‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 79 sur 129 · Comparez par exemple (traduction · texte numérisé non relu

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Actes de Scharbîl, Actes de Habib,

3. Suivant ses Actes (trad., p. 61, 1. 12), Scharbîl fut enterré dans le sépulcre du père de l'évêque "Abschelamà. Dans les Actes de Habib (trad., p. 83, 1. 1 et suiv.), il est dit que le père de 'Abschclamà se nommait Abgar, et que le cimetière où se trouvait son tombeau était situé à l'ouest de la ville, en face de la porte appelée Porte des Arches. Quant à Habib, il fut, nous dit-on {Actes de Uni, il,, trad., p. 84, 1. 1 et suiv.), inhumé dans h' même tombeau que Schamounà H Gouriâ, sur la montagne appelée Beth-Allah-Quqlâ (Métaphraste, dans Migne, P. G., CXVI, p. 141, BiOeXaxtxXâ ; Surius, ibid., p. 142, Bethelabicla). Or, c'est sur cette coliiuc, ou sur la colline voisine, que se trouvait celui de 'Abschelamâ. Entre cette colline et la ville était comprise la région qui porte le nom de Vieux tombeaux. V. le plan d'Édesse inséré par M. Wright à la lin de son édition de la Chronique de Josué le Stylite. Peut-être, en raison de cette circonstance, au lieu de Porte des Arches, comme traduisent MM. Cureton {Ane. syr. doc, trad., p. 83, 1. 1, 2) et Wright (Chronicle of Josh. the S/y/., p. 18, 20), vaudrait-il mieux traduire, avec M. Hoffmann (Wright, op. cit., p. 18, note), Porte des tombeaux.

4. V. plus haut, p. 114. — M. Lipsius {Die Edess. Abgs., p. 46 et suiv.) développe au tond le même argument que je présente ici, mais en s'appuyant sur des bases tout autres. Dans la forme qu'il lui donne, il est indirectement réfuté par .M. Duchesne, Ij' Liber Pontificalis, texte, introd. cl comment., I, p. civ et suiv. C'est là que je renvoie pour la preuve de quelques-unes de mes assertions.

réussi, des corps de saint Pierre et de saint Paul1, n'est qu'une reproduction altérée du récit qui se retrouve en grec dans les Acta Pétri et Pauli2, Ce récit lui-même n'est que la forme légendaire de faits très probablement réels, à savoir la translation des restes des deux apôtres ad Catacumbas pendant la persécution de Yalérien, en 258, B'isco et Titsco consulibus3, et leur réintégration au Vatican et sur la voie d'Ostie. Il suppose, en tout cas, les basiliques du Vatican et de la voie d'Ostie existantes, et les reliques des deux saints y reposant définitivement. Or, cette définitive déposition paraît avoir eu lieu peu après l'an 313. Pour que la légende ait eu le temps de se former, et de ramener à un intervalle d'un an et sept mois un séjour qui vraisemblablement fut beaucoup plus long4, une

1. Voici l'histoire en résumé (Ane. syr. doc., trad., p. 61, 62) : Dans une famine arrivée à Rome sous Fabien (236-250), les citoyens demandent que l'on fasse sortir de la ville les étrangers. Ceux-ci s'exécutent, mais ils veulent emporter avec eux les restes de leurs morts, et notamment de saint Pierre et de saint Paul, tous deux orientaux. On y consent, bien qu'avec difficulté. Cependant, au moment où on touche aux corps des apôtres, un tremblement de terre menace de renverser la ville. Le peuple, effrayé, supplie les étrangers de rester à Rome et d'y laisser les reliques. Ils restent donc, et le calme renaît. Les Juifs et les païens, témoins de ce prodige, se convertissent. — Outre les Acta Pétri et Pauli (v. plus bas), on trouve encore cette légende dans le Pseudo-Marcellus (Fiorentini, Vetust. martyi'oL, p. 111), dans une épître de saint Grégoire le Grand adressée, en 594, à l'impératrice Constantine (Epist., I. IV, ep. 30, Migne, P. L., LXXVII, p. 703; Jaffé, 1302), et dans une inscription de Damasc (ici par voie d'allusion; De Rossi, Inscript, christ., II, p. 32). La Doctrina Pétri syriaque (Ane. syr. doc., trad., p. 40) parait, à la fin, en entamer aussi la narration.

