‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 88 sur 129 · De bello persico, IF · texte numérisé non relu

De bello persico, IF

4. Tillemont, Mémoires, 1, Saint Thomas, texte et note VII. — Assemaiii, Bibl. orient.. I. p. 5S4. — Cave, Hist. litter., p. 2 ei .'!. — Grabe, Spicilegium, I. p. l et suiv., 319 et suiv. — Rinck, Zeitschr. f. histor. Théo/., 1843, II, p. 3 ei suiv. - Cureton, Anc.syr.doc, préf., p. u. —Phillips, The doct. of Add., préf., p. iv et suiv.

">. Joann., XI!. 20, 21.

analogue à celle que mentionne la Doctrine d'Addaï, des merveilles opérées parle « bon médecin », ait songé à profiter pour lui-même de son bienfaisant pouvoir. Mais il ne s'agit pas ici de possibilité ou de vraisemblance, il s'agit du fait tel que nous le présente Eusèbe, la plus ancienne source qui nous le rapporte.

C'est ce fait qu'on ne saurait accepter.

Il y a d'abord contre lui le décret du Pseudo-Gélase qui déclare formellement apocryphes les lettres d'Abgar à Jésus et de Jésus à Abgar '. Ce décret, il est vrai, même en supposant son autorité recevable, n'a pas empêché plusieurs catholiques de soutenir l'authenticité des deux écrits. Il nous apprend cependant ce que l'on pensait à Rome de cette authenticité au ve ou au vie siècle, c'est-à dire à un moment où la grande littérature chrétienne commençait à disparaître, et la science des origines à s'affaiblir.

Mais ce fait de la correspondance du Sauveur et du roi a surtout contre lui la texture même de la lettre d'Abgar.

Ici un examen attentif de cette composition, telle qu'elle se trouve dans Eusèbe, devient nécessaire.

Que l'on remarque d'abord l'ordre suivi dans rémunération des miracles du Sauveur: « Tu fais voir les aveugles, marcher les boiteux, tu purifies les lépreux2 », il est exactement le même que celui qui est suivi par les évangélistes rapportant la réponse de Jésus-Christ aux envoyés de Jean-Baptiste3. Abgar, il est vrai, intercale ensuite les mots « Tu chasses les esprits impurs et les démons, tu guéris les maladies invétérées », mais il reprend aussitôt avec les évangélistes : « et lu ressuscites les morts »; et l'on va voir que I'intercalation signalée, au lieu d'affaiblir mon argumentation, la fortifie. Si la lettre d'Abgar, en effet, est de fabrication postérieure, comme j'essaie de l'établir, l'auteur a dû puiser dans le

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