Nofirmat. Chambre du Sud
Plans de détail du tombeau dans Pétrie, Medum, pi. VII, et Mariette, Mon. divers, 16, A, B, C. Les deux chambres ont presque les mêmes dimensions. Gomme le montre le croquis ci-dessous, spécialement consacré à la chambre du sud, elles ont en plan la forme d'une croix à longues branches, mais ne sont revêtues en pierre que jusqueset
y compris la façade du couloir transversal, ce qui porte à croire, par analogie avec ce que nous avons vu chez Rahotep, qu'en xy, tout d'abord, a été la façade et le parement primitif de l'édifice*. Tout ce qui est en avant de xy aurait été construit, dans cette hypothèse, comme les enveloppes protectrices qui murent les chambres chez Rahotep, mais ici, les vides nécessaires furent ménagés pour compléter
1. Supposition d'autant plus probable que la paroi du fond, en pierre, du couloir transversal, a une inclinaison des plus prononcées ; cette disposition n'est point usitée d'ordinaire, dans un couloir.
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le plan d'une croix, avec façade antérieure en retrait, et les parois du couloir transversal et du couloir d'accès, soigneusement stuquées, furent couvertes ensuite de représentations peintes. Ultérieurement, d'ailleurs, le tombeau reçut une seconde chemise enveloppe en briques, murant les chambres, celte fois, comme chez Rahotep, avec petite niche ménagée dans la façade visible et petite cour en avant; notre croquis suppose enlevée cette chemise extérieure.
Les peintures sur enduit du couloir d'accès et de la paroi antérieure du couloir transversal étaient déjà fort détruites au temps de Mariette ; elles représentent des scènes de chasses et des scènes de la vie privée. S'y trouvait également le beau fragment que Pétrie a reproduit dans Medum, XXVllI, 1. Nous ne nous occuperons plus, dans cette chambre, que des parois en pierre. Mariette en a donné une description très sommaire, et publié incomplètement les listes de domaines des parois latérales de la branche du centre, dans Mastaba, p. 473-475; rien dans Mon. divers. La seule publication qu'on possède ici est donc celle de Pétrie, Medum, dont les n"^ de planches sont notés aux parties de muraille correspondantes, sur le croquis précédent.
Nous commencerons la description par la stèle centrale du fond de la chambre. Même configuration que celle de la chambre sud de Rahotep : en haut, le tableau carré, reposant sur un linteau droit couvrant toute la largeur de la stèle et sous lequel s'ouvre la haute cavité étroite de la fausse porte, avec son tambour cylindrique sous le linteau droit; à droite et à gauche de la fausse porte, dans le plan vertical du tableau carré, montants.
Le tableau carré, comme chez Rahotep, n'occupe pas la largeur entière de la stèle ; il reste, à droite et à gauche, la place d'une colonne d'écriture. La composition est celle que nous connaissons bien. En haut, titulature en une
ligne horizontale : 2 :^ ® ^ ^ 8 1 %■ (| I > T; chacun de ces titres bien connus a déjà été rencontré par
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nous sur des monuments plus anciens. Au-dessous, à gauche, Nofîrmat est assis devant une table sous laquelle sont inscrits par millier^, comme d'habitude, étoffes, vêtements, pains, liquides, viandes et volatiles, et surmontée de la liste d' offrandes sommaire , qui comprend ici l'ablution, l'encens, le vin, l'oie préparée, une pièce de viande, les fruits deb et ashed, et de plus, au premier rang de la liste, un élément inaccoutumé et non expliqué encore dont
le nom est écrit | V=°^ : c'est le ,^ % ^^^^^ rencontré, déjà, dans les listes de Khabiousokari'. A droite, toujours comme d'habitude, la pancarte des étoffes, qui présente cette particularité qu'ici sont distinguées quatre catégories d'étoffes. Renvoyons, pour tous détails, à ce quia été dit au sujet de cette pancarte à propos des stèles de Tetiankhni et de Nofir précédemment étudiées (même chap., § 11, B, E), et traduisons simplement, pour le cas actuel :
« Étoffes funéraires, à 1, 2,3 et 4 brins au fil, mille pièces de chaque espèce, savoir :
« Étoffes dima (tissées), à 2, 4 [etc.] brins au fil, mille pièces de chaque espèce;
« Étoffes sounou à 2, 4 [etc.] brins au fil, mille pièces de chaque espèce;
« Étoffes aa à 2, 4 [etc.] brins au fil, mille pièces de chaque espèce;
« Étoffes saut nofir (lin fin), à 2, 4 [etc.] brins au fil, mille pièces de chaque espèce ».
