Dcscriptioa générale dans Garstang, Third Dynasty^ p
horizontale sur toute sa longueur*, d'ailleurs peu considérable, 0™,75 ou l'",40. La première voûte, du côté du haut, est à peu près exactement en plein cintre, la deuxième est fortement surbaissée. Dans R40, enfin, où s'intercalaient dans la descente trois murs sur voûtes épais de 0'",60 seulement {Third Dynasty, coupe IV B, phot. VI, XIV), les deux arches inférieures subistent seules; la première, en descendant, est en plein cintre, et la deuxième, comme dans Ri, très sensiblement surbaissée.
En somme, toutes ces voûtes sont du même type à assises rayonnantes réduit à son maximum de simplicité. On ne connaît ni voûtes renforcées, ni arceaux de renfort, et l'on ne sait pas construire de voûtes descendantes.
Passons maintenant à la tombe contemporaine de celles de Bêt-Khallâf qu'on possède dans la nécropole de Gizeh. L'édifice de Gizeh, déjà touché par Mariette, fut découvert et fouillé, en 1903, par L. Dow Covington', puis complètement relevé par Pétrie, qui vient d'en donner une bonne publication \ Il appartient entièrement au type de Bôt-Khallâf et de Reqaqnah, en ce qu'il comporte une superstructure massive en briques et au dessous, profondément enfoncé dans le roc naturel, un système de chambres où l'on accède par une descente en gradins issue de la plate-forme supérieure; le système de chambres est, d'ailleurs, sensiblement plus compliqué que le plus développé des systèmes analogues de Bêt-Khallàf, celui de Kl. D'autre part, ce tombeau de Gizeh se rattache directement.
1. Bien que le croquis en coupe de Garstang indique que ces voûtes sont inclinées. Leur horizontalité apparaît clairement sur les remarquables photographies précitées, notamment sur celle de la pi. V, qui montre d'enfilade, vues d'en haut, les trois arches et la herse de pierre en place au pied de la descente.
2. Mastaba Mount Excavations, dans Ann. du Service, VI (1905), p. 193-218.
3. FI. Pétrie, Gizeh and Rifeh {Egyptian Research Account, I3<> année; t. II des publ. de la Br. School of Archaeolgy in Egypt), 1907 ; pi. VII,
plan au -^.
312 il« ET I1I« DYNASTIES ÉGYPTIENNES
par l'organisation du parement de sa superstructure, aux grands édifices d'Ahou-Menes à Negadah et de Zet à Nezlet Batran, — non loin de Gizeh où nous sommes, — dont la décoration extérieure est reproduite, à Gizeh, avec la plus surprenante exactitude.
Le massif supérieur est long de 55 mètres sur une largeur de 28 : dimensions inférieures à celles de Kl, mais tout à fait comparables à celles de K2; la hauteur primitive de l'édifice est inconnue. Vers l'extrémité nord, dans l'axe de l'édifice, descend (plan et coupe, Govington, loc. cit., pp. 196 et 198) un escalier droit à ciel ouvert qui s'enfonce bientôt, toujours à ciel ouvert, dans le roc naturel et tombe, à 5 mètres au-dessous du sol extérieur, dans un large puits rectangulaire de 8 mètres de profondeur à partir de ce point : au fond, où Ton se trouve donc à 13 mètres sous le sol naturel, on trouve une herse en pierre, encore en place, qui barre l'entrée des chambres, toujours dans la direction de l'axe de l'édifice. La herse franchie, on est dans les chambres de C étage supérieur (plan détaillé, ib., p. 211), dont le plan comprend, essentiellement, une large galerie en T dont la branche transversale est-ouest et la branche centrale nord-sud (dans le prolongement de l'entrée) servent de base à divers couloirs en cul-de-sac ou de communication périphérique et permettent d'accéder à plusieurs chambres de forme généralement allongée. La chambre principale de l'étage, au contraire, est de forme carrée, avec de petites annexes carrées, et une singulière galerie en cul-de-sac, comme inachevée, l'enveloppe extérieurement; c'est dans le sol de cette chambre carrée que s'ouvre le puits intérieur.
11 est rectangulaire, profond de 10^,50. Au fond, où l'on est à 23tn^50 sous le sol naturel, on trouve une herse en pierre, en place, barrant une porte orientée comme celle de la herse supérieure; et au delà de cette porte s'ouvre immédiatement la chambre funéraire, de forme carrée. La herse inférieure est une belle dalle de calcaire, aux angles vifs et aux faces bien planées. Tout cet ensemble de chambres, violé depuis longtemps, ne renfermait ni sépul-
ture intacte, ni objets particulièrement remarquables, ni inscription d'aucune sorte.
Si l'on compare maintenant la configuration de ce dispositif avec celle des chambres du tombeau Kl, on reconnaîtra au premier coup d'œil une analogie remarquable dans la manière de tracer les chambres carrées, les chambres secondaires allongées à entrée rétrécie, de grouper les chambres secondaires autour des couloirs. On remarquera, par contre, que dans Kl le dispositif est plus développé et plus compliqué en pian, mais qu'il ne met pas en œuvre l'interposition de puits sur le chemin de la chambre terminale et, particulièrement, cette surprenante disposition de deux étages de chambres souterraines séparés par un puits et une herse. On ne possède, jusqu'à présent, aucun monument contemporain dans lequel se rencontrent des organes analogues; la pyramide de Noutirkha elle-même était aménagée dans des conditions plus simples. En ce qui concerne en tout cas le tombeau de Gizeh, toutes les dispositions essentielles que nous venons de voir, — superstructure massive, descente en escalier dans des chambres souterraines profondément enfoncées, — ne se rencontrent ni avant ni après l'époque de Noutirkha et Sanakht, de sorte qu'on ne peut attribuer l'édifice qu'à cette dernière époque.
Pour la décoration des parements extérieurs, point n'est besoin d'une description nouvelle. Qu'on se reporte aux relevés de détail relatifs à la tombe de Negadah et à celle de Nezlet Batran, et qu'on les compare avec ceux de Covington pour la tombe de Gizeh [loc. cit., notamment p. 201), on sera surpris de l'identité des dispositifs. ]\Ième alternance de pilastres et de grandes niches, même répartition de trois petites niches équidistantes sur la face antérieure du pilastre et de niches plus ou moins accentuées au fond et sur les (lancs de la grande niche, même dessin des petites niches semblablement placées. Singulières analogies, d'autre part, dans la distribution des façades : à Neefadah. 13 niches sur les longs côtés et 6 sur les petits, à Gizeh 14 niches et 7 niches. On remarque,
374 lie ET ll|e DYiNASTlES ÉGYPTIENNES
de plus, que les dimensions totales de l'édifice de Negadah sont 52 mètres sur 26, très peu inférieures à celles du tombeau de Gizeh, 55 et 28, de sorte qu'il doit y avoir à peu près identité entre les dimensions en plan des niches et pilastres ; en l'ait, le pilastre est large de 2™,0i à Gizeh, 2°", 20 à INegadah, et la grande niche, de 1™,75 à Gizeh pour 1™,65 à Negadah; l'ensemble d'un pilastre et d'une niche occupe 3™,76 à Gizeh et 3'",85 à Negadah.
Le tombeau de Gizeh, en somme, est plus complet que les édifices contemporains de Bêt-Khallâf parce qu'il possède le décor extérieur, et il semble qu'on doive le considérer comme une véritable synthèse de l'art du constructeur à cette époque. Nous allons chercher à nous rendre compte, maintenant, de la manière dont le mastaba du type connu du début de la période memphite a pu sortir du tombeau du type de Bêt-Khallâf. Au premier coup d'oeil, une évolution directe ne paraît pas impossible. Que faut-il, en somme, pour que le tombeau de Bêt-Khallâf devienne le mastaba ordinaire? Deux choses : que l'escalier d'accès aux chambres souterraines disparaisse, remplacé par des puits verticaux, et que la masse compacte et aveugle de la superstructure reçoive, dans son flanc oriental, les chapelles destinées au culte funéraire. Pour que ces chapelles arrivent à se constituer dans toutes leurs parties, il faudra à coup sûr d'assez longs tâtonnements, mais en ce qui concerne la disparition de l'escalier, il semble qu'elle doive au contraire s'effectuer très vite ; cet escalier constitue en somme une erreur, une invitation aux violateurs à pénétrer dans l'intérieur du tombeau, et ce sera un progrès facile de le supprimer en ne conservant, pour accéder aux chambres, que les puits qui dans le dispositif antérieur (type Kl) servaient à descendre les herses. En fait, les événements n'ont pas eu, ici, la simplicité d'une évolution directe. Le type de Bêt- Khâllaf est mort sans postérité, et les types dont on constate l'existence, immédiatement après la sienne, à Reqaqnah, sont en réalité de provenance plus lointaine et de naissance antérieure; loin de procéder de Bét-Khallâf,
LKS KDIKIC.KS 315
ils expliquent Bèt-Khallai" par certaines de leurs formes, en même temps qu'ils annoncent et préparent, d'un autre côté, les formes memphites proprement dites. On conçoit que l'étude de ces séries de Reqaqnah, où nous allons nous engager maintenant, soit d'une importance capitale.
D. — L(i nécropole de Re(iaqnah-nord.
A Reqaqnah, après l'époque des grandes tombes à escalier 1, 2 et 40 qui sont les principales du groupe sud, commence la période des très nombreux tombeaux du groupe nord, dont la construction se poursuit sans discontinuité depuis Noutirkha et Sanakht jusqu'en pleine Y*' dynastie et fait de cette nécropole un inestimable document de l'histoire de l'architecture funéraire des premiers temps memphites. Garstang a donné un plan d'ensemble de cette nécropole nord (pi. XXI) et de nombreuses photographies que nous citerons au fur et à mesure, classé les différents types de tombeaux et établi la succession chronologique des édifices, d'après les particularités archéologiques et topographiques, avec tant de netteté qu'on ne peut qu'accepter en totalité ses résultats. Nous nous bornerons donc à décrire Reqaqnah-nord d'après Garstang, en soumettant toutefois l'exposé à une ordonnance plus uniformément chronologique.
