‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 124 sur 135 · Reisner, loc. cit., p · texte numérisé non relu

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lipipédique et de la pyramide, — enfin cet organe essentiel de l'architecture égyptienne, la voûte en briques. Aujourd'hui, grâce aux découvertes de Naga edDor, notre étonnement est moindre ; nous savons que la voûte en briques a été créée dès l'époque qui a suivi celle de l'Horus Qa, pour couvrir les chambres de sépulture pratiquées en excavation, et que dès lors, et même longtemps auparavant, la séparation était presque complète entre ces chambres sous charpente ou sous voûte, et le mastaba supérieur en terre ceinte d'un mur en maçonnerie. Que cette enceinte bourrée se transforme en un massif de maçonnerie compacte, que les chambres sous voûte, pour plus de protection et pour parer à l'instabilité de l'appareil en encorbellement, soient enfoncées franchement en souterrain, que l'escalier de descente aux chambres, enfin, soit retiré à l'intérieur de l'édifice et ménagé dans la masse de la maçonnerie supérieure, nous aurons alors le type de Bêt-Khallaf qu'on va voir maintenant. Nous possédons, d'ailleurs, un grand nombre des formes intermédiaires par lesquelles on a passé pour aboutir au type de Bêt-Khallaf; elles sont conservées dans la merveilleuse série de Reqaqnah, que nous étudierons ensuite parce qu'elle se place tout entière, chronologiquement, entre Noutirkha-Zosir etKheops, mais dont les spécimens retardataires permettent, en projetant chacune de leurs formes dans le passé, à l'époque où elle prit naissance, de reconstituer la liaison continue qui nous fait trop souvent défaut.

C. — Période des tombeaux a chambres souterraines et superstructure m.assive.

Ces monuments sont situés, pour la plupart, non loin d'Abydos, dans le périmètre restreint des nécropoles de Bêt Khallaf et de Reqaqnah, peu étendues chacune et (listantes l'une de l'autre de cinq kilomètres, sur la lisière du désert à l'ouest de Girgeh*. La nécropole de Bèt-Khal-

1, V. les cartes de Garstang dans Mahnsnn, I, II, et The Third Fgrptian Djnasty, II.

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lâf fut explorée, en 1900-1901, parGarstang', qui y trouva, dans les remarquables tombes dont nous allons parler, les empreintes de cylindres de Noutirkha et de Sanakht qui nous ont 0(!cupés au cours du chap. II ci-avant; dans la nécropole de Reqaqnah, explorée en 1901-1902, il trouva de nombreuses tombes de la même époque et des époques suivantes*, et ses publications nous ont fourni la plus grande partie de ce qu'on sait aujourd'hui sur les monuments inscrits et les édifices de la « HP dynastie ».

Le type le plus achevé des tombeaux de cette époque est le plus grand du groupe de Bêt Khallâf, Kl de la nomenclature (K =: Bêt-Khallâf), dit, aujourd'hui encore, tombeau de Noutirkha. Plans et coupes dans Mahasna, VII, et Third Dynasty, XIX, 9, XX, 10; vues phot. d'ensemble et de détail dans Mahasna, VI, Third Dynasty , I, XIV, 1. Qu'on se représente un massif compact de maçonnerie de briques de 84 mètres de longueur, 43 de largeur et 10 de hauteur. En un point de la périphérie, un escalier droit taillé en échancrure permet d'accéder à la plate-forme supérieure où l'on trouve le débouché d'un autre escalier qui s'enfonce, également à l'air libre, dans la masse de la maçonnerie. En deux volées, à angle droit l'une sur l'autre, cette descente atteint le niveau du roc naturel; elle se replie alors encore une fois à angle droit et se poursuit dans le roc, escalier en plan incliné droit de pente un peu supérieure à 2/3, sur une longueur de 34 mètres en projection horizontale et jusqu'à la profondeur de 19 mètres sous le sol naturel. Arrivé là, on se trouve à l'entrée d'un système de chambres excavées qui ne le cède en rien, pour la complication, à ceux de la superstructure des mastaba memphites les plus développés. Une grande chambre, où se trouvait sans doute la sépulture principale, a son plafond taillé en forme de voûte.

