. Il y faut ajouter des interpolations dogmatiques considérables dans le premier discours d'Addaï. — Ces points là sont acquis. .Maintenant un examen attentif, fondé sur des rapprochements multipliés et minutieux entre les morceaux interpolés et le reste de l'ouvrage, m'inclinerait à élargir ce cercle. Ainsi on devrait y faire rentrer d'abord le fragment de transition qui relie àlapartie transcrite par Eusèbe lalégende de Protonicé6. — On y devrait faire rentrer ensuite l'épisode de la correspondance d'Abgar et de Tibère : cet épisode, d'une part, contient quelques détails qui se retrouvent dans le récit relatif à la vraie Croix7, et de l'autre, reproduit dans son texte une légère interpolation signalée dans la partie commune à nos deux sources 8 : il n'a d'ailleurs, avec le reste de l'histoire, que des attaches très faibles. — On y devrait faire rentrer aussi certains passages du troisième discours d'Addaï, lequel, outre la