Reisner, ib., p. 23-26; v. notamment
4. Reisner, ib., p. 24 et, pour le cylindre, pi. 43 f, 44 f, La date du cylindre résulte de sou rapprochement avec les cyliudres à inscriptions analogues de BT l, 45, 46, 47, 49, II, 136. 149, 153, 161, 163.
ries et les dimensions verticales, et caractérisées seulement par un plan plus développé : 4 mètres de longueur totale sur 2 mètres de largeur environ, la surface intérieure distribuée en une chambre centrale carrée de 2 mètres de côté, avec, à chaque extrémité, deux petites chambres débouchant sur la chambre centrale mais condamnées en fin de travail de manière à former des puits isolés. Les murs ont 0™,50 d'épaisseur, la hauteur sous toit est un peu supérieure à 1 mètre et la charpente est chargée de 0™,50 de brique, ou davantage; le tout est en excavation*.
Ce compartimentage de la tombe en puits juxtaposés était pratiqué, dès le règne d'Ahou, dans des édifices de grandes dimensions dont quelques-uns sont conservés. Arrêtons-nous d'abord au très remarquable tombeau de Nezlet Batran, près de Gizeh, qui est du règne de Zet, et mérite, par l'heureuse conservation de ses différents organes et Tindépendance où ils sont encore les uns par rapport aux autres, d'être considéré comme le type du grand tombeau de Tépoque du premier groupe. Fouillé sommairement par Barsanti et Daressy en 1904% l'édifice fut complètement relevé, ensuite, par Pétrie'. La tombe proprement dite, en excavation, comprend une chambre principale de 7 mètres sur 5™, 50, prolongée de part et d'autre, dans le sens de la longueur, par deux chambres plus petites, en tout quatre chambres, qui portent la longueur totale de l'édifice à 27 mètres. Toutes les chambres sont complètement isolées. La chambre centrale descend à 3™, 50 au dessous du sol extérieur; dix pilastres, dont quatre pilastres d'angles, deux répartis sur chaque long côté et un au milieu de chaque petit côté, font saillie sur
1. Tombeaux 1533, 1532, 1506, 1608, 1621 de iXaga ed Dôr ; Reisiier, loc. cit., p. 28-35.
2. Daressy, Un édiiice archaïque à Nezlet Batran, dans Ann. du Service, VI (1905), p. 99-lOb.
3. FI. Pétrie, Gizeh and Rifeh {Egyptian Research Account. I3« année; l. II des publ. de la Br. School of Archstology in Egypt), 1907, p. 2-6,
pi. III A, VI, VI A.
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la paroi intérieure du mur et recevaient évidemment les abouts d'une poutre longitudinale centrale et des poutres transversales qui portaient la toiture. La hauteur libre sous la charpente, dans cette salle, était voisine de 2™, 50 comme dans les grandes tombes d'Abydos que nous verrons tout à rheure. Quant aux petites chambres, la profondeur de l'excavation n'était, pour elles, que la moitié de celle de la chambre centrale. Epaisseur des maçonneries, partout, voisine de 1 mètre.
En tout cela nous ne trouvons, comme on voit, que la petite tombe de Naga ed Dér à une échelle plus grande. Mais voici un organe nouveau, perdu dans les tombes très détériorées d'Abydos et qui, à Naga ed Dêr même, est détruit presque partout dans les monuments de la période d'Ahou à Zet : autour de l'édifice excavé de 27 mètres sur 7™, 50, une enceinte périphérique en briques, de 48 mètres sur 16, construite en superstructure, sans portes, destinée évidemment à enclore un bourrage de terre et de sable, comme dans les édifices postérieurs que nous verrons plus loin, et formant ainsi un mastaba massif sous le centre duquel était la cavité du tombeau. Le parement extérieur de cet édifice visible est aménagé en pilastres et en niches, avec rainures secondaires dans leurs faces et leurs flancs, suivant le système de décoration qu'on connaît bien depuis les publications du grand tombeau do Negadah dont nous allons parler, et présente avec le parement de Negadah les plus frappantes analogies. L'échelle d'exécution, cependant, est un peu plus grande : largeur totale du pilastre, 2'^,70 à Nezlet Batran, 2™. 20 à Negadah; largeur de la grande niche, 1™,80 à Nezlet Batran, 1™,65 à Negadah. A Nezlet Batran, dix niches sur les grands côtés du rectangle, quatre sur les petits.
