‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 122 sur 135 · Nos 1581, 1512, de Roisiier, loc. cit., pp · texte numérisé non relu

Nos 1581, 1512, de Roisiier, loc. cit., pp

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la tombe^ par une maçonnerie de briques de même épaisseur que la muraille courante, Tacile à distinguer cependant.

Toute la partie supérieure de l'édifice est détruite, les murs ne subsistent que sur une hauteur de 3 mètres ou 3™, 50, Un contrefort intérieur, au milieu du petit côté opposé à la porte, supportait sans doute l'extrémité d'une poutre d'axe longitudinale, support du solivage transversal, et l'on arrive à reconnaître que cette poutre était divisée en trois travées égales par deux poteaux intermédiaires. Le curieux fragment de plancher qui subsiste près de l'entrée ne permet pas de se rendre compte s'il s'étendait à toute la chambre ; on voit seulement qu'il s'arrêtait, à la manière d'un tapis rectangulaire central, à une certaine distance du pied des murs.

Le parement extérieur du gros mur a une très légère inclinaison. A ce parement sont soudées, sur les quatre faces, des rangées de cellules régulièrement construites, — deux rangées accolées, le long de trois faces, une seule le long de la quatrième, — dont les murs extérieurs et les cloisons séparatives ont rarement plus de 0'",50 d'épaisseur et n'ont plus que 1 mètre ou l'°,50 de hauteur; peut-être n'ont-ils jamais eu davantage. Lorsque ces cellules étaient couvertes, elles devaient former tout autour de la masse cubique de la grande chambre un gradin d'une hauteur de 2 mètres environ, et d'une largeur variant entre 3 et 4 mètres. Au point de vue de l'organisation de ce groupement de cellules funéraires autour de la grande tombe, on voit que tout a lieu comme si les vastes rangées de cellules qui encadrent à distance la tombe de Den avaient été rapprochées et soudées à la masse du rectangle central.

Voici enfin la dernière en date des tombes du deuxième groupe^ celle de Qa (Q, plan particulier et coupe (^TI, LX, LXVII, cf. description p. 14-16). L'espace de terrain que couvre l'ensemble de la chambre centrale et de ses dépendances est à peu près le même que dans le cas précédent, mais la répartition est toute différente; de plus, nous

retrouvons ici une tombe en excavation, pourvue d'un escalier de descente d'un développement longitudinal de 15 mètres. Cet escalier comprend deux parties, séparées par un palier avec un dispositif de herse, dans lequel une herse massive en calcaire est encore en place ; à l'extrémité inférieure, il débouche au milieu du petit côté de la chambre centrale, longue de 12 mètres et large de 6; la muraille, tout autour, est épaisse d'environ 2 mètres. A l'extérieur, sur les quatre faces, sont groupées comme chez Semerkha des rangées de cellules nombreuses, mais leur développement plus irrégulier et plus compliqué est également beaucoup plus vaste, puisqu'il porte les dimensions extérieures totales du monument à 30 mètres sur 23. La forme des cellules est très irrégulière; elles sont construites, dans certaines lignes, l'une après l'autre, de sorte qu'il n'y a pas de continuité dans le parement extérieur du mur; les cloisons séparatives elles-mêmes ont des épaisseurs très variables et l'on remarque, en certains points, d'énormes cubes de maçonnerie massive. En général, chaque cellule est construite à la manière d'un puits sans communication avec ses voisins; de chaque côté de l'escalier, cependant, au-dessous de la herse, quatre chambres plus grandes que les cellules ordinaires, deux à droite et deux à gauche, s'ouvrent sur le passage en gradins, et c'est une disposition dont il convient de remarquer la nouveauté.

Les murs et l'intérieur de la chambre centrale sont assez bien conservés pour qu'on puisse se rendre compte de la hauteur de la chambre et de l'agencement de la charpente. A 3 mètres au-dessus du fond, les longs murs terminés en plate-forme recevaient, en encastrement dans la brique, l'about de solives tranversales dont l'autre extrémité reposait forcément sur une poutre centrale longitudinale, étant donné que les encastrements d'about, sur les deux longs murs, ne sont point deux à deux en face l'un de l'autre. Au dessus du plan supérieur des solives, le mur périf)hérique s'exhaussait d'un moins épais, en retrait de 0"i,50 vers l'extérieur, parementé et légèrement incliné sur sa face intérieure; conservée sur une hauteur do

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1 mètre, cette murette supérieure formait tout autour de la toiture en charpente une cuvette dont nous avons vu le rôle à propos de l'organe similaire du tombeau de Zet : elle retenait la couche de sable qui couvrait la toiture.