Au préalable, et pour alléger la description historique, il est bon de définir en général les types de tombeaux grands et petits que nous allons rencontrer. Il nous est facile d'établir entre eux une classification technique, maintenant que nous savons, par les édifices de Naga ed Dêr et de Nezlet Batran, ce qu'était la superstructure, — mastaba à enceinte de briques et bourrage, — des anciens tombeaux à chami^res excavées sous charpente ou sous voûte.
La classification basée sur l'existence et la constitution de la superstructure se présente, à Reqaqnah-nord, de la manière suivante :
376 ne ET 111« DYNASTIKS KGYI'ÏIKNNES
S sépulture dans une jarre en poterie sépulture sous voûte en briques
recouvrant une sépulture archaïque sans enveloppe recouvrant une sépulture dans petits ) une jarre
tombeaux \ recouvrant uno sépulture sous Mastaba à enceinte <^ J voûte
de briques avec J I enveloppant un puits carré des-
bourrage / [ Cendant à une chambre souter-
l raine
grands < enveloppant un escalier descen-
tombeaux / dant à une chambre souterraine
Mastaba massif en briques, livrant passage à des puits carrés descendant à des chambres souterraines.
Au seul examen du tableau on se rend compte du singulier mélange d'archaïsme et de formes nouvelles qui caractérise chaque forme isolée de cette nécropole. Les types sans superstructure, à vrai dire, sont purement archaïques et de provenance très lointaine; en ce qlii concerne les sépultures sous voûte, des chambres minuscules du même genre, couvertes en encorbellement, sont connues au début de la période thinite à El Amrah et à El Kab, et plus tard, de la VI° à la XP dynastie, à Ballas*, où le type, comme on voit, survécut plus longtemps qu'à Reqaqnah même. Quant à l'usage d'ensevelir un corps en l'introduisant, les genoux au menton, dans une jarre de terre retournée ensuite l'ouverture contre le sol, il résulte de ce qu'on connaît à Kawàmil, Ballas, El Amrah, El-Kab% que ce procédé apparaît en Egypte à la fin de l'époque prédynastique et se maintient sans discontinuité, à côté des autres modes d'ensevelissement, jusqu'au début de la IV* dynastie. A Reqaqnah, ces types archaïques ne se manifestent plus d'ailleurs qu'à l'état d'exception ; lorsqu'il s'agit d'une voûte, elle est construite dans une excavation et recouverte d'une couche de sable qui peut atteindre 2 mètres d'épaisseur; sa construction ne diffère pas de celle des voûtes recouvertes
1, Détails et renvois dans Garstang, Third D^nasty^ p. 40-41.
2. Détails et renvois dans Garstang, Third Byriasty, p. 51-57.
d'un mastaba rectangulaire dont on parlera dans un instant, et qui ne se distinguent de celles de Naga ed Dèr que par l'absence de l'escalier.
Les mastaba formés d'une enceinte de briques remplie de terre ou de sable nous sont bien connus par les types correspondants d'Abydos, Nezlet Batran et Naga ed Dêr, mais alors que dans ces localités, Naga ed Dér particulièrement, on observe l'évolution logique de la chambre inférieure, qui passe du type à toit plat en charpente au type à voûte encorbellée, à Reqaqnah, après l'époque de Noutirkha, le même mastaba à enceinte bourrée recouvre indifféremment des types les plus divers, depuis les plus archaïques jusqu'aux plus perfectionnés. Voici d'abord, sous le sable du bourrage, le corps du défunt déposé sans enveloppe, dans une petite cavité à fleur de terre. Voici ensuite des sépultures dans une jarre, semblables à celles qui ne possèdent pas de mastaba supérieur; ce dispositif de la jarre sous mastaba constitue sans doute la forme primitive du tombeau à voûte construite en excavation sous le même mastaba, car il n'y a pas de différence essentielle entre les plus rudimentaires de ces voûtes, sortes de toits bas sous lesquels le cadavre était allongé, et l'enveloppe du vase en terre cuite, et à Reqaqnah même, nous observerons des exemples de la forme de transition, une voûte grossière en briques, en forme de coupole imitant la forme de la jarre. Ainsi se manifestent à nous, grâce à leur conservation a une époque très postérieure, les types ancestraux de la chambre à voûte encorbellée que nous avons rencontrée toute constituée, après l'époque de Qa, à Naga ed Dêr; nous apprenons maintenant que les architectes de Naga ed Dér n'ont pas eu le mérite de l'invention de la nouvelle forme, qui s'élaborait depuis plusieurs siècles certainement dans des édifices de structure moins parfaite.
A Reqaqnah même, dans ce merveilleux musée rétrospectif créé à la fin de la 1II« dynastie, voici sous le mastaba en enceinte bourrée des chambres voûtées véritables, longues de 2 mètres sur un 1 mètre de larsfeur; certaines d'entre
378 Ile ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES
elles, en encorbellement, se rattachent au type «II* dynastie » de Naga ed Dêr, tandis que d'autres, appareillées en berceau, procèdent des voûtes à appareil rayonnant dont nous avons rencontré les premiers exemples dans quatre grands tombeaux de Bêt-Khallâf et Reqaqnah-sud, Mais voici des tombeaux d'un autre type, qui ont en commun avec ceux de Bêt-Khallâf non plus la voûte en berceau, mais la chambre funéraire descendue en souterrain proprement dit, et dans laquelle on accède, disposition nouvelle pour nous, par un puits vertical.
Dans les petites chambres sous voûte dont on vient de parler, à Reqaqnah, il n'y a point d'escalier de descente comme à Naga ed Dêr; l'organe n'est pas supprimé de propos délibéré par l'architecte, il est simplement inutile dans ces chambres très petites, dont le fond est préparé au centre de l'enceinte rectangulaire qui sera remplie de sable et qu'on voûte très rapidement, après dépôtdu cadavre, pour remblayer le mastaba, au dessus, jusqu'à la crête de l'enceinte. On verra, d'autre part, que quelque temps avant ces petites tombes voûtées, un escalier disposé comme à Bêt- Khallâf est encore organisé, à Reqaqnah-nord, dans un tombeau de grande dimension dont la superstructure est un mastaba à enceinte bourrée. Le constructeur n'a donc pas renoncé à l'escalier, et lorsqu'on rapproche l'un de l'autre ces deux types de Reqaqnah qui ont en commun la chambre excavée en souterrain, le mastaba supérieur bâti en enceinte avec bourrage de terre, et le fait qu'on accède à la chambre souterraine par l'intérieur de la superstructure, on se rend compte qu'ils sont foncièrement identiques, et que si le grand modèle possède l'escalier droit tandis que le petit remplace l'escalier par un puits vertical, cela tient seulement à ce qu'il était impossible de développer l'escalier, en plan, dans les limites d'un rectangle de trop petite étendue. Plus tard, lorsqu'on se sera rendu compte que le puits, facile à boucher, met les chambres dans des conditions de protection bien meilleures que l'escalier qu'il faut clore de herses, le puits se substituera à l'escalier dans un grand nombre de cas; mais il est inté-
ressant de constater que ce perfectionnement s'est introduit, pour la premi«~'re fois, sous l'influence d'une nécessité tout à fait étrangère à l'idée de sécurité plus ou moins grande de la sépulture.
Ces deux modèles de Reqaqnah-nord, le grand modèle à escalier et le petit modèle à puits, tirent un très grand intérêt de ce qu'ils conservent, par survivance, les formes qui ont précédé et expliquent celles des tombeaux de Bêt- Khallâf et de tous ceux des temps suivants. Pour nous représenter d'abord leur genèse, reprenons la tombe à chambre excavée à ciel ouvert, voûtée, puis couverte d'un mastaba formé d'une enceinte bourrée en terre, telle qu'on la rencontre à Naga ed Dêr après le règne de Qa et plus tard à Reqaqnah-nord; et sans rien changer à la superstructure, introduisons dans ce type, comme il eut lieu en réalité, le perfectionnement qui consiste à enfoncer en souterrain la chambre basse pour éviter la construction d'une voûte peu solide et peu stable : nous aurons le tombeau à chambre souterraine de Reqaqnah-nord. Comment accéder à la chambre ainsi descendue ? L'ancien escalier de Naga ed Dêr et d'Abydos est conservé toutes les fois qu'il est possible, et à la condition qu'il puisse déboucher, entre des murs de soutènement, au niveau de la plate-forme supérieure du mastaba de sable; et dans les cas où les dimensions en plan de l'édifice ne permettent pas d^organiser ainsi le débouché de l'escalier, on le remplace par un puits vertical maçonné, de même, jusqu'à hauteur de la crête de l'enceinte extérieure : que l'on eût un puits ou une descente inclinée, l'espace entre les maçonneries intérieures était bourré de terre dès la construction; après le dépôt en place du cadavre, il ne restait qu^à clore la tombe soit en fermant le puits et masquant la couverture par une couche de sable, soit en descendant une herse en pierre au bas de la portion à ciel ouvert de la descente et remplissant de terre toute cette portion supérieure.
Ainsi naissent simultanément et se différencient, à l'époque où la superstructure est encore un mastaba bourré en sable, la tombe à puits et la tombe a escalier intérieur.