1. Mahasna and Bêt-Khallâf, \^02 (Wll des publications de r£"^y^fia« Research Account).

2, Garstang, Tombs of the Third Egyptian Dynasty at Reqâfjnah and Bêt-Khallûf, 1904.

Les particularités de construction les plus notables se rencontrent le long de la descente souterraine. Un point intéressant est d'abord celui où la descente à ciel ouvert, ménagée dans la masse de briques de la superstructure, s'enfonce en tunnel dans le roc : sur les quatre premiers mètres de la grande volée droite, la descente n'est pas encore sous roc, mais elle n'est plus à ciel ouvert : la superstructure, au-dessus du passage, est supportée par une voûte de briques. Nous reviendrons un peu plus loin aux voûtes de cette époque, qui ne couvrent à vrai dire que des passages étroits, tandis que celles de Naga ed Dêr couvraient des surfaces de proportions rectangulaires, mais n'en réalisent pas moins, sur l'appareil à encorbellement de Naga ed Dêr, le progrès immense de Y appareil rayonnant. Pour le moment, notons encore le système de fermeture qui était employé pour barrer l'accès des chambres souterraines. Le long de la grande volée droite, quatre puits rectangulaires avaient été creusés depuis le sol naturel jusqu'à la rencontre du tunnel en pente, et prolongés verticalement, au-dessus, par des cavités ménagées dans la maçonnerie; un cinquième puits analogue avait été ménagé dans la maçonnerie près du débouché supérieur h l'air libre, et dans chacune de ces cinq cavités on avait descendu, du haut de la plate-forme, de larges dalles verticales qui reposaient, au fond, sur le sol de la descente inclinée : en somme, cinq herses de pierre que devaient rencontrer successivement les violateurs éventuels. Les herses une fois descendiies, les puits étaient remplis de sable, ainsi que les volées supérieures de la descente.

Passons immédiatement aux autres tombes contemporaines, et d'abord, à la tombe 2 du même groupe K, dite tombe de Sanakht : plans et coupes dans Mahasna, XVIII, phot. dans Mahasna, XVII et Third Dyiiasty, XIV. Le principe de la disposition est exactement le même que dans Kl, sauf que dans la plateforme supérieure, au lieu d'une descente en escalier, s'en ouvrent deux, qui donnent accès à deux systèmes complètement indépendants de

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chambres souterraines. La superstructure massive en briques, moins bien conservée que celle de Kl, a 65 mètres de long sur 23 de large; sa hauteur primitive est difficile à reconnaître. Une large plate-forme basse en briques, tout autour, formait socle. Les deux descentes, qui s'enfoncent dans la direction du sud, sont rejetées vers l'extrémité nord du rectangle; elles sont disposées de telle sorte que les chambres ne sortent pas, en projection, du périmètre de l'édifice supérieur. Chacune des deux descentes avait été construite, primitivement, comme pour être entièrement à ciel ouvert, c'est-à-dire que dans la maçonnerie de briques, d'abord, et plus bas dans le roc naturel, la tranchée inclinée descendait sans couverture jusqu'à la profondeur de 12 mètres, à l'entrée même des chambres. Une fois cependant que ces excavations eurent été pratiquées dans le roc inférieur, on éprouva le besoin d'en réduire l'importance avant le remplissage de sable qui devait suivre la clôture définitive, et sans doute aussi pour permettre l'insertion d'une herse supplémentaire, on couvrit le passage, dans le voisinage de l'extrémité inférieure et sur une longueur de 4 mètres, dans une descente et dans l'autre, au moyen d'une voûte en briques au dessus de laquelle on monta un massif cubique de maçonnerie juqu'à hauteur de la plate-forme supérieure de la superstructure : on constitua ainsi, à l'entrée des chambres, un grand puits carré dans lequel devait être descendue une herse; le moment venu, des herses furent placées non seulement dans ces puits, mais encore dans chaque descente, à la bouche supérieure du segment de voûte construit dans l'excavation.

Les deux systèmes de chambres sont dessinés plus simplement que celui du tombeau Kl; ils comprennent un couloir central donnant accès à une ou deux chambres principales et plusieurs chambres annexes, le tout sur un même plan horizontal. On ne peut quitter ce tombeau sans remarquer que ces deux logis souterrains, desservis indépendamment l'un de l'autre, rappellent les puits indépendants et les deux chapelles indépendantes que

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nous verrons s'ouvrir, plus tard, dans la plaie-forme et dans la l'ace orientale des mastaba memphites de la première période.