Les boiseries qui garnissaient l'intérieur de la chambre ont laissé des traces plus nombreuses et plus remarquables que dans toute autre tombe de la nécropole. Une partie au moins de la chambre était planchéiée, à distance des murs comme chez Semerkha. Au pied de la muraille, d'autre part, courait tout autour de la chambre une forte semelle de bois creusée longitudinalement d^une rainure rectangulaire dans laquelle venait s'assembler, à intervalles réguliers, le pied d'un montant de section correspondante; et sur ces montants, selon toute apparence, des madriers horizontaux jointifs étaient cloués, masquant entièrement la maçonnerie de brique sous un revêtement de boiserie. A l'extrémité supérieure, les montants s'assemblaient évidemment avec les pièces de la toiture.

Telle est la grande tombe dite de l'Horus Qa, de construction négligente et hâtive, mais extrêmement intéressante dans ses détails et parce que son plan manifeste des tendances toutes nouvelles dans la manière de grouper et de desservir les chambres annexes. Ces tendances ontelles persisté après le règne de Qa?On l'ignore, parce qu'à ce moment, pour une raison que nous ne connaissons pas, les rois ou les grands seigneuis pour qui sont construites ces tombes désertent la nécropole d'Abydos el n'y reparaissent pas pendant les trois ou quatre règnes qui suivent. La période qui commence, celle de notre troisième groupe^ serait même complètement vide de monuments architecturaux si l'on ne possédait les petits tombeaux que vient de révéler, à Naga ed Dêr, la publication de Reisner, et dans lesquels se manifeste une invention nouvelle d'importance extraordinaire, celle de la voûte.

B. — Période des cluimbres voûtées en encorbellement. Les tombeaux dont il s'agit, et dont le type n'a pas été

rencontré jusqu'à présent dans une autre nécropole que celle de Naga ed Dêr, sont très analogues par le plan et les dimensions horizontales avec ceux de la période immédiatement antérieure dans la localité, dont 1581 et 1512, précités, sont des exemples. Toujours en excavation, le tombeau comprend' une chambre principale prolongée dans le sens de la longueur, de part et d'autre, par deux petites chambres accolées, et le tout a une longueur de 8 mètres ; l'escalier d'accès continue à aboutir, perpendiculairement à la longueur, au milieu de la grande chambre. On retrouve également l'enceinte de briques construite en superstructure autour de l'édifice excavé et qui était le parement d'un mastaba bourré en sable; quelquefois, de même qu'au tombeau 1581 décrit ci-avant, deux enceintes concentriques : le cas se rencontre au tombeau 1514, dont l'enceinte extérieure est décorée, comme celles que nous avons vues déjà, de rainures formant pilastres et niches, avec alternance dune petite rainure et d'une rainure plus large et plus profonde composée en niche*.

Mais là se bornent les analogies, et une différence considérable se manifeste dans la manière dont les chambres excavées sont couvertes. Plus de toit plat en charpente supportant un lit de sable ou de brique ; une longue expérience avait enseigné aux constructeurs le danger qu'il v avait à faire supporter à une travure aussi faible le poids du lit susjacent et celui du bourrage du mastaba supérieur, et les avait ainsi obligés à imaginer de substituer à cette couverture une voûte, construite en briques comme les murs des chambres. Cette voûte fut réalisée dans les conditions ordinaires des premières expériences de voûtes dans tous les pays, c'est-à-dire à assises horizontales en encorbellement progressif. Malgré la simplicité rudimentaire du principe, les voûtes de Naga ed Dêr témoignent d'une précision de tracé des plus remarc[uables, comme on voit d'après les coupes de Reisner qui accompagnent

1. Reisner, /oc. cit., p. 41 (1586), 47 (1515), 48 (1513), 45 et pi. 77 (1514), 54 (1605).

2, Reisuor, loc. cit., p. 45 et pi. 77.