Tout autour du mastaba ainsi constitué, de longues rangées assez irrégulières de petites chambres funéraires en excavation, disposées à une certaine distance, dessinent un rectangle de 71 mètres sur 42, de manière analogue au groupement des quartiers funéraires que nous rencontrerons plusieurs fois à Abydos au cours de la période
suivante. Il convient, cependant, de rapprocher immédiatement du tombeau de Nezlet Batran le grand tombeau de Negadah, dont la structure peut-être anormale s'explique, par la comparaison, de la manière la plus utile.
Le tombeau de Negadah est, comme on sait, de l'époque d'Ahou-Menes. Découvert, fouillé et longuement décrit par Morgan et ses collaborateurs', il fut revu peu après par Borchardt, qui en donna une description remarquable et un plan particulièrement clair et commode\ L'édifice, complètement construit au-dessus du sol, se compose d'un noyau central renfermant cinq chambres sur une seule ligne, et d'un mur périphérique lié au mur du noyau central par des murettes espacées qui divisent l'intervalle annulaire en un certain nombre de chambres supplémentaires. Toutes les chambres, celles de l'espace annulaire et celles du noyau, sont complètement isolées les unes des autres.
Pour construire l'édifice, on commença par élever un massif de maçonnerie rectangulaire de 40 mètres sur 13, extérieurement: l'épaisseur du mur était de 3°, 50, de sorte qu'il restait, au centre, un espace vide d'une largeur de 6 mètres, que l'on scinda immédiatement, au moyen de murs de refend de la même épaisseur de 3"", 50, en cinq chambres, dont une chambre centrale de 7 mètres de longueur et quatre chambres plus petites. De larges portes étaient ménagées dans les murs de refend, ainsi qu'une porte à l'extrémité nord du dispositif, dans le petit côté du rectangle. Ce lut le noyau central', c'eût été le tombeau entier, au besoin, si le temps ou les moyens eussent manqué pour l'étendre. Avant toute extension, en effet, l'édifice ainsi préparé reçut son dépôt et fut clos pour toujours ', on en a la preuve par le petit mur de liaison qui coupe l'espace annulaire au milieu du petit côté nord, vient s'amortir à la maçonnerie d'obturation de la porte du noyau
1. Morgan, Recherches sur les Origines, II, Ethnographie préhistorique et tombeau royal de Negadah.
2. Borchardt, Das Grah des Menés, dans Zeitschri/t, XXXVI (1898), p. 87-10.^ ; le plan d'ensemble, pi. XIY-XV.
central et fut construit après cette dernière maçonnerie. Il faut donc admettre qu'avant de songer au mur enveloppe, on avait donné au corps de bâtiment intérieur sa toiture définitive. La sépulture eut lieu, le mort, ses provisions et son mobilier déposés dans la chambre centrale et les quatre chambres adjacentes, puis les portes de communication furent murées, en commençant par les plus voisines de l'extrémité sud : ce travail terminé, la tombe était un énorme bloc de maçonnerie aveugle, avec un toit plat recouvert d'une épaisse couche de sable.
Autour du massif central, à une distance de 3 mètres du pied du mur, fut tracée ensuite la face intérieure d'un mur enveloppe épais en moyenne de Z^ ,50, relié au massif central par des murettes de 1 mètre d'épaisseur, cinq sur les grandes faces, trois sur les petites, divisant l'espace annulaire en quatorze chambres isolées : cette vaste addition était comprise dans le plan primitif, caries murettes de liaison vinrent s'encastrer, sur le noyau, dans les rainures ménagées dans la maçonnerie pour les recevoir. Lorsque le mur enveloppe fut terminé, Tédifice mesurait 52 mètres de longueur sur 26 de largeur; il couvrait autant d'espace que devait faire plus tard, à Abydos, la tombe de Den avec toutes ses dépendances. C'est ce mur enveloppe qui porte la décoration extérieure dont nous avons déjà dit un mot à propos de la tombe de Nezlet Batran et que nous retrouverons, par la suite de cette histoire, sous nombre de formes analogues.