Les autres tombeaux du groupe K, 3, 4 et 5, tous du règne de Noutirkha-Zosir, ont leurs plans et coupes groupés sur la pi. XXV de Mahasiia, et quelques vues photographiques pi. XXIV du même ouvrage. K3 et K5 ont, en superstructure, des dimensions horizontales peu inférieures à celles de K2 : 45 mètres sur 22 pour l'un des édifices, 60 sur 30 pour l'autre; la tombe K4 seule est beaucoup plus petite, 20 mètres sur 10. Sous chacune des trois tombes existe un système de chambres souterraines, excavé à 10 ou 12 mètres au dessous du sol naturel, orienté, dans l'ensemble, paraUèlement au grand axe de Fédifice et de plan relativement simple, analogue à ceux des deux dispositifs de la tombe K2. On y accède par une descente droite en escalier partant de la plate-forme supérieure, en un seul plan incliné (K3, K4) ou deux descentes successives séparées par un palier (K5), et aménagées, dans les détails, beaucoup plus simplement que les organes analogues de Kl et K2 : car la descente est ici à ciel ouvert jusqu'en bas, à l'entrée des chambres, sans tunnel incliné dans le roc ni voûte en briques. L'entrée des chambres, au bas de Tescalier, était fermée par une dalle de pierre.

Nous passons maintenant, sans quitter la même époque (Noutirkha et Sanakht), à la nécropole peu distante de Reqaqnah, dont le groupe le plus ancien, celui de l'extrémité méridionale, a livré à Garstang' deux tombes d'architecture identique à celle de Bêt-Khallàf. Ces deux édifices, RI et R40 (R zz Reqaqaali)^ sont donnés en plans et coupes dans Third Dytiasty, IV A, IV B, phot. de détails ib, V, VI, XIV. Gomme dimensions, ils se rapprochent de la plus petite tombe de Bêt Khallâf, K4; RI a 25 mètres de

1. Tombs ofthe Third Egyptian Dynasty etc., ouvrage que nous allous avoir à citer fréquemment et dans lequel Garstang a déjjrouiilé avec une précision remarquable l'évolution du tombeau thinite à partir du règue de JNoutirkhrt.

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longueur sur 12 de large, R40, 17 seulement sur 10,50. Une descente droite en escalier, dans l'axe de l'édifice, donne accès de la plate-forme supérieure à l'entrée des chambres, à 8 ou 9 mètres de profondeur sous le sol naturel; les plans de ces deux systèmes de chambres sont assez simples. Par la manière d'aménager la descente, ces deux tombeaux se rapprochent, non des tombes secondaires 3, 4, 5 de Bèt-Khallâf, mais des grandes tombes Kl, K2, et nous allons retrouver ici des voûtes. Il y a cependant, entre RI et R40, quelques différences notables dans le détail de la construction.

Dans RI, la descente fut creusée entièrement à ciel ouvert dans le roc jusqu'à l'entrée des chambres, comme dans K2, puis cette descente fut sectionnée en quatre tronçons inégaux par la construction de trois blocs de maçonnerie massive élevés jusqu'au niveau de la plateforme supérieure et reposant, en bas, sur des voûtes. Les trois tronçons inférieurs à ciel ouvert ont la forme de puits rectangulaires et devaient être éminemment propres à servir, chacun, à la descente d'une herse en pierre : la herse inférieure seule, à la porte des chambres, est encore en place. Le dispositif achevé a la plus grande analogie, comme on voit, avec celui de la descente de Kl, mais le système de construction employé fut, non celui de Kl ■ — descente en tunnel dans le roc, — mais celui de K2, avec interposition ultérieure des blocs de maçonnerie sur voûte le long du passage.

Système de construction tout à fait analogue dans R40, à part ce détail, que les parois latérales et la façade en excavation de la descente, dans le roc, furent revêtues jusqu'à une assez grande profondeur d'un épais mur de soutènement en briques. Le roc était sans doute mauvais, et pour armer les deux murs latéraux contre le renversement, on les contrebuta mutuellement en faisant servir à cet usage les épaisses murailles transversales du précédent dispositif: on constitua du haut en bas du passage, comme dans RI, trois arches successives, ce qui permettait la mise en place de quatre herses, dont une seule.

comme dans Ri aussi, celle de la dernière porte, semble avoir été descendue.