2. Tischendorf, Acta aposlol. apocr., p. 38, 39. Les principales différences sont les suivantes : Les Actes grecs présentent l'enlèvement des reliques comme un pieux larcin, et les ravisseurs sont des orientaux (avopîç twv t?,; àvrtoÀ?,; [ispwv) : les Actes syriaques présentent le fait comme une inspiration de la piété filiale, et il s'agit simplement d'étrangers. — Dans le grec, les orientaux sont rattrapés à l'endroit appelé ad Catacumbas, à trois milles de Rome; les corps saints y sont déposés, et y séjournent un au et sept mois (d'autivs mss. : un au et six mois), jusqu'à ce qu'un ait préparé les lieux où ou les veut conserver; après quoi ou transporte les restes de saint Pierre au Vatican (e'iç tov Baxc/.âvov), et ceux de saint Paul sur la voie d'Ostie (eîç xr,v 'Ocmaaiv ôôbv : v. les mss. dans les notes de Tischendorf, toc. cit.). Dans le syriaque, les reliques ne sont pas déplacées : elles restent simplement au lieu qu'elles occupaient. — Enfin, le texte grec ne nous donne aucune date de ces événements : venant, comme il fait, après la mention de la mort de Néron et par mode de supplément, le récit laisse libres les hypothèses chronologiques. Le syriaque nous présente une date, l'épiscopat de Fabien. — Les premières circonstances ont été modifiées par l'auteur oriental pour épargner à ses compatriotes l'odieux du larcin et la honte de l'insuccès.

3. Martyrol. hiéronymien et Depositio martyrum du Catalogue libérien, dans Duchesne, loc. cit., p. cv.

4. 11 aurait été de cinquante - cinq ou soixante ans d'après les meilleures

trentaine d'années sont nécessaires. Elle serait donc née au plus tôt vers 350. Si nous observons, maintenant, que c'est là une légende romaine, et que la reproduction syriaque en est très sensiblement altérée, nous reporterons encore celte dernière quinze ou vingt ans plus tard. Ce serait aussi l'époque la plus haute à laquelle on aurait pu insérer dans la Doctrine d'Addài la mention des ordinations de Palout et de Sérapion.

Enfin, dernière remarque : nous verrons plus loin que la légende de Protonicé, bien qu'indépendante d'abord de celle d'Abgar, a dû, et dans sa forme actuelle, lui être unie lors du remaniement qui nous a donné la Doctrine d'Addài. J'ai déjà signalé quelques détails qui appuient cette opinion1. Or cette légende, telle que nous la lisons, est notablement postérieure à la dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre (335). Le document qui nous la présente appartient donc au moins au dernier tiers du ivc siècle.

En somme, l'argument tiré de la relation de la pèlerine n'est pas isolé. Nous sommes autorisés à retenir la date de 390 comme le terme au-dessous duquel nous devons chercher la composition de la Doctrine d'Addài.

Mais jusqu'où devons-nous descendre?

Les manuscrits sont du vie siècle, l'un d'eux peut-être du v". De plus, Moyse de Khorène a évidemment connu la Doctrine d'Addài. Non seulement il nomme l'ouvrage de Léroubna (= Laboubnâ) comme un de ceux qu'il a consultés2, mais il reproduit ou analyse plusieurs des passages delaZJoctrine reconnus comme des interpolations3. Son texte, môme dans les passages communs et offrant des variantes, se rap-

sourecs. Les itinéraires du vii^ siècle le fout de quarante ans (Duchesne, ibid.).

\. V. plus haut, p. 100, note 2, p. 119, texte et notes.

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