‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 81 sur 129 · Hist. dArm., III · texte numérisé non relu

Hist. dArm., III

3. On ne trouve entre Moyse et la traduction arménienne que deux rapprochements appréciables. Ils nomment l'un et l'autre Abgar, en tête île sa leUre, fils d'Arsc/iam, au lieu d'Ouchamâ comme il esl nommé dans le syriaque. De plus, Moyse désigne une fois Hannan comme le favori du roi, expression qui ressemble davantage à celle de la traduction, ■ confident , qu'à celle 'lu syriaque, « secrétaire et archiviste ». Mais ces relations s'expliqueraient facilement dans l'hypothèse où la traduction serait postérieure à l'ouvrage 'I'- Moyse.

o. Remarquons cependant qu'il n'y a aucune difficulté à admettre cet emploi de la traduction arménienne par Moyse. L'objection soulevée par Gutschmid (la différence des noms Mariuus et Sabiuus) a été écartée par la découverte du texte syriaque (Lipsius, Die Edess. Abgs., p. •') .

duction. Si, de plus, on observe combien celle qui nous est parvenue altère moins que Moyse les données de l'original ', on n'aura pas de peine à la regarder comme ayant précédé cet auteur. Or celui-ci a composé son Histoire entre les années 450 et 480 2. La traduction arménienne a donc paru au moins au milieu du ve siècle, et la Doctrine cl A dddi syriaque , source première, encore un peu plus tôt.

La mention du Diatessaron dans ce dernier écrit vient confirmer ce raisonnement. On sait que le Diatessaron fut longtemps le texte évangélique en usage dans l'Église d'Édesse ; et non seulement dans celle d'Édesse, mais généralement dans les Églises de langue syriaque. Cela dura, pendant le mc et une partie du ive siècle. Au temps de saint Éphrem, on le lisait encore assez pour que ce docteur en fit un commentaire 3. Puis, une centaine d'années après, nous le voyons complètement abandonné. Tbéodoret, en 453, nous a raconté comment il trouva, dans son diocèse, plus de deux cents exemplaires de ce livre, dont beaucoup de fidèles se servaient, n'en soupçonnant pas le venin. Il les fît enlever et remplacer par les ouvrages distincts des quatre évangélistes *. L'hérésie de Tatien valait à ses écrits ce traitement. A Édesse même, le Diatessaron paraît avoir été exclu dès avant 435 de l'usage liturgique. Une ordonnance de Rabbulas (év. de 412 à 435)" prescrit aux prêtres et aux diacres d'avoir soin « que dans toutes les églises on possède et on lise un

1. Elle dirige vers l'Orient les pas de l'apôtre, et, eu cela, elle ne fait qu'accentuer les détails donnés par le syriaque (trad., p. 35) et développés dans le même sens par la tradition syrienne postérieure. Les faits racontés par Moyse ne se rattachent à rien dans le texte.

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