380 Ile ET 111'= DYNASTIES KGYPTIENNKS
Les deux modèles, désormais, vont se développerindépendamment l'un de l'autre. La tombe à puits deviendra la formule du type le plus connu de la tombe memphite ordinaire, tandis que dès l'époque de Noutirkha, la tombe à escalier donnera le beau modèle de Bêt-Khallaf, de Reqaqnah-sud et de Gizeh, par simple transformation de la superstructure bourrée en superstructure en maçonnerie compacte. Un peu plus tard, on trouve les deux types d'édifices à Reqaqnah-nord, où la tombe à puits se présente dans les deux variétés de la superstructure avec bourrage en sable etde la superstructure compacte, mais où la tombe à escalier, en régression, à ce qu'il semble, sur celles de la période antérieure, ne donne qu'un seul édifice, à superstructure avec bourrage. On dirait que dès l'époque de ces édifices de Reqaqnah-nord, l'infériorité du type à escalier est déjà constatée, et que le moment s'approche où le puits débouchant dans la plate-forme supérieure du mastaba sera l'accès normal des chambres souterraines, quelles que soient les dimensions en plan du tombeau.
Il résulte de là qu^il ne faut pas chercher comment le tombeau de Meïdo uni et le tombeau memphite en général sont sortis du tombeau de Bét-Khallaf; le tombeau memphite procède des premiers tombeaux à puits, nés en même temps que les premières tombes à escalier mais orientés, dès l'origine dans une direction difterente; au temps de Noutirkha, on voit le type à escalier arriver à un degré de perfection remarquable, mais le principe de l'édifice sera rejeté, dans la grande majorité des cas, par les constructeurs de tombeaux des siècles suivants. Est-ce à dire que l'effort d'invention des architectes du type de Bêt-Khallâf devaitêtre stérile, et que ce beau modèle d'édifice devait disparaître après leur époque? Nullement, car si le grand tombeau à escalier intérieur n'a rien de commun avec le mastaba memphite, il doit survivre, par contre, sous la forme glorieuse de la pyramide, qui se manifeste dès l'époque de Noutirkha-Zosir, avec sa descente inclinée et son système de chambres souterraines.
C'est ce que nous verrons plus loin en détail. Revenons
LES KDIKICES 381
d'abord à l'histoire de Reqaqnah, où réclectisme des constructeurs était remarquable et où l'on va retrouver, dans les limites d'un petit nombre d'années, toutes les variétés que nous venons de passer en revue. Nous allons d'ailleurs rencontrer dans cette localité un lien sfénéral, un fil conducteur de l'évolution de l'architecture dans la multiplicité des types de la construction proprement dite : l'apparition et le développement sur la face orientale, d'une manière entièrement indépendante du mode de construction interne, d'un organe extérieur et tout à fait nouveau, la chapelle.
Le plus ancien édifice de Reqaqnah-nord est le grand tombeau 75. Orienté nord-sud comme tous ses voisins, il couvre 23™, 50 sur 15, C'est un tombeau à escalier et chambre souterraine, le dernier de ceux de cette catésforie que nous aurons rencontrés; sa superstructure comprenait un remplissage de sable dans lequel Tescalier débouchait comme il vient d'être expliqué en général. La chambre souterraine est petite et de forme irrégulière, vaguement circulaire, comme les autres chambres que nous rencontrerons dans les tombes voisines. Tout cola est de développement beaucoup moins avancé qu'à Bêt- Khallâf et Reqaqnah-sud, et l'on n'hésiterait pas à considérer la tombe comme remontant réellement à une époque antérieure si la configuration extérieure ne manifestait, au contraire, les plus remarquables progrès sur la forme de Bêt-Khallâf. C'est fini, en effet, du parement uniforme et aveugle, uni comme à Bèt-Khallàf ou décoré comme à Gizeh : le tombeau prend une façade, du côté oriental, et cette façade fait Le simulacre de s'ouvrir. Dans R75, cette importante innovation est un peu masquée par les complications du plan général, notamment par l'apparition du couloir, auquel il faut d'ailleurs accorder une attention égale, car il va en résulter un type d'édifice durable. L'extérieur du tombeau se présente, en somme, de là manière suivante (phot. pi. XVI). La façade orientale est protégée, d'un bout à l'autre, par un avantmur de i"\50 d'épaisseur, à une distance le l'",5U, lar-
382 Ile ET III» DYN4STIES ÉGYPTIENNES
geur du couloir de façade\ ce couloir est fermé à l'extrémité sud, ouvert à l'extrémité opposée; il communique avec l'extérieur, en outre, par une porte située non loin de l'extrémité sud et précédée elle-même d'une petite cour. On ne sait, en raison de la destruction de la partie supérieure de Tédifice, si le couloir était couvert, mais cela paraît probable. Ses parois étaient crépies en blanc, et sur l'enduit étaient peintes des inscriptions en colonnes verticales qui n'existent plus, malheureusement, qu'à l'état de trace, par suite de la destruction de l'enduit. Voici maintenant qui n'est pas complètement expliqué à l'heure actuelle : le couloir, tout près de son extrémité sud, donne accès, par une porte resserrée, dans une ou plusieurs chambres ménagées dans l'épaisseur du gros mur de la face orientale et dont la construction devait empiéter, au fond, sur l'espace occupé par le noyau de sable. On se rappelle que d'après Garstang, il devait y avoir en général, à cette époque, une chambre, sorte de magasin, ménagée dans la superstructure; nous avons particulièrement remarqué les restes de murs qui accusent un organe de ce genre sur le plan de R40. Ici, il semble qu'on puisse affirmer que cette chambre n'est pas, en tout cas, la chapelle des temps suivants, car cette chapelle apparaît d'autre part, pour la première fois, sous la forme de la niche creusée dans la paroi intérieure du passage, c'est-à-dire face à l'est, vis à vis de la porte d'entrée.
Cette niche est tracée très simplement, à redans à trois indentations égales sur chacun des tiancs; sa largeur totale est 1™,40 environ, sa profondeur 1 mètre. De toute évidence, elle n'a rien de commun avec les niches d'ailleurs beaucoup plus développées qui se creusent régulièrement sur tout le pourtour des grandes tombes de Negadah, de Nezlet Batran et de Gizeh; ce qui caractérise celle-ci, c'est justement qu'elle est unique, n'a guère de valeur ornementale et s'offre tout d'abord au visiteur qui pénètre dans le tombeau par la petite cour et la porte de la face orientale : la conviction s'impose que l'anfractuosité ainsi placée appelle la prière, le sacrifice, l'acte par lequel le
vivant se met en communication avec l'habitant de la demeure funéraire, et que nous avons là, par suite, le plus ancien exemple connu de la porte mystique ouverte, au flanc oriental du tombeau, sur l'Occident muré, et qui joue un si grand rôle dans les tombeaux de la période suivante. Nous allons voir évoluer, à Reqaqnah même, cette première application de l'idée de la fausse porte.
On l'oublie, d'abord, dans le groupe descellules88 A-R G et 89 qui s'accole au parement de R75 (phot. pi. XXIV). Ce sont de simples chambres rectangulaires d'un type très ancien, de petites dimensions, mi excavées, mi-bâties en briques; parements unis, pas d'ornements; le cadavre était couché au fond de la cellule. L'un des tombeaux de ce groupe modeste a livré la stèle de l'officier Sameri, que nous avons étudiée au début du précédent chapitre.
Vient ensuite, dans l'ordre chronologique, le groupe des lombes 80-85, au nord-ouest de la nécropole. 81, 83, 84 et 85 sont des cellules carrées analogues aux précédentes, mais isolées. 80 et 82, d'un type plus développé, sont des tombeaux à voûte sous un mastaba rectanofulaire avec bourrage; nous avons décrit en général, un peu plus haut, ce type d'édifice, dont la phot. de 80 (pi. XXIII) donne une bonne idée. D'après leurs dimensions, ce sont des tombeaux de moyenne importance; ils sont accolés l'un à Tautre et le plus ancien est 80, le plus petit, qui possède une petite niche, large de 0°,50 à peine, ménagée dans la face orientale.
A partir de maintenant, cette niche ne sera plus guère omise. Le premier tombeau bien mis en place chronologiquement qui se présente à nous est 54 (phot. pi. XXII), qui appartient au système à puits et dont la superstructure est en voie de devenir massive : la moitié sud du petit édifice (7 mètres de longneur) comprend le puits et ménage son débouché dans un massif de maçonnerie compact jusqu'en haut, tandis que la moitié nord a seulement son mur d'enceinte en briques et son remplissage en sable. Ce disposif de transition entre la superstructure bourrée en sable et la superstructure massive en maçon-
384 11« KT llle DYNASTIES ÉGYPTIENNES
nerie est digne de remarque. Au fond du puits (l'^jôO de côté), pas de chambre évasée.
Dans la face orientale, enfin, sont ménagées deux niches, près des extrémités, toujours tracées très simplement à redans; intéressantes photographies (précitées) de la plus grande, celle de l'extrémité sud. Plusieurs tombeaux presque contemporains vont passer devant nos yeux avec ce même dispositif de deux niches dans la face orientale; c'est la forme la plus ancienne, on le devine, des deux chapelles semblablement placées que possède, un peu plus tard, le tombeau de Meïdoum, et des deux niches simples qui réapparaissent, en place des chapelles développées, au flanc de certains mastabas de la IV*^ dynastie, à Gizeh et à Dahchour.
Peu de temps certainement après 54 furent construites sur le même alignement, d'abord 56 B, puis, accolée à celle-ci, 56 A, deux tombes tout à fait analogues à 80, à voûte sous mastaba bourré, avec une petite niche dans la face orientale près de l'angle sud. C'est à la même époque, sans doute, qu'il faut attribuer 66 et 67 qui forment la ligne parallèle et immédiatement voisine à l'ouest : tombes à voûte sous mastaba bourré. La voûte de 66 présente cette particularité tout à fait exceptionnelle qu'elle est en réalité une sorte de cuve à pavois verticales, couverte à plat par des briques de grande dimension (phot. pi. XXIIl). La face orientale est dotée dans l'une et l'autre tombe, aux extrémités, de deux niches minuscules, simples rainures de la largeur d'une brique.
L'intervalle entre 54 et 56 A est fermé, ensuite, par la construction des petites tombes jumelles 55 A et 55 B, mastaba bourrés sous chacun desquels on retrouve l'archaïque procédé de sépulture dans une jarre renversée (phot. pi. XXVI). Deux petites niches-rainures dans le flanc de chacun d'eux. Dans le cas de 55 B se manifeste encore la prédominance de la niche méridionale.