L'étoffe 4 o> on s'en souvient, a été rencontrée déjà sur la pancarte de Nofir, et nous la retrouverons encore à la même place chez Amten et chez Merab.
Au dessous de la pancarte des étoffes, petit complément de la liste d'offrandes dont la constitution apparente remarquablement ce tableau carré avec celui de Khabiousokari
1. La substance ainsi désignée est la même, à n'en pas douter, que la 0 v^ /www n
bière hetem^ \ ^^, ^ de Papi II, ^ ^ï°=^ J^ de Marou-Bebi (Capart, Chambre funéraire de la sixième dynastie, pi. I, p. 16); mais chez Nofîrmat et Khabiousokari, le nom est sehetem ou seshetem.
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et avec la stèle de Nofîr. Une ligne horizontale, comprenant six noms en deux séries : à droite, trois fois le sierne du grenier, avec, chaque fois, le nom d'un des trois blés
o o o, Jj '~^^~' tit^ ° 4, rencontrés dans les inscriptions susdites; le tout par milliers, de même que les trois sub-
stances de la série de gauche de la ligne, |J ^ ( ? cf. Raho-
tep, chambre du sud, grande liste à droite), () y (cf. Rahotep, ib., et Khabiousokari) et 9-
La titulature complémentaire de Nofirmat n'est nulle part aussi bien conservée que dans les deux lignes d'écriture verticale qui encadrent le tableau carré; passons-les en revue pour ne plus revenir à cette titulature. A gauche :
-™- 4^ ^, "^^ § A y i) "=" i T. « prêtre de Min, grand des Cinq de la maison de Thot, préposé à toute ville (?), chef de tous les travaux du roi ». Pour le titre
sacerdotal rf^ , v. ce qui est dit au chap. Ill ci-avant, § I, B, à propos de la statue A. 39 du Louvre.
^^ ^1 Q , « gouverneur chef (?), prophète de Bastit*, prophète de Khent-Khemti", chef de toutes les enseignes
divines (^ ^^'"^ de l'orthographe ordinaire) ».
1. Cf., pour la même orthographe et la même disposition graphique du titre, l'inscription de Khouhotep qu'on verra plus loin et le vase Amélineau, Nouv. fouilles, II, XXII, I, dont il a été parlé ci-avant, chap. III, §11, B.
2. « Celui qui est dans le Sanctuaire », nom de l'Horus mort de Létopolis ; V. au sujet du dieu et de ce même titre sacerdotal, que porte Amten, ce qui a été dit ci-avant, chap. III, § II, A, à propos du cylindre RT II 189. Notons encore, car nous n'y reviendrons plus, que dans le tombeau qui nous occupe le même litre reparaît deux fois encore, une fois dans l'inscription du grand linteau de la façade intérieure, sous son orthographe régulière où l'on restitue -<aot=- à moitié enlevé, une autre fois dans l'inscription du flanc droit de la chambre, où le titre est écrit fautivement
:iî.
290 Tie ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES
Sous le tableau carré, le linteau droit est nu ou détruit. Le tambou7\ au-dessus de la fausse porte, porte le titre et
le nom ^° ^ \) ./ a , ^t le fond de la fausse porte montre le défunt debout, face à droite, comme sur les stèles de la plus ancienne époque, avec au dessus de sa tête, encore une fois, la légende du tambour : on remarque combien ceci diffère, en plus ancien, de la fausse porte de Rahotep, où le fond de la cavité est occupé, au lieu de la figure debout, par la formule du « don d^offrande ». Les montants qui encadrent la fausse porte sont décorés, à droite, de la
figure debout de la dame Atiti, 4 "^^ i o . à gauche, sur trois registres, de la représentation de trois personnages à petite échelle, sans doute des fils du défunt, accompagnés de leurs noms et titres.
