‹ Les origines de l'Église d'Édesse et la légende d'AbgarChapitre 98 sur 129 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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3. Dans l'évangile de Nicodème, pars I. Gesta Pilati, on trouve parmi les (mis témoins de l'Ascension de Jésus un docteur le texte grec B dit un soldat nommé 'A8âç el un Lévite uommé "AryaToç Tischendorf, Ev. apocr.,

p. 242. 296, 350, el 396 . Ces Actes, dan- leur première rédaction, sont postéri à Eusèbe Lipsius, Dict. of Christ, biog., Il, p. 709).

4. Le souvenir d'Addaï était rattaché, comme celui d'Aggaï, à un l

Ces arguments suffisent pour écarter ceux que M. Lipsius a proposés contradictoirement dans sa première étude sur la légende d'Abgar1. Quant à ceux qu'il y a ajoutés dans son étude générale sur les Apocryphes, il est aisé de montrer qu'ils ne concluent pas davantage. La personne d'Addaï, dit M. Lipsius, est intimement liée à la correspondance de Jésus et d'Abgar : sa mission en est le complément indispensable. Or, cette correspondance est imaginaire. Donc la personne de l'apôtre l'est aussi. — Pas nécessairement : on a mêlé l'historique et l'imaginaire : c'est le caractère même de toute légende. Tandis qu'on a fait vivre le roi en son temps, mais en lui supposant avec le Sauveur des rapports qui n'ont pas existé, on a conservé h l'apôtre son rôle réel, mais en déplaçant l'époque où il a vécu. Sans doute, le motif qui a fait agencer toute cette histoire n'est point de faire remonter au 1er siècle un évêque plus récent : le motif est de donner àl'Église d'Edesse une origine apostolique, et de la mettre en relation directe avec Jésus-Christ; mais, pour atteindre ce but, il était aussi simple de modifier ce que l'on possédait que de créer de toutes pièces un nouveau personnage. — Cependant, ajoute M. Lipsius, s'il est vrai que les reliques de saint Thomas aient été, vers 232, transférées h Édesse sous Alexandre Sévère, la légende doit être antérieure à ce fait, autrement on n'eût pas manqué d'attribuer à l'apôtre saint Thomas lui-même la fondation de l'Église de la ville. Par conséquent, avant celle époque, Addaï était regardé comme un des soixante-dix disciples, ce qu'il n'est pas. 11 n'a donc jamais existé qu'en imagination. — Nous parlerons plus loin de la translation des reliques de saint Thomas; mais j'ai déjà retourné cet argument contre M. Lipsius2. La légende peut être postérieure à

(Docf. d'Add., trad., p. 47) ; niais ce détail ne saurait être exact. Le tombeau des ancêtres d!Abgar désigné ici est probablement le mausolée élevé par Abgar VI, enl'an89 ap. J.-C. {Chronique dÈdcsse, dans Assem., H. 0.,I,p. 389). Cf. Peregrin. ad loca sancla, p. 67 et suiv.

1. Il abandonne lui-même (Die apocryph. Apos/e/gesc/i., II, 2e part., p. 108, note) l'argument tiré du surnom de Patoaliens donné aux catholiques (V. plus haut, p. 140, 141).

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