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les notices des tombeaux 1586 (p. 41) et 1514 (p. 45) et où l'appareil d'encorbellement est détaillé ; la section médiane des chambres est celle d'une ogive d'ouverture moyenne, sous le sommet de laquelle, dans la chambre principale, la hauteur libre est d'environ 2 mètres. Le bois n'est pas encore complètement exclu de la construction; au débouché inférieur de l'escalier dans la chambre, le piédroit courant est interrompu, Tare de voûte manque d'appui sur la longueur correspondante, et l'architecte, mal familiarisé encore avec l'emploi du dispositif, ne trouve rien de mieux pour y suppléer que de couvrir la porte d'entrée avec une toiture en charpente, au-dessus de laquelle la construction en brique est continuée en hauteur : c'est ce que montrent en détail les coupes précitées du tombeau 1586.

Si imparfait que soit ce système au point de vue de la stabilité des voûtes, on conçoit qu'il réalisait un progrès énorme sur le toit plat en charpente écrasé par sa superstructure de briques et de terre. Maintenant, au-dessus de l'ogive en encorbellement, la maçonnerie montait d'un bloc, finissait au ras du sol naturel à un plan horizontal, et l'appareil était assez solide pour résister longtemps à la charge du mastaba supérieur. La durée d'un édifice de ce genre, cependant, est limitée; car lesr matériaux de l'appareil d'encorbellement, sous la charge, travaillent à la flexion, situation dangereuse pour toute pierre et tout particulièrement pour la brique en terre sèche; il arrivera un moment où la voûte s'effondrera à la clef et où les matériaux de la superstructure descendront dans les chambres inférieures. La sécurité que donnait le nouveau procédé était donc assez illusoire. Pour qu'on s'en rendît compte, il fallut de longues années encore de pratique et d'expérience, qui aboutirent, d'une part à l'approfondissement des chambres funéraires, non plus excavées à ciel ouvert puis voûtées, mais creusées en souterrains véritables, et d'autre part, à l'invention de la voûte à appareil rayonnant pour les cas où il restait nécessaire de couvrir un couloir, une descente inclinée ou tout autre espace d'abord excavé à ciel ouvert.

LKS ÉDIFICES 3r.9

Les architectes de Naga ed Dêr, cependant, se tinrent toujours dans le type de la voûte encorbellée en appareil horizontal. Aucun des tombeaux de cette catégorie n'a fourni de cylindres ni d'inscriptions, et c'est bien fâcheux au point de vue de la détermination précise de la date. Considérant, cependant, que ces tombeaux sont postérieurs au deuxième groupe^ — l'édifice de Qa, à Abydos, est encore couvert en charpente, — et antérieurs à l'époque de Noutirkha, dont les tombeaux à Reqaqnah et Bét-Khallaf, que nous verrons plus loin, sont d'un type beaucoup plus avancé, on voit que le type à encorbellement ne peut appartenir qu'à la période intermédiaire, troisième groupe et premiers rois àw quatrième (de Hotepsekhmoui à Khasekhmoui), de sorte que Reisner a raison lorsqu'il attribue cette série de tombeaux à la « II* dynastie ».

Comme nous l'avons dit, on ne connaît pas encore d'édifice certainement daté du temps du troisième groupe^ à l'exception de la tombe, complètement ruinée malheureusement, où Pétrie a récemment trouvé de nombreuses empreintes au nom de Noutirni*. De l'époque de Perabsen et de Khasekhmoui, par contre, on possède de remarquables édifices, datés par les inscriptions qu'ils renfermaient, et qu'il convient de ranger, d'après ce qui précède, à côté des tombes à voûte encorbellées de Nagfa ed Dêr, malgré la différence des dimensions et le manque d'analogies architecturales immédiatement reconnaiasables. Les tombeaux de ce temps, à Abydos, sont les voisins de ceux de la « V^ dynastie » passés en revue plus haut. Il semble que contrairement à ce qu'on observe en général à l'époque ancienne, ils sont entièrement construits en superstructure : les seuls tombeaux en superstructure rencontrés jusqu'à présent sont celui de Negadah, oii nous avons expliqué cette disposition anormale à son époque, et celui de Semerkha à Abydos. La distribution intérieure dans les nouveaux tombeaux, en outre, est

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