Telle est la stèle du fond de la chambre. Les parois latérales, aux sculptures en grande partie conservées, sont de forme trapézoïdale, terminées au débouché dans le couloir transversal par une ligne dont l'inclinaison est celle même de l'ancienne façade*. De chaque côté, la moitié inférieure du parement est occupée par un long défilé de domaines, hommes et femmes, sur deux registres, avec leurs noms ; il y avait environ 16 domaines nommés de chaque côté. Au-dessus, à droite, Nofirmat est porté en chaise; figure accompagnée d'une titulature complète en grands caractères qui n'ajoute à celles de la stèle qu'un titre sacerdotal
difficile à lire, celui de J^ □ § I 1- -^ gauche, symétriquement, Nofirmat debout, avec la canne et la massue, accompagné d'une femme qui n'est point Atiti, mais une
^ ^ Ç>^ Jj, assiste aux apports d'une nouvelle série de domaines; l'un de ces derniers porte le nom, souvent
remarqué, de (JI^J^^^J ^ ^ ®, curieusement analogue au Monal-klioufou des textes de Beni-Hassan sous le
1. Telle est exactement la forme des dalles B 1-2 du Louvre, qui parementaient le couloir d'accès du tombeau de Khoutaa (ci-avant, même §, A).
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Moyen Empire, et dont la présence démontre que le tombeau de Nofirmat n'est pas antérieur au règne de Snofrou.
Nous arrivons à l'ancienne façade, ultérieurement devenue paroi du fond du couloir transversal. Elle est décorée de chaque côté de deux grands panneaux juxtaposés, en tout quatre panneaux, les deux panneaux qui encadrent immédiatement le couloir légèrement en retrait. De gauche à droite :
— scènes de chasse au désert, cynocéphales, bètes fauves diverses; sont en scène, avec leurs noms, quelquesuns des fils du défunt mentionnés au montant gauche de la
stèle, notamment ceux appelés ( JU et | ^^ ^^ ; ce dernier porte le titre de | [ , pour lequel on se reportera à ce qui a été dit plus haut, même §, A, à propos de la titulature de Khoutaa ;
— en haut, debout, Nofirmat et Atiti brièvement désignés; au-dessous, six personnes de la famille du défunt,
dont la première est encore l [U, avec sa titulature complète 1 ffl I ^ ï x=:^^5'; un autï*6 s'appelle J\ ^ comme un des descendants de Shiri, aux inscriptions de son tombeau ;
— en haut, debout, Nofirmat seul, avec la canne et la massue; au-dessous, x\liti debout, suivie de six fils qui ne sont pas tous les mêmes que ceux de la série symétrique;
PI
la plupart portent le titre
— sur plusieurs registres, de haut en bas : âbatage et dépeçage des animaux, pèche au filets chasse des oiseaux au filet, labourage à la charrue.
Il reste à parler du long et large linteau qui couronne
1. Le véritable signe, fort difFérent de celui-là, est le signe de la chapelle merti que nous avons rencontré, dans le même titre, aux inscriptions du tombeau et de la statue de Khoutaa (ci-avant, même chap., § lY, A) ; V. plus haut, p. 265, et se reporter pour reproductions aux pi. VI, VII et au cliché de la p. 272,
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cette façade, et d'un fragment de stèle que Pétrie donne sur la même pi. XVI de Medum, analogue à la stèle du fond de la chambre mais qu'on ne sait où placer dans le tombeau. Le linteau, extrêmement détérioré, s'échancre sur une moitié de sa hauteur, au milieu, à la demande de la porte ; il était décoré de bout en bout de deux lignes d'écriture superposées, d'orientation divergente à partir du milieu, en beaux signes de grande dimension; cette inscription fournissait une titulature au total identique à celles de la stèle et de la paroi droite de la chambre. Quant au fragment de stèle, il permet de reconstituer un tableau carré prcsqu'identique à celui de la stèle encore en place, mais exécuté avec plus de soin : même figure du défunt assis devant la table, même début de légende à la partie supérieure; la petite liste d'offrandes au-dessus de la table
comprend l'objet | ] ff^^-^, déjà signalé dans la chambre et rencontré également chez Khabiousokari, puis Tablution, l'encens, les deux pièces de viande sout et seper, le vin, le grain hoaa et les figues deh\ la pancarte des étoffes, à droite, a des cases plus nombreuses et plus régulièrement disposées que sur l'autre stèle; trois sortes d'étoffes, ici, au lieu de quatre : dima, sounou et aa : on voit que soutnofir fait défaut, et que la pancarte, en général, est présentée d'une manière différente. Ces légères dissemblances, jointes à la différence de facture, portent à croire que la stèle provient en réalité, non du tombeau même de Nofirmat, mais d'un des nombreux tombeaux voisins de la même nécropole, dont les inscriptions ont été dispersées par la démolition et, à part deux fragments que nous verrons plus loin, sont perdues.