Pour en finir avec les différents cas où l'on rencontre des jarres funéraires dans cette nécropole, notons le tom-
beau d'époque indéterminée 250, petit mastaba carré renfermant une jarre (phot. pi. XXVII), et les deux sépultures 70 A et 87, qui sont les seules à Reqaqnah où Ton ait trouvé la jarre enfouie sans la protection de nulle maçonnerie. L'époque de ces deux tombeaux, les plus archaïques de type de tous ceux de la nécropole, est inconnue ; 70 A a été trouvé (phot. pi. XXVI) sous les fondations du grand tombeau 70, qui est d'époque memphite ; quanta 87 (phot. pi. XXVII), cette sépulture était isolée, un peu au nord des rangées de tombes secondaires où nous sommes en ce moment.
Revenons aux éléments de l'ordre chronologique certain. La tombe 53 fut la première d'une nouvelle rangée commencée à Test de la précédente : mastaba bourré protégeant la bouche d'un puits carré. Le puits donne accès à une chambre souterraine grossièrement excavée, semblable à celle du grand tombeau 75. Une seule niche à redans dans la face orientale, près de l'extrémité sud.
A 53 s'accole au nord, dans la direction de la ligne nouvelle, 58, et à 58 s'accole 57 : mastaba bourrés couvrant chacun une voûte. Les architectes, comme on voit, passaient indifféremment d'un procédé de construction à un procédé tout à fait dissemblable. 58 et 57 ont chacun une niche, à redans dans 57, simple rainure dans 58, ménagée dans la face orientale.
Avec 52, à l'est de 53-58-57, commence une nouvelle ligne. Il est difficile de dire ce que le bourrage de 52 a jamais recouvert, mais 59, qui s'accole à 52 dans le prolongement de la ligne nouvelle vers le nord, possède un dispositif curieusement intermédiaire entre la voûte en briques et la jarre primitive : une sorte de voûte sphéroïdale, imitation en briques de la forme de la jarre (phot. pi. XXVIl). Notons la môme particularité dans la tombe 251, d'époque moins bien déterminée, qu'on rencontre dans une autre région de la nécropole (phot. pi. XXVII).
Les quatre petites rangées parallèles que nous venons d'examiner forment, comme on voit, un ensemble de date à peu de chose près identique, dans lequel cependant la
succession des édifices est très nette depuis la construction de 54 jusqu'à celle de 59. Toute la place étant prise de ce côté, les constructeurs se transportèrent ensuite ailleurs. On peut noter ici, à ce qu'il semble, les deux tombes d'époque douteuse 71 et 72, à l'ouest de la nécropole (phot. pi. XV); 72 est un bon spécimen de voûte sous mastaba bourré; quant à 71, c'est un mastaba du même type avec sépulture archaïque du type le plus rudimentaire, sans voûte ni jarre, avec le squelette étendu au fond; on y remarque cette particularité étrange, qu'on ne sait à quel dispositif rattacher par ailleurs, d'une niche tracée à redans et bien ouverte, comme d'habitude, face à l'est, mais du côté intérieur de l'enceinte de la superstructure, à l'extrémité sud de la paroi occidentale.
Peu de temps après 59, le dernier tombeau du groupe des quatre rangées, se place 68, à l'angle sud-est du grand tombeau 75 : ce fut d'abord une simple voûte enterrée, dont la superstructure ne fut constituée qu'assez tard, après la construction du grand mastaba voisin 70 (phot. pi. XXll).
Nous arrivons à l'importante série des tombes 61 à 64 dont les constructeurs firent une rangée, légèrement oblique par rapport à l'orientation générale de la nécropole, entre le grand tombeau 75 et le groupe des quatre petites rangées à l'est. 64 fut construit en premier lieu : c'est le tombeau de Soutenshepses dont nous avons, au début du précédent chapitre, étudié la petite chapelle. De dimensions modestes, 7 mètres sur 4, il réunit en lui tous les perfectionnements de la construction à cette époque, puits creusé dans le sol naturel et ménagé, à la partie supérieure, dans une superstructure massive enfin réalisée d'une manière complète, ce que nous n'avions pas vu depuis Bêt-Khallâf. A l'extrémité méridionale de la façade est s'ouvre, non plus une niche simple, mais un retrait de plan rectangulaire approfondi en niche à redans au milieu de la paroi du fond et en communication avec l'extérieur par un passage resserré, une porte qui fait de cet espace une véritable chambre; fort petite, d'ailleurs,
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large de r",30 et profonde, au total, de la même quantité. On se rappelle que la niche du fond était entièrement creusée dans une stèle massive de bois. L'ensemble et les détails de ce retrait font l'objet des phot. des pi. XXV, XXVIIl et XXIX.
Ce tombeau est daté, on s'en souvient également, par la trouvaille dans le puits d'une coupe au nom du roi Snofrou, ce qui montre qu'à Reqaqnah l'ensemble des tombes qui précèdent remplit la période qui va de Noutirkha-Zosir à Snofrou, empiétant probablement sur l'un et l'autre de ces deux règnes. En ce qui concerne, d'autre part, l'histoire de la chapelle extérieure, il n'est nullement certain que la petite chambre de Soutenshepses soit réellement la première en date des chapelles avec stèle inscrite ; il se pourrait fort bien, au contraire, qu'à Saqqarah les chambres de Khabiousokari, par exemple, infiniment plus développées que celle qui nous occupe, soient antérieures au règne de Snofrou. Mais cela importe peu. Que l'archaïsme de la chambre de R 64, vers le début du règne de Snofrou, représente effectivement l'état général des progrès architecturaux à cette époque, ou que ce tombeau restitue seulement une forme un peu plus ancienne conservée, nous n'en assistons pas moins à la naissance même de la chapelle, puisqu'à cette minute, à Reqaqnah sinon partout ailleurs en Egypte, elle sort ainsi de la forme primitive de la niche développée. La même évolution, ailleurs, s'est peut-être produite plus tôt, mais il est tout à fait certain que ça été, en somme, la môme évolution ; et de même que, précédemment, les termes importants de l'évolution entre le type « II® dynasde Naga ed Dor et le type si différent de Bêt-Khallâf nous ont été fournis parles spécimens postérieurs de Reqaqnah, de même, ici, on peut suppléer au manque absolu des termes antérieurs de la série qui aboutit aux belles chambres en briques, à stèle de bois ou de pierre, de la première époque de Saqqarah.
A Reqaqnah même, la chambre ainsi créée va bien reparaître une fois, mais plus la stèle. Le tombeau 63, bâti tout
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contre 64, est comme lui à puits ménagé dans une superstructure massive (phot. du fonds du puits, pi. XXIV), mais au lieu d'une chambre dans la façade orientale, il n'y a plus qu'une niche minuscule, analogue aux plus modestes de la nécropole. Contre 63 se construit ensuite, dans le prolongement delà ligne vers le sud, 62, tombeau d'importance égale à celle de 64, puits, superstructure massive et chambre ouverte sur la façade orientale ; cette chambre est de plan aussi net que celle de 64 et plus grande, 1",80 de largeur et même profondeur jusqu'au centre de la niche, mais cette niche du fond, d'ailleurs développée avec une certaine ampleur, n'est plus pratiquée dans une stèle inscrite ; c'est (phot. pi. XVI) une simple niche à redans ménagée dans la maçonnerie courante, dont les analogues sont surtout la niche du grand tombeau 75 et la niche sud de 54. Après quoi, la chambre même disparaît, et l'on ne trouve plus dans cette déconcertante nécropole de Reqaqnah, quelle que soit la date, que des niches à la manière ancienne : le goût indécis des constructeurs, un instant orientés dans le sens de la chapelle à stèle inscrite, se tourne décidément vers les formes archaïques, et sitôt construit le tombeau 62 avec sa chapelle, on lui accole dans le prolongement de la ligne le tombeau 61, où puits et superstructure massive sont oubliés et qui revient, d'un bond, à la forme de l'enceinte rectangulaire simple avec bourrage.
Ce serait une erreur, cependant, de croire qu'à partir de ce moment Reqaqnah échappe à l'évolution générale de la construction à l'époque memphite. Nous sommes trop habitués, au temps de la IV® dynastie, à ne fixer notre attention que sur des tombeaux d'une seule espèce, ceux dont la superstructure massive abrite une ou deux chambres intérieures, bâties en pierre et s'ouvrant sur la façade orientale : ce sont les tombeaux à chapelle. Mais à côté de ce type le plus fréquent subsistent, fort tard dans la période memphite, des tombeaux dont la superstructure toute différente exclut l'emploi de la pierre, ne possède pas de chambre dans la plupart des cas et se caractérise
par un long couloir ménagé du côté oriental, en avant de la façade où s'ouvrent de simples niches de l'ancien modèle. Ce type de tombe a couloir est exactement, comme on voit, celui de la grande tombe R75, la plus ancienne de toutes celles de Reqaqnah-nord ; on le rencontrera, par la suite, à Saqqarah et à Meïdoum, mais seulement incidemment, tandis que les constructeurs de Reqaqnah, désormais, lui resteront exclusivement fidèles : c'est pourquoi ils ignoreront toujours la chambre en pierre. La tombe à couloir et la tombe à chapelle essaieront d'ailleurs à plusieurs reprises de fusionner leurs formes, et cela donnera naissance, à l'époque de Khephren, à une forme très stable et très cari ctéristique. Avant d'arriver là, nous allons analyser les deux formes composantes, et d'abord, la plus connue plus tard, celle de la tombe à chapelle; nous reviendrons, ensuite, à la nécropole de Reqaqnah et aux tombes à couloir.
E. — Période de Meïdoum^ ou des tombes à chambres cruciales en pierre ménagées dans la superstructure massive en briques.