Borchardt a fait une minutieuse étude géométrique du parement de Negadah; nous renverrons aux pi. XIV-XVI de son mémoire précité, en nous contentant de dire ici que la décoration consiste, comme à Nezlet Batran, en une alternance uniforme de pilastres et de niches, la largeur du pilastre étant de 2™, 20 et celle de la niche, de l'",65, la profondeur médiane de la niche, de 0",85; sur la face du pilastre se creusent, d'ailleurs, à intervalles égaux, trois niches minuscules tracées à redans, et les plans et la paroi du fond des niches entre-pilastres sont creusées, de même, d'un dispositif admirablement étudié de petites
LES ÉniFlCES 345
rainures latérales et d'une cavité centrale tracée à redans, plus profonde et plus large. Le type de ce tracé, fixé dès cette époque dans ses moindres détails, devait rester clas" sique d'un bout à Tautre de la période thinite, et nous le retrouvons absolument identique au temps de Zet, à Nezlet Batran (v. ci-dessus), puis au temps de Noutirkha, employé pour la décoration extérieure de la tombe Covington à Gizeh. Un peu plus tard, comme l'a signalé Borchardt [loc. cit., p. 92), c'est encore le même tracé qui reparaît avec une fidélité extraordinaire dans celui de la paroi du fond de la chambre de Khabiousokari à Saqqarah.
Borchardt est parti de là pour indiquer que le décor des fausses portes avec montants ornés de rainures verticales, dont nous avons défini les caractères au chapitre précédent, § V, A, sous la dénomination de décor en façade de maison, procédait directement des niches décorées du mur de Negadah. Cela est tout à fait vrai malérieliement. — il est bien évident que le décor à rainures verticales dont il s'agit exista en briques longtemps avant dêtre reproduit sur pierre, — mais il ne faudrait pas céder à la tentation de croire, pour cela, que les niches de la muraille de Negadahsont déjà des fausses portes. Nous allons assister, un peu plus loin, à la genèse de la fausse porte, et nous verrons qu'à iXegadah il n'y a dans l'architecture de la façade que décoration pure. Le caractère dominant de la tombe thinite, de Menés à l'Horus Qa, n'est-il pas de n'avoir aucune issue sur le monde extérieur ?
Notons, pour en finir avec la description de la tombe de Negadah, que les découpures du parement extérieur étaient noyées, à la base, dans un revêtement de faible hauteur terminé à un plan horizontal et formant, en avant, gradin rectiligne.
On voit par quelle fusion d'organes primitivement indépendants a pris naissance ce remarquable édifice. D'après tout ce que nous apprennent les nécropoles d'Abvdos, de Nezlet Batran et de Naga ed Dèr, le tombeau de la période d'Ahou à Zet est construitentièrementen excavation, mais surmonté ensuite d'un jnastaba de surface plus grande,
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formé d'une enceinte en briques décorée à l'extérieur et enveloppant un noyau de sable : cette superstructure, conservée à Nezlet Batran et qu'on retrouve à Naga ed Dêr vers l'époque de Den, est partout détruite à Abydos, de même que la partie supérieure des chambres funéraires, mais il n'est pas douteux que l'usage en fut général dès le règne d'Aliou. Et non seulement pour les tombes les plus importantes, car à Naga ed Dêr, à l'époque de Zer et de Zet, les petites tombes de 4 mètres sur 2 dont nous avons parlé plus haut possédaient elles aussi l'enceinte en superstructure décorée à l'extérieur ; presque partout détruite dans les monument de cette époque, l'enceinte subsiste partiellement autour de l'édifice 1506 de Reisner*. Quant au grand tombeau de Negadah, on voit comment on a imaginé, dans son cas, de lier l'édifice central à l'enceinte périphérique du mastaba supérieur, ce qui conduisit à monter l'édifice central à la hauteur même de l'enceinte, c'est à dire à construire le tout en superstructure; de plus, l'intervalle annulaire entre le noyau et l'enceinte était utilisé pour y loger des chambres supplémentaires, de sorte qu'il n'y avait plus nulle part de bourrage compact et que l'ensemble de cette superstructure ne conservait du mastaba massif du principe que l'apparence.
Les spécimens de grands tombeaux de cette époque sont encore trop rares pour qu'on puisse savoir si l'édifice de Negadah est réellement exceptionnel ou s'il relève d'une formule architecturale plus ou moins couramment appliquée. S'il y a une formule de Negadah, on voit qu'elle est très inférieure à la formule de Nezlet Batran, qui réalise une protection bien meilleure des chambres centrales, convertes par toute la masse du mastaba supérieur.
C'est en tout cas au type de Nezlet Batran, caractérisé par la disposition en excavation des chambres intérieures, qu'appartiennent tous les autres tombeaux connus de la période d'Ahou à Zet. Deux tombes importantes, pour cette époque, sont à décrire à Abydos, l'une du temps de Zer,