Nofirmat. Chambre du Nord.
Prcsqu'identique de forme et de dimensions avec la chambre du sud. Les n°* du croquis ci-dessous, comme ceux du précédent, renvoient aux planches de Pétrie, Medum; le masque extérieur de briques est toujours supposé enlevé. Rappelons qu'en xy, selon toute apparence, était le parement primitif de l'édifice.
DE ZOSIR A SNOFROU
Les éléments des pi. XXII, XXIII, XXIV et XXVI de Pétrie, linteau, façade, tambour à l'entrée du couloir central* et stèle du fond, sont réunis d'une manière très commode dans Mariette, Mon. divers, pi. 17, relevé d'ensemble infiniment précieux en raison du mauvais état dans lequel Pétrie a trouvé cette chambre, tandis que Mariette l'a encore vue intacte, sauf les détériorations déjà étendues de la stèle centrale et du bas de la façade. Chez Mariette,
cependant, certains détails sont douteux; il semble bien, comme l'indique Pétrie, que le grand linteau de la façade comprend, en hauteur, tout ce qui est au-dessus du plan inférieur du tambour du couloir, et que les ailes proprement dites de la façade ne commencent qu'au dessous; or,
1. Ce tambour à l'entrée du couloir n'existe pas dans la chambre du sud, où l'on trouve, par contre, un tambour couronnant la fente de la fausse porte, au fond de la stèle; dans la chambre du nord, la fausse porte de la stèle, sous le petit linteau droit, n'a pas reçu de tambour supérieur, et c'est fort logique, puisqu'architecturalement, ici, c'est le couloir central tout entier qui est considéré comme fausse porte.
294 Ile ET Ill« DYNASTIES ÉGYPTIENNES
le dessin de Mariette répartit autrement le domaine géométrique de ces diverses parties. En somme, les relevés de Mariette et de Pétrie doivent être lus ensemble, le premier pour compléter, le second pour corriger. Notons encore, pour mémoire, la description très sommaire de Mariette dans Mastaba, p. 475.
Comme dans l'autre chambre, les parois du premier couloir, stuquées sur la brique et peintes, portaient des scènes de la vie agricole, chasse, pêche, etc. C'est là que se trouvaient les jolis fragments reproduits par Pétrie, Medum^ XXVIII, 2, 3, 4, et aussi le fragment célèbre des oies de Meïdoum, détaché de la muraille après les fouilles de Mariette et transporté au musée du Caire.
Pour la description des parties en pierre nous commencerons, comme plus haut, par la stèle centrale. Les sculptures, malheureusement, sont aux trois quarts détruites. D'après Mariette, le tableau carré montre la défunte Atiti assise, face à gauche, devant le repas funéraire; aucune inscription conservée. A droite et à gauche de ce tableau, dans l'espace où Nofirmat complète sa titulature, ont été représentés ici, sur trois registres de chaque côté, six personnages à petite échelle. Au-dessous, petit linteau droit, sur toute la largeur du couloir; aucune inscription conservée. Au-dessous s'ouvre, au centre, la fente de la fausse porte^ sans tambour'; au fond, en registres surperposés, plusieurs personnages debout, dont le premier est Nofirmat avec son nom. hes montants latéraux^ sous le linteau droit, portent des représentations analogues aux légendes ; on y retrouve des fils et des filles des deux défunts déjà rencontrés dans l'autre chambre, et la première figure du montant de droite est celle d'Atiti elle-même.
Les parois latérales du couloir ne sont connues que par Pétrie. A gauche, tableaux presqu'entièrement détruits, où l'on voit encore Nofirmat debout, avec la canne et la massue, assistant au charpentage des barques. A droite, représentations mieux conservées ; Nofirmat et Atiti assistent à des