‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 80 sur 129 · Hist. d'Arm., Il · texte numérisé non relu

Hist. d'Arm., Il

::. Par exemple l'épisode de l'ambassade d'Abgar à Sabinus (qu'il nomme Marinus), celui de la sainte Image, la lettre d'Abgar à Tibère et la réponse de l'empereur. D'autres détails intéressant plus ou moius directement l'Arménie paraissent être des inventions de Moyse lui-iuêmc.

proche tantôt du syriaque, tantôt d'Eusèbe1. Nous avons en lui un mélange des deux sources.

Maintenant, dans ce mélange, Fauteur s'est-il servi du syriaque ou de la traduction arménienne? C'est ce qu'on ne saurait complètement décider. Moyse connaissait les deux langues: il avait même séjourné quelque temps à Edesse et en avait étudié les archives2 : il a donc pu lire la Doctrine d'Addài dans son texte original. D'autre part, son propre texte n'offre pas sensiblement plus de rapport avec l'arménien qu'avec le syriaque '. 11 transforme, il est vrai, comme le premier, la mort d'Addaï en une mission hors de l'Osrhoène. Mais ici encore, comme je l'ai remarqué4, Moyse suit une tradition à part. Il n'est question, dans la traduction, ni de l'Arménie, ni de Sanadroug, ni des circonstances qui ont accompagné et suivi le martyre de l'apôtre. On ne saurait donc conclure de ce rapprochement que la traduction a été sous les yeux de l'historien5. Ce qu'il semble toutefois qu'on en puisse conclure, c'est qu'elle a été faite antérieurement à son ouvrage. Dans le résumé, en effet, qu'il nous donne delà mission d'Addaï en Arménie, Moyse s'appuie expressément suides traditions plus anciennes : Ces faits, dit-il, ont été « relevés /Kir d'autres [écrivains] avant nous ». Des remaniements d'origine arménienne avaient donc, quand il l'a saisie, déjà modifié la légende d'Abgar. Ces remaniements ou ces corruptions supposent une certaine connaissance de la légende dans le pays et, par conséquent, aussi l'existence d'une tra-

i. Pour li' texte des lettres d'Abgar et de Jésus, Moyse suit visiblement Eusèbe.

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