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le plus convenable est la période de vingt-six ans, de 337 à 3G3, que dura la guerre des Romains et des Perses en Mésopotamie. Les magnifiques résistances de Nisibe aux attaques de Sapor, surtout celle de 350, et l'honneur que Ton en faisait aux prières de saint Jacques, son évoque, durent électriser les courages et faire penser que de même Edesse, déjà si particulièrement favorisée de Jésus-Christ, était l'objet d'une protection toute spéciale. On se rappela que cent ans auparavant, en 259, elle aussi avait résisté à un autre Sapor1. La promesse du Sauveur naquit naturellement de cet état des esprits. Nous sommes par là reportés au milieu du ive siècle. — C'est également à cette date que nous conduisent et les formules théologiques, et les ressemblances constatées de la Doctrine <ï Addaï avec les Actes des martyrs Scharbîl et Barsamyâ. La théologie est postérieure à Nicée. D'autre part, il serait peut-être trop hardi d'attribuer ces trois documents au même auteur ou strictement à la même époque2; mais enfin ils appartiennent à la même littérature. Or les Actes contenant la lessère nicéenne, ramenant cent cinquante ans en arrière des faits arrivés vers 250 ou 260, nous parlant, à propos de la persécution de Trajan, de l'édit des empereurs3, mettant en scène des personnages officiels absolument inconnus4, ces
i. Zonaras, Annales, XII, 23.
2. Leur ressemblance est surtout dans des idées ou des formules qui devaient être d'un style courant dans 1rs discussions contre le paganisme.
3. Actes de Scharbil, texte, p. 58, 1. 16, 17; p. 59, 1. 19, 24. Actes de Bàrsamyâ, texte, p. 65j 1. 24; p. 69, 1. lo, 16; cf. p. 70, 1. 10, 16; p. 71, 1. o. Cette expression se rapporte évidemment à la persécution de Dioctétien.
4. On a cherché à identifier les noms de Lysanias, le juge qui a le rôle odieux, et d'Alusis, le père des empereurs, qui a le rôle gracieux. 11 est impossible de
dire quelque chose de certain. A tout prendre, je préférerais, avec Tillei il
[llist. des Emper., Il, Persécution de l'Égl. sous l'ernper. Trajan, art. vi) et Bayer [Histor. Osrh. et Edess., p. 159), voir dans le Lysanias ou Lysinas de nos Actes le lieutenant de Trajan, Lusius Qûietus, qui avait mis jadis Edesse à feu et à sang (Xiphilin, LXVllI, 30). Le caractère du personnage serait conserve. — Quant à Alusis, il est question dans les ménologes grecs, au 7 décembre {martyrol. rom., 11 novembre), d'un certain Éleusius, préfet en Mésopotamie', sous Dioctétien. Il avait condamné un chrétien nommé Athénodore à avoir la tête tranchée; mais, au moment de l'exécution, le bourreau tomba tout à coup incapable de remplir son office, et le martyr mourut en priant (V. Surins, 7 décembre). Ce martyre décrété, non exécuté, aurait-il donné lieu à quelque rapprochement entre Athénodore et Barsamyà, qui aurait, dans les Actes de ce dernier, introduit Éleusius sous le nom d'Alusis.'?..
Actes, dis-je, ne sauraient avoir été composés avant le milieu du ivc siècle. — Peut-être même faudrait-il descendre un peu plus bas si l'on pouvait solidement établir qu'ils sont contemporains de ceux de Habib *, un autre martyr d'Édesse. Mais, malgré les rapporls qu'offrent surtout les Actes de Scharbîl avec ce dernier document, identité du juge, ressemblances dans le récit2, localisation du souvenir des deux saints en des lieux proches l'un de l'autre 3, on n'en saurait conclure d'une façon un peu stricte que ces écrits sont du même temps. Examinons maintenant de près la mention qui concerne, dans la Doctrine d Addcù, l'ordination de Palout et celle de Sérapion, et les appendices qui terminent les Actes de Scharbîl et de Barsamyâ. Ces trois fragments paraissent très étroitement apparentés : peut-être ont-ils un auteur commun4. Or, la finale des Actes de Scharbîl, relative au transfert tenté, non
1. Édités par Cureton, Ane. syr. doc, texte, p. 73-86, trad., p. 72-85.