Cette tombe a d'ailleurs été trouvée par Garstang dans un état de dégradation extrême ; le roc peu solide s'était ell'ondré sur une large surface, détruisant les chambres excavées au-dessous; la descente seule, protégée par les gros murs latéraux et les murs transversaux, était restée intacte '.

Avant de passer à l'examen dun dernier et très remarquable tombeau de la même époque, découvert à Gizeh en 1903 et publié depuis peu de temps, il convient de revenir aux quatre tombeaux Kl, K2, RI et R40 pour voir sommairement comment sont constituées les voûtes en briques qu'on y rencontre.

Elles sont extrêmement différentes des voûtes encorbellées de Naga ed Dêr, et constituent les plus anciennes connues des voûtes construites en appareil rayonnant. Ghoisy, dans son remarquable ouvrage sur la construction égyptienne*, a montré comment on procédait en général, depuis une époque qui remonte au moins à la Vl* dynastie, pour construire une voûte en briques sans cintrage^ en constituant les arcs juxtaposés par des briques disposées par tranches de champ au lieu d'être maçonnés par assises rayonnantes. Nous renvoyons, pour toutes explications relatives à cette question, aux croquis de Ghoisy, mais en faisant expressément remarquer que le procédé dont il a retrouvé les détails n'est pas celui dont on constate l'emploi à Bét-Kliallàf et Reqaqnah. Nous avons là, en effet, des voûtes construites par assises rayonnantes, avec les mêmes briques dont on se servit pour le reste de la maçonnerie et appareilléer?, soiten plein cintre, soit avec un surbaissement plus ou moins sensible

1. Les tombes R2, l'i et 19, qui possèdent des escaliers de descente à ciel ouvert (pi. XV), fout partie sans doute du même groupa sud que 1 et 40. R 2 est un grand tombeau, pour lequel on regrette que Garstang ne nous renseigne pas aussi complètement qu'en ce qui concerne 1 et 40 qu'on vient de voir.

2. Ghoisy, L'art de liûtir chez les Egyptiens, 190 i, p. 42 suiv.

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et plus ou moins régulier'. 11 parait impossible de réaliser cet appareil sans employer de cintres, mais le cintre n'était pas forcément en charpente, et dans le fond des tranchées où ces voûtes étaient construites, il était facile de les établir sur un cintre découpé dans le roc naturel, avant de terminer l'excavation au dessous.

Dans un petit nombre de cas» on constate un essai d'emploi de voussoirs proprement dits, obtenus soit en moulant la brique en forme de coin, soit en adjoignant sur la grande face une épaisseur de glaise supplémentaire en biseau, soit en travaillant la brique sèche à la manière d'un moellon. Mais, le plus souvent, la brique voussoir est une brique ordinaire, placée de champ, sa longueur dans le sens de la longueur de la voûte. Dans Kl (phot. Maliasna VI, Third DynastyXW , cf. con^te MahasnaNW), la voûte unique à l'entrée de la grande descente est en plein cintre et construite, non à l'inclinaison de la descente, mais horizontalement : les quatre mètres de son développement longitudinal total sont divisés en trois sections égales, dans chaque section la voûte est horizontale et chaque section est à 0'",70, environ, en contrebas de la section immédiatement au-dessus. Dans K2 (coupe et croquis dans Mahasna, XVIII, phot. Third Dynasty XIV), oii il y a un mur transversal sur voûte intercalé dans chacune des deux descentes, la voûte nord, en arc de cercle légèrement surbaissé, comprend, sur une longueur totale de 3 mètres, trois sections horizontales avec décrochements successifs exactement comme dans Kl; quant à la voûte sud, le croquis de Garstang semble indiquer qu'on était arrivé à la construire inclinée ; mais la chose semble extrêmement douteuse. Si nous passons, en effet, aux deux tombes avec voûtes de Reqaqnah, nous voyons que dans RI, où trois murs sur voûtes, séparés par des puits ouverts, s'intercalent dans la descente {Third Dynasty, coupes IV A, phot. V, XIV), chacune des trois voûtes est

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