Comment la chapelle, au flanc du mastaba massif en briques, est née du développement de la niche primitive, nous serions encore réduits à le deviner sans les précieux spécimens de chambre au premier degré de son évolution que fournissent, pour ainsi dire par hasard, les tombeaux R62 et 64 qu'on vient d'étudier. R64, de plus, a sa niche du fond pratiquée dans une grande stèle de bois en forme de fausse porte, avec tambour cylindrique et linteau ; comme nous l'avons observé plus haut, c'étaient déjà des fausses portes bien caractérisées que les simples niches de la période antérieure, dans la façade orientale de l'édifice, et cela se verrait nettement, sans aucun doute, à la configuration de leur partie supérieure si celle-ci n'avait été emportée, dans la totalité des cas, par la destruction de l'étage correspondant de la maçonnerie. <-, Après le type rudimentaire de RG4, l'histoire des origines
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de la chambre plonge dans la nuit, et ne s'éclaire de nouveau qu'avec les admirables chapelles de Khabiousokari à Saqqarah dont nous avons, plus haut (chap. IV, § U, F), étudié les inscriptions. Répétons-le encore, il est extrêmement probable que Khabiousokari est antérieur au Soutenshepses de R64; l'évolution avait marché plus vite à Saqqarah que dans la Haute-Egypte, mais ce tombeau de Saqqarah n'en appartient pas moins à un stage postérieur dans la marche générale de cette évolution.
On a bien souvent décrit cette chambre de Khabiousokari, où la pierre est employée, pour la première fois, à parementer la niche centrale de la paroi du fond. A des chambres de ce genre appartenaient, sans doute, les stèles en pierre étudiées au § II du précédent chapitre, celles d'Abnib (A), de Tetiankhni (B), de Nofir (E), ainsi que les panneaux en bois de Hesi (C) et de Merab (D), qui se rattachent au même système de décor en boiserie de la niche centrale que celui qui est employé à Reqaqnah chez Soutenshepses ; sur la configuration de ces cinq tombeaux détruits, nous ne savons absolument rien. Celui de Khabiousokari nous dédommage partiellement. La superstructure en briques est un vaste rectangle de 33 mètres de long sur 19 de large (Mariette, Mastaba, p. 71), dont la face orientale, nous l'avons expliquée propos des inscriptions, abritait très probablement deux chapelles indépendantes; mais Mariette ne parle nulle part de celle de l'extrémité nord, dont nous possédons seulement la niche en pierre. Quant à la chambre sud, bien relevée par Mariette {loc. cit., cf. l'habile reconstitution de Borchardt dans Zeitschri.ft, XXXVI, 1898, p. 92, oii l'adaptation des parties en pierre et en brique est mise en évidence), elle est constituée, en plan, par un couloir ménagé dans la masse de la maçonnerie et orienté parallèlement à la façade, de 3"", 85 de longueur sur 1 mètre (?) de largeur, en communication avec l'extérieur par un étroit corridor large de 0™,80 et long de 1™,75, débouchant au centre. La pierre n'est employée que dans la partie centrale de la paroi du fond, vis à vis de l'entrée; cette paroi de 3", 85 de longueur totale présente
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cette particularité remarquable que son dessin en plan reproduit, dans ses moindres détails, la décoration des niches et pilastres alternés qui font tout le tour des grands édifices funéraires de Negadah, de Nezlet Batran et de ijizeh étudiés plus haut : c'est exactement comme si Ton avait emprunté, à l'échelle des 2/3 environ, l'ensemble formé par deux pilastres et une grande niche intermédiaire, dans ces derniers tombeaux, pour le transporter au fond de la chambre de Saqqarah. Mêmes découpures de détail de la face des pilastres, des flancs et du fond de la grande niche, à cela près que le retrait central, destiné à Saqqarah à recevoir des inscriptions sur la face du fond et les deux facettes latérales, est notablement approfondi de manière à amplifier la largeur de ces deux dernières surfaces. La principale difterence, cependant, consiste en ce que le fond de la grande niche, à Saqqarah, est construit en pierre : le fond seul, retrait central et montants latéraux, à l'exclusion des flancs qui sont en briques comme les grandes faces antérieures de la paroi. Cette sorte de stèle avec évidement central, encastrée au fond de la grande niche de briques, n'est pas taillée dans un bloc massif de pierre; c'est en réalité un placage^ composé à la partie inférieure de cinq pièces montantes soigneusement assemblées entre elles par imbrication ; plus haut, au niveau du tambour circulaire qui couvre l'évidement central et du linteau droit qui court au dessus du tout, des blocs de pierre horizontaux assurent l'assemblage des montants inférieurs.
Plus haut encore, la grande niche tout entière avait un plafond en dalles de pierre jointives, et la chambre ellemême, s'il faut en juger par ce qui est pratiqué un peu plus tard à Meïdouni et ailleurs, était couverte d'un bout à l'autre de la même manière; le plafond supportait la partie haute de la superstructure en briques du mastaba.
Nous ne savons rien des chambres funéraires que pouvait recouvrir le tombeau ni de leurs puits d'accès; le puits carré qu'indique le relevé de Mariette tout près de l'extrémité gauche de la chambre est jiliitôt un dépôt d'of-
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frandes ou un se/rlah, qu'iiu puits de descente aux chambres du sous-sol.
Tel est le seul édifice connu dont la chapelle appartient au type en briques avec fausse porte construite en pierre. Gomme cette chambre, dès ce moment, était vraisemblablement couverte en pierre, on dut vite avoir f idée d'étendre le parementage en pierre à la paroi du fond, à droite et à gauche de la grande niche, puis à la chambre tout entière; d'intéressantes expériences, dans cette voie, nous ont été conservées à Meidoum, un peu avant le moment où la chambre en pierre complètement constituée apparaît à Meïdoum même, à Abousir et à Saqqarah. La description des tombeaux de celte catégorie sera considérablement facilitée et allégée par tout ce que nous avons été obligés d'en dire déjà au précédent chap. IV, § IV, à propos des inscriptions. A Meïdoum, les principaux tombeaux sont ceux de Nofirmat et de Rahotep, et l'on se rappelle, en ce qui concerne les dates, que la comparaison des inscriptions et certaines mentions particulières nous ont permis d'établir (chap. IV, § IV, B) que Nofirmat, postérieur de peu à Khabiousokari, appartient encore au règne de Snofrou, tandis que Rahotep est sans doute des premières années de Kheops, et que Rahotep a pour contemporains Khouhotep à Saqqarah {ib., D), Amten et sans doute aussi Khoutaa [ib.. G, A) à Abousir.
G'est seulement au temps de Khouhotep, d'Amten et de Rahotep que la chapelle en pierre arrive à son plein développement. Leurs tombeaux, comme nous savons, sont à superstructure massive en briques avec puits ménagés dans la masse et descendant aux chambres souterraines. Khouhotep et Amten possédaient, à n'en pas douter, des puits et des chambres de ce genre, bien qu'il semble qu'on ne les ait jamais cherchés ; l'attention s'est toujours trop exclusivement fixée sur leurs chapelles, et même les dimensions extérieures du mastaba, chez eux, n'ont jamais été prises. Le tombeau de Rahotep, par contre, nous est entièrement connu. En superstructure, il couvre un espace de 52" sur 28, et dans la façade orientale s'ouvrent, à l'extré-
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mité sud, une chapelle principale, et à l'extrémité nord, une chapelle secondaire qui n'est guère qu'une niche : cette prédominance de la chapelle médionale a été observée plusieurs fois par nous à Reqaqnah dans les nombreux tombeaux tout en briques que renferme cette nécropole. Gomme nous l'avons vu plus haut, la décoration et les inscriptions de ces chapelles, à Meidoum, montrent ([ue celle du sud était spécialement consacrée au propriétaire du tombeau, et celle du nord à sa femme; parfois identique à la première, comme il a lieu à Meidoum chez Nofîrmat, la chapelle de la femme était fréquemment traitée comme moins importante, et à Reqaquah même, nous avons vu que dans nombre de cas elle est complètement supprimée. Un peu plus tard, à Gizeh, nous verrons prévaloir un dispositif qui fusionne les deux chambres; en attendant, il semble que chez Khouhotep et chez Amten, on se soit contenté d'une chapelle unique.
Les deux chapelles indépendantes, chez Rahotep, indiquent que le tombeau renferme deux sépultures, et en effet, deux puits s'ouvrent dans la plate forme supérieure; il n'y a point de communication entre eux à la base. On remarque que dans aucun des tombeaux à deux chapelles de Reqaqnah on n'a rencontré deux puits : les sépultures du mari et de la femme étaient réunies, là, dans la même chambre souterraine. Mais une disposition funéraire tout à fait analogue aux puits indépendants de Rahotep est réalisée par les deux systèmes de chambres souterraines, desservis par deux escaliers indépendants, que recouvre le tombeau K2 de Brt-Khallâf (Sanakht), et il est permis de croire que sous ce grand édifice aux faces aveugles reposaient un homme et une femme. A ^teïdoum, d'ailleurs, nous rencontrerons de nombreux exemples de sépultures multiples, accusées par plusieurs puits dans la masse d'un même tombeau.
De même que la chapelle sud, chez Rahotep, est plus développée que la chapelle de Nofrit à l'extrémité nord, de môme le puits de Rahotep est de construction plus développée que celle du puits du nord; il donne accès.
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d'abord, à une chambre ménagée à la base du massif de briques, au niveau du sol naturel, puis plus bas, à une seconde chambre complètement excavée qui devait être la chambre funéraire.
En ce qui concerne maintenant les chapelles supérieures, celles d'Amten, de Khouhotep et la chambre sud de Raholep sont de construction tellement semblable qu'elles peuvent être décrites en même temps. Ce type de chambre a, en plan, la forme d'une croix, mais cela ne suffit pas à le caractériser, car la hauteur sous plafond est loin d'être uniforme en tous les points du plan. En réalité, il ne faut passe représenter la croix comme constituant la chambre; la chambre proprement dite comprend uniquement la branche transversale, beaucoup plus élevée sous plafond que le couloir d'accès et surtout que le chevet de la croix, qui n'est en réalité qu'une niche profonde et basse. Si nous prenons par exemple la chambre d'Amten, nous verrons que la branche transversale a une longueur totale de 2">,60, une largeur de 011,80, et une hauteur sous plafond de 3"", 60; le couloir d'accès qui débouche au milieu, long de 2™, 15 et large de 0°',80, a seulement 2'",90 de hauteur, et la petite niche centrale ou fausse porte qui se creuse au milieu de la grande niche, sous un tambour circulaire, à seulement 0",45 de largeur et 1™,50 de hauteur. Il n'y a pas, comme on voit, de disposition cruciale à proprement parler; il y a seulement une chSmbre allongée, parallèle à la façade de l'édifice, dans laquelle un couloir bas donne accès au milieu et dont la grande paroi du fond encadre un dispositif de fausse porte.
Rien de tout cela ne serait très différent de ce qu'on a vu chez Khabiousokari, si chambre et couloir d'accès n'étaient entièrement bâtis en pierres détaille; le plafond est également en dalles de pierre, de sorte que l'ensemble se présente comme une sorte de boîte en pierre enchâssée dans la masse de la superstructure de briques. A l'issue extérieure du couloir, dans deux cas au moins, chez Amten et chez Rahotep, il s'ouvre au centre d'une petite façade en pierre, et cette façade est construite légèrement en
retrait par rapport au parement général de l'édifice; chez Khoiihotep, la petite façade en retrait existe en plan, sans que le relevé de Mariette permette de se rendre compte si elle est effectivement parementée en pierre.
La chapelle nord de Rahotep, ou chapelle de Nofrit, ne comprend pas de chambre pro[)rement dite; on s'est borné, là, à la façade en pierre, construite en retrait sur le parement général, et au milieu de laquelle s ouvre, comme s'ouvre le couloir dans le type complet, une niche profonde dont le fond est constitué par une fausse porte.
Chez Khouhotep, la façade en retrait au milieu de laquelle s'ouvre le couloir forme le fond d'une petite cour, dessinée en avant de l'édifice et circonscrite par des murs de briques ; on y accède non par le milieu mais du côté nord (à droite). Ce dispositif se rattache à un système général de protection des entrées des chambres qui était particulièrement pratiqué à Meidoum et reçut, dans cette localité, le développement extraordinaire dont nous allons voir, chez Rahotep, un premier exemple. Nous nous occuperons ensuite des dispositions analogues chez Nofirmat, quand nous aurons décrit ses chapelles un peu antérieures à celles de Rahotep et de plan encore incomplet ou anormal.
Après que le tombeau de Rahotep fut terminé, ainsi que la décoration en relief des deux chapelles, on imagina d'as, surer la sécurité des deux chambres en les murant, au moyen d'une épaisse ceinture de maçonnerie de brique faisant tout le tour de l'édifice, masquant complètement les deux façades et dissimulant jusqu'à leur emplacement. L'idée qui présida à cette disposition nous échappe, car le propre de ces chapelles de la superstructure est évidemment d'être accessibles aux vivants, et telles étaient celles d'Amten et de Khouhotep. Peut-être doit-on observer, cependant, dans le cas de Rahotep, que la chapelle principale reçut les statues du mort et de sa femme, et qu'il importait par suite de transformer cette chapelle en serdab clos et inviohible. Quoi qu'il en soit, la précaution fut efficace, et chapelles et statues se livrèrent intactes
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aux fouilleurs de Mariette; on sait que le couloir d'accès du sud, d'un bout à l'autre, était bloqué en maçonnerie de pierre. Par devant on avait évité de remplir Tévidement du parement général, en avant de la façade en pierre décorée, et l'enveloppe de briques courait droit; son épaisseur fut d'abord de 2", 40, après quoi on surajouta, tout autour de l'édifice, pour ne laisser aucun joint visible, une seconde chemise de même épaisseur, et pour enfouir à jamais dans l'oubli l'existence des chapelles cachées dans le noyau on ménagea dans la masse de la chemise extérieure une autre chapelle disposée pour les besoins du culte funéraire : une niche profonde terminée au fond en fausse porte. En avant encore, de petits murs en briques circonscrivirent une cour carrée, comme chez Khouhotep à Saqqarah, et dans cette cour s'élevèrent, en avant du mur de fond, à droite et à gauche de la niche, deux stèles inscrites; le mur en arrière des stèles, de part et d'autre de la niche, présente cette particularité qu'il est décoré de rainures verticales d'un tracé très simple, pilastres et nichettes alternées, avec des saillies beaucoup plus modérées que celles du décor dont on connaît les exemples de Negadah, de Nezlet Batran et de Gizeh, et dont s'est inspiré le constructeur de la chambre de Khabiousokari.
Des chemises protectrices du même genre existaient, comme on va le dire, chez Nofirmat. Le tombeau de Nofirmat est une vaste superstructure massive de 115 mètres de longueur sur 56 de largeur, dimensions de beaucoup supérieures, comme on voit, à celles de tous les tombeaux déjà rencontrés par nous. Dans la disposition primitive, c'est à dire avant la construction des chemises additionnelles, l'édifice était constitué par un parement en briques enveloppant un noyau en limon du Nil recouvert d'une épaisse couche de sable et gravier : on reconnaît, dans ce mode de remplissage, le système de superstructure bien connu à l'époque ancienne et qui, à Reqaqnah notamment, précède le système du massif compact qui devait être définitivement adopté. Existe-t-il, dans le noyau, des puits donnant
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accès à des chambres souterraines? Il est inutile, après les investigations de Pétrie, de chercher à en apercevoir l'orifice; mais d'après certaines des petites tombes de Reqaqnah, où un puits s'ouvrait dans le sol à l'intérieur d'une enceinte rectangulaire, était couvert après avoir reçu son dépôt et disparaissait ensuite sous le remplissage de gravier de l'intérieur de l'enceinte, on peut se demander s'il n'en n'est pas de même chez Nofirmat et si des voûtes, fermant la bouche des puits, ne se cachent pas à quelques mètres sous la glaise de la plate-forme. Pour les découvrir, le seul moyen serait de pratiquer une tranchée intérieure, jusqu'au sol naturel, dans toute la longueur du mastaba.
Aux deux extrémités de la façade orientale s'ouvraient la chapelle de Nofirmat, au sud, et au nord, celle de son épouse Atiti. Nous les avons examinées déjà au précédent chapitre, et nous avons vu que ces deux chambres, de dimensions presque identiques, ont en plan la forme d'une croix plus largement dessinée que celle du type de Rahotep et de ses contemporains : une façade en retrait est d'abord ménagée dans le mur de briques extérieur: au milieu s'ouvre un couloir large de 1"',10, qui débouche au bout de 4™, 70 dans une galerie transversale plus haute, longue au total de 6"", 40 et large de O^.Qô; au milieu de la grande paroi du fond de cette galerie s'ouvre enfin, non pas la simple niche d'une fausse porte, mais un second couloir, dans le prolongement du premier, légèrement plus large, long de 2'°,50 ou 3'", 50, suivant que nous sommes dans l'une ou l'autre chapelle, et terminé par une fausse porte. Cette disposition, comme on voit, serait sensiblement plus développée que celle de Rahotep, si l'on n'avait à ajouter que la construction en pierre, dans cette chambre, n'est employée que pour le deuxième couloir et la façade du fond de la galerie transversale : les extrémités latérales et la face avant de cette galerie, ainsi que le premier couloir et la façade extérieure, sont en briques comme tout le reste de l'édifice. Nous avons indiqué, plus haut, quil était possible que ces chambres eussent été
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construites en deux fois; tout d'abord la façade en pierre qui devint celle de la branche transversale de la croix était la façade extérieure, légèrement en retrait sur le parement général en briques, et la chapelle ne comprenait qu'un couloir perpendiculaire profond, également en pierre, — aujourd'hui le deuxième couloir, — menant à une fausse porte : le tout était semblable, avec un peu plus de développement, à la petite chapelle de Nofrit chez Rahotep. Ensuite seulement, lorsqu'on prolongea en avant la masse de brique de l'édifice, on ménagea la largeur d'une galerie en avant de la façade de pierre sculptée, et, en guise d'accès, un couloir dans le prolongement du couloir de pierre; enfin, dans la façade nouvelle, on dessina le rentrant habituel, pour encadrer et signaler l'entrée. Ce qui semble prouver que les choses se sont passées de la sorte, c'est que la façade en pierre de la branche transversale est inclinée, comme le serait une façade extérieure, et qu'il n'est pas probable qu'on eût bâti un mur incliné de ce genre pour parementer une galerie intérieure.
Les parties en briques de la galerie transversale et du premier couloir étaient crépies et portaient, comme on sait, des tableaux et des inscriptions peintes, de sorte qu'à ce moment, la chapelle comprenait bien efTectivement tout l'espace des galeries en croix; mais il est impossible de ne pas remarquer que, même en tenant compte des couloirs ménagés dans sa masse, la tranche additionnelle en briques rappelle singulièrement la première des deux chemises enveloppes qui murent, un peu plus tard, les chambres du tombeau de Rahotep. Et comme pour compléter l'analogie, voici qu'à cette première enveloppe^ qui respectait l'entrée des chambres, le constructeur en a superposé une seconde, qui correspond exactement à la chemise extérieure de Rahotep, dissimule les façades ménagées dans l'enveloppe intérieure, remplit même de sa masse les retraits formés par ces façades et substitue, aux chambres intérieures destinées à l'oubli, de petites chapelles de culte constituées par une simple niche ménagée dans le parement extérieur. En avant de cette niche, toujours comme chez Raho-
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tep, une petite cour enceinte en brique, dont le mur de fond, à droite et à gauche de la niche, est décoré des mêmes rainures verticales de dessin très simple.
Tels sont les deux grands tombeaux à chapelle de Meidoum, et ceux de Saqqarah et d'Abousir contemporains du dernier d'entre eux. Donnons maintenant un coup d'œil aux tombeaux secondaires de la même époque, à Meidoum, où les formes d'architecture sont presque aussi variées et aussi mêlées de survivances anciennes qu'à Reqaqnah.
Le seul document qu'on possède pour ces tombeaux consiste dans les relevés de Pétrie, dont l'ouvrage est fréquemment cité au précédent chapitre à propos des tombeaux 6 (Rahotep) et 16 (Nofirmat). Les autres tombeaux appartiennent, abstraction faite des distinctions relatives aux dimensions générales, à trois catégories architecturales distinctes : les tombes à chapelle, dont font partie 6 et 16 elles-mêmes, les tombes à couloir et les tombes à descente inclinée.
Parmi les tombes à chapelle, il faut ranger tout d'abord le spécimen quelque peu anormal du grand mastaba 17, voisin de la pyramide [Medum, pi. I, VI, VIII), vaste masse parementée en briques et bourrée, à l'intérieur, non de terre ou de sable, mais d'éclats de calcaire provenant de la construction de la pyramide ; la face orientale possède une sorte de niche dont le fond assez large est constitué par une dalle en pierre sans inscription. Vient ensuite le tombeau 9, dit de Ranofir (pi. V, Vil), dont nous avons parlé au précédent chapitre : superstructure massive en briques, deux niches en pierre dans la paroi orientale masquées par une chemise de briques périphérique analogue à celles de Nofirmat et de Rahotep ; deux puits funéraires dans l'axe, dont le principal renfermait la célèbre momie du Ranofir hypothétique. Le tombeau 8 (pi, V) est plus petit, superstructure massive en briques, trois puits, dans Taxe, deux niches dans la paroi orientale, mais non en pierre, simplement stuquées en blanc sur la brique et sans autre décor.
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Les autres tombes du type à chapelle sont de dimensions beaucoup moindres, mais non pas moins intéressantes. On y remarque le tombeau 4, sépulture de Heknen : deux niches en pierre dans la face orientale d'une superstructure massive en briques, la niche septentrionale a fourni le remarquable tableau carré décrit au précédent chapitre (§ IV, B, 4). Appartiennent à la même catégorie les tombeaux 10, 11, 12, presqu'entièrement détruits, et le tombeau 7 dont la niche méridionale a fourni un linteau également décrit plus haut {ib.^ 5); ce dernier tombeau, de construction très soignée, présente cette particularité que la façade des niches est protégée par un mur en briques construit en avant et délimitant un couloir longitudinal ; ce couloir s'élargit, au centre, en une petite cour carrée.
Au type de Meïdoum, — chapelle en pierre de même plan que chez Rahotep et Amlen enchâssée dans la maçonnerie de briques, — et peut-être à l'époque de Meïdoum appartiennent quelques tombeaux de Saqqarah très incomplètement connus, notamment ceux de Api [Mastaba^ p. 95-96) et de Bebi {ib., p. 104-106).
En ce qui concerne le tombeau 7 de Meïdoum, contemporain de Rahotep par ses inscriptions, on voit qu'il appartient par certains détails architecturaux à la famille des tombes à couloir. Nous décrirons à la fin du présent paragraphe (G) ce type spécial de tombeau qui naît, selon toute apparence, un peu avant le règne de Snofrou, persiste jusqu'en pleine V dynastie et interfère de manière curieuse, par instants, avec le type normal du mastaba à chapelle ; nous parlerons, en même temps, des cas plus rares de survivance à travers la période memphite de la tombe à escalier. Auparavant, nous allons dire un mot encore du développement du type normal r^ chapelle dans la première moitié de la IV* dynastie.
F. — Période des premiers mastaba tout en pierre. La grande innovation que manifestent les tombeaux du
t LtS ÉDIFICES 4QJ
règne de Kheops à Gizeh consiste en ce que la superstructure du mastaba est tout entière en pierre. Lâgedela brique, dans le domaine de l'architecture funéraire est P momentanément fini, et si l'usage de la brique persiste néanmoins encore assez longtemps, c'est surtout dans le ype bien caractérisé du tombeau à couloir dont nous parlerons tout à l'heure». Quant aux formes générales du tombeau du puits, de la chambre souterraine, elles restent à peu de chose près les mêmes. Seule, la chapelle de la face orientale se transforme; les caractères de son évolution ont ete précisés, en tous détails, au début du § V du précèdent chapitre, où il suffirait en toute rigueur que nous renvoyions le lecteur. Rappelons brièvement, cependant, que dans le type normal les deux chapelles du mastaba de ^Ueidoum sont fondues en une seule, de plan rectangulaire allonge parallèlement à la façade, et prenant jour à l'extérieur par un couloir débouchant à l'extrémité nord de la chambre ; au dehors, une petite façade en retrait est mé-
iiagee dans le parement de l'édifice, commeàMeidoum, etle couloir d'entrée découpe sa baie au milieu ; à l'intérieur de la chambre, la grande paroi du fond, du côté de l'ouest, est creusée aux extrémités de deux niches ou fausses portes avec tous leurs organes, identiques chacune à la niche du lond de la chambre du type de Meïdoum. chez Rahotep ou chez Aiiiten. Ces deux fausses portes, dans une chambre unique, tiennent lieu des deux chapelles séparées de la
1. 11 est certain cependant qu'à Saqqarah, comme à Dahchour (v un peu plus loin), l'usage de la superstructure en briques se maintieut au moins pendant le règne de Kheops, en ce qui concerne les tombeaux sans couloir longitudinal. Les tombeaux à chambre en pierre du type régulier enchâssée dans la maçonnerie de briques, d'Api et de Bebi (Mastaba p. 90-96 et 104-106), et celui de Khoui (.V... p. 106-107), à chambre cruciale eu briques simplement crépissée, sont trop mal connus pour qu'on puisse déterminer exactement leur époque, mais un tombeau au moins de Saqqarah, bâti en briques, celui de Pehkaourit [Mastaba p 108) appartient au règne de Kheops par les formules religieuses de sa stèle' D autre part, le tombeau en briques de Noiirhotep {ib. p 103-104) aux détails architecturaux singuliers, est de la IVe ou de la' Ve dynastie' par le groupe inscrit de Nofirhotep et Tenli au musée du Caire.
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période antérieure ; cela est d'autant plus évident que la paroi du fond de cette chambre, avec ses deux niches, reproduit exactement la disposition du mastaba sans chambres proprement dites, avec façade creusée simplement de deux niches aux extrémités, dont Meidoum et Reqaqnah fournissent de si nombreux exemples.
Ce dernier tvpe de mastaba à deux chapelles réduites à des niches n'a point disparu, d'ailleurs, après l'époque de Meïdoum ; il est connu, au temps de Kheops, en deux variétés différentes, la variété de Dahchour à superstructure massive en briques enchâssant les fausses portes en pierre (Barsanti dans Ann. du Sennce, lll, 1902, p. 198-201 et pi 1 II), identique, par conséquent, au type de plusieurs tombeaux secondaires de Meidoum, et la variété de Cxizeh, à superstructure entièrement en pierre (mastaba de Khemtni, LD II, 26). Ce dernier type peut être, comme on voit, considéré à volonté comme reproduisant le type secondaire de Meïdoum avec remplacement de la superstructure en briques par une superstructure toute en pierre, ou comme résultant de la simplification du type normal de Gizeh à chambre unique, dont la paroi du fond, seule, avec ses deux niches, serait conservée et deviendrait la façade orientale de l'édifice par suppression de la
chambre.
Le lecteur voudra bien se reporter au début du § \ du précédent chapitre pour la bibliographie des nombreux tombeaux du type normal de Kheops, ainsi que pour celle des édifices du type immédiatement suivant (apparaît sous Khephren), qui ne diffère essentiellement du premier que par ce que les deux niches de la grande paroi du fond de de la chambre sont remplacées par une seule au centre de la paroi. Le couloir d'accès, dans la plupart des cas, débouche dans la chambre non au milieu, mais à Textrémité nord, ce qui différencie le plan de celui de la cliapelle en forme de croix du type de Meïdoum.
C'est également sous le règne de Khephren, nous l'avons vu, qu'apparaît enfin un troisième type de chambre, caractérisé par la présence dans la grande paroi du fond
d'un grand nombre de fausses portes d'espacement et de dimensions variables, consacrées chacune, d'après l'inscription du tambour, au culte d'un personnage différent; et ceci nous apprend que dans la chapelle était célébré le culte de toute une famille et que la chambre souterraine où Je puits donnait accès était probablement un caveau de famille. Nous avons remarqué, d'ailleurs, que la disposition des fausses portes multiples, avant d'être transportée au fond de la chambre du mastaba du type ordinaire, a pris naissance sur la paroi intérieure du couloir longitudinal des tombes a couloir tout en briques; c'est ce que MOUS allons voir maintenant, en passant en revue les éléments de l'histoire de ces lombes à couloir, qui se développent indépendamment des tombes à chapelle, produisent à plusieurs reprises, par fusion avec elles, des formes hybrides curieuses et finissent par donner naissance, dans la superstructure du mastaba, à l'infinie variété des combinaisons de couloirs et de chambres qui caractérise la fin de la période memphite.
G. — Formes anciennes persistantes.
La plus ancienne des tombes à couloir actuellement connues est la grande tombe 75 de Reqaqnah étudiée plus haut (même §, Di, qui précède sans doute de peu le début du règne de Snofrou. On se rappelle que dans ce moment apparaissent, pour la première fois, la niche-chapelle ménagée dans la paroi orientale et le couloir longitudinal formé par cette paroi môme et par un mur parallèle construit en avant. Le principe de cette disposition parait être de protéger la chapelle, et le couloir se présente ainsi comme une sorte de longue chambre, avec la niche ménagée dans la paroi occidentale. Dans R75, on accède dans le couloir soit par l'extrémité nord, librement ouverte, soit par une porte précédée, à l'extérieur, d'une petite cour, et qui s'ouvre juste en face de la niche.
La niche-chapelle, comme on l'a vu, devient de rèo-le dans les tombeaux même dépourvus de couloir, et par
404 FI" ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENINES
développements successifs, devient une chambre seulement ménagée dans la maçonnerie, puis une chambre avec niche du fond en pierre, puis une chambre entièrement construite en pierre encastrée dans la masse de briques. Le disposilifà couloir, cependant, continuaità être employé, et comme le couloir tenait lieu de chambre, on n'éprouvait pas aussi impérieusement que dans les tombeaux de l'autre type le besoin d'amplifier en chambre véritable la niche de sa paroi occidentale. On s'explique ainsi que tant que vécut la tombe à couloir, elle conserva dans le mur intérieur du couloir les simples niches tracées à redans du type ancien, et que, même dans les cas ou l'on arrivera a faire déboucher dans le couloir une chambre véritable, celle-ci sera simplement ménagée dans la masse de brique et jamais parementée en pierre.
A Reqaqnah, où les constructeurs revenaient sans cesse aux formes archaïques et semblent n'être jamais parvenus à réaliser la chapelle en pierre (v. ci-avant, même §, D), il est naturel que la tombe à couloir, tout en briques, ait été l'objet d'une prédilection spéciale, et l'on connaît deux de ces édifices, aussi importants par les dimensions que R75, qui appartiennent respectivement à la IV® dynastie et au début de la V^ Le premier est R50 (Garstang, Third Dynasty, pi. XXI, etphot. pi. XVI). Au point de vue de la structure, il appartient à une famille relativement ancienne, celle des tombes à puits dans un mastaba bourré en terre. On se rappelle, d'ailleurs, que le tombeau de Nofirmat à Meïdoum appartient encore à cette catégorie. En ce qui concerne R50, il se présente comme une masse oblongue de 26 mètres sur 14, à l'intérieur de laquelle on pénètre par deux portes ouvertes dans la paroi orientale; traversé un gros mur de 2™, 50 d'épaisseur, on arrive dans le couloir longitudinal, large de 1 mètre et long au total de 18, non ouvert aux extrémités; sa paroi intérieure est creusée de trois niches, une niche principale largement tracée à redans, à peu près en face de l'entrée nord, et deux niches plus petites de formes différentes; le couloir, à sa rencontre avec l'entrée sud, s'évase en une sorte de chambre carrée
et s'arrête, cependant que l'entrée, poussée plus avant au sein de l'édifice, débouche dans une grande cour intérieure où s'ouvre, au sud, un petit puits pour dépôt d'offrandes et au nord, un puits plus grand qui descend à la chambre souterraine. Celle-ci est petite et de forme irrégulière, comme toutes les chambres analogues de Reqaqnah. Dans la disposition primitive, il paraît certain que l'orifice du puits était maçonné etque toute la surface de la cour intérieure, où l'on accède aujourd'hui de plain-pied, était recouverte d'une couche de remblai plus ou moins épaisse.
• Observons encore que si la façade orientale et la façade postérieure du monument ne présentent à l'œil qu'un parement de briques uni, les petits côtés, par contre, sont décorés d'un jeu régulier de rainures verticales constituées par de petites niches de 0°',50 de largeur, très simplement tracées à redans : nous sommes loin des somptueuses combinaisons de lignes du décor extérieur de Negadah^de Nezlet Batran et de Gizeli*.
Le tombeau R70, le dernier de ceux dont nous avons à nous occuper à Reqaqnah, semble être daté par une belle inscription sur pierre qu'y a trouvée Garstang, et qui appartient par son style au début de la V* dynastie. On le construisit dans le prolongement, vers le sud, du grand tombeau 75 qui lut, comme nous savons, le premier en date de la nécropole de Reqaqnah nord. R70 possède deux couloirs parallèles en avant de la façade proprement dite, mais il semble que dans sa disposition primitive il n'en ait eu qu'un seul, et que le dernier mur du côté de l'est ait été
l. CVst le lieu de rappeler, en manière de résumé, que le système de décor d'une façade en briques au moyen d'une combinaison de pilastres saillants et de niches petites ou grandes, a été rencontré par nous, jusqu'ici, à Negadah (époque de Menés), à Nezlet Batran près Gizeh (époque de Zet), dans les petites tombes de l'époque du deuxième et du troisième groupes à Naga ed Dur, à Gizeh (époque de Noulirkha-Zoair), à Saqqarah au fond de la chambre de Khabiousokari, enlin à Meïdoum où il est applique aux parements visibles des chemises enveloppes des tombeaux de Nofirmat et de Rahotep.
40(i II» KT me DYNASTIE» KCYPTIEN-NES
construit postérieurement. Indépendamment des couloirs, c'est un tombeau à superstructure massive en briques du type complètement développé, avec puits ménagé dans la maçonnerie et donnant accès à une chambre souterraine; en plus de ce puits, la superstructure renferme un petit puits à offrandes, moins profond.
Dans le plan primitif le tombeau présentait (pi. XXI; phot. pi. XVII, XVIII) une masse rectangulaire de 26 mètres sur 15, avec une façade orientale unie dans laquelle s'ouvraient deux portes; la porte nord sans ornement architectural, la porte sud signalée par une petite façade en retrait sur le parement général, suivant une disposition que nous connaissons bien. Cette porte sud était en effet la plus importante, donnant accès directement, comme on va voir, à la chapelle. Mais l'une et l'autre débouchaient, tout d'abord, dans un couloir longitudinal, fermé aux extrémités, de i"\70 de largeur et 22 mètres de longueur, dont la paroi intérieure, ou face orientale de la superstructure massive proprement dite, est creusée d'une petite niche profonde tracée à redans, en face de l'entrée nord, puis d'une très vaste niche à redans, la chapelle principale, 3 mètres de largeur totale et 2"*, 50 de profondeur, en face de l'entrée sud, puis en outre,, de quatre petites niches rectangulaires dans l'intervalle des deux chapelles et d'une dernière niche semblable tout près de l'extrémité nord.
C'est un peu plus tard, sans doute, que fut créé en avant le couloir supplémentaire que l'arrivant, aujourd'hui, rencontre d'abord. Dans le mur avant furent menacées deux portes correspondant aux portes du mur intérieur. La paroi extérieure reçut la même décoration de pilastres et petites niches régulièrement alternés qu'on voit sur les petits côtés de la tombe 50 décrite tout à l'heure, et dont les tombeaux de la période antérieure, à Reqaqnah, négligeaient lusage.
Nous avons fini avec la nécropole de Reqaqnah. Les tombes à couloir vont maintenant nous conduire, tout d'abord, à Meïdoum, où ce type architectural a donné lieu.
au temps de Rahotep. au remarquable spécimen du tombeau n° 22 (Pétrie, Medum, pi. VII, XXVIII). La façade orientale de la superstructure massive en briques est précédée d'un mur, relié à l'édifice à l'extrémité sud, de sorte que le couloir est ouvert par Textrémité nord comme celui de R75 décrit plus haut ; du nord au sud, on rencontre dans la paroi du fond de ce couloir d'abord trois niches, puis, tout à l'extrémité, une porte donnant accès dans une (chambre carrée dont la paroi du fond, au milieu, possède encore une niche. C'est le premier exemple que nous rencontrons de l'adjonction d'un couloir à un tombeau à chambre proprement dite; nous en verrons d'autres à Saqqarah, mais dans tous les cas, il faudra noter que le tombeau à couloir, avec ou sans chambre, est entièrement construit en brique; la chambre n'est pas en pierre, et des stèles de pierre n'y sont même admises, à ce qu'il semble, que par exception.
Dans 22 de Meïdoum, les fausses portes du couloir et la chambre tout entière étaient crépies et couvertes de tableaux et d'inscriptions peintes, qui assignent au tombeau une date précise en montrant qu'il est contemporain de celui de Rahotep.
D'autres tombeaux, à Meïdoum, étaient bâtis de la même manière [Medum^ p. 19; pas de plans) ; tels sont 18, dont le front oriental, comme celui de 22, abrite un ensemble (le fausses portes et, à l'extrémité sud, une chambre avec fausse porte au fond, et 13, où il y a seulement dans le front oriental une série de fausses portes et au sud une fausse porte plus développée (comme dans R70). Notons encore le petit mastaba 7 dont il a été question plus haut, tombeau de disposition intermédiaire et anormale dont la façade, qui possédait deux fausses portes très belles en pierre, était précédée d'un mur formant couloir; ce couloir s'élargissait, au centre, en une petite cour carrée.
A Saqqarah, enfin, nous avons à constater la persistance du type du tombeau a couloir, comme à Reqaqnah, en pleine période memphite'. iXous avons déjà eu l'occasion
!. Ou saif qu'à Saqqarah ijorsislent égalemeut, dans les tombes sans
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de parler de ces intéressants tombeaux de Sitou et de Khouni, tout en briques et datés seulement par la brève inscription de quelque table d'offrandes ou d'une stèle de pierre du type décoratif anépigraphe. Le plus simple est le tombeau de Khouni [Mastaba, p. 98) : couloir de 8 ou 9 mètres de longueur, ouvert à l'extrémité nord seulement; un large évasement de la paroi extérieure (paroi est), immédiatement après la porte, donne une sorte de chambre carrée. La paroi intérieure est creusée, du nord au sud, de quatre petites niches de tracé identique, à redans, puis de deux cavités plus larges de plan rectangulaire : tout cela ressemble au couloir de 70 de Reqaqnah et à celui de 13 de Meïdoum. A proximité de l'extrémité sud du couloir, dans la masse de briques, deux puits, serdab ou dépôts d'offrandes.
Le tombeau de Sitou (Mastaba, p. 97-98) est de plan plus compliqué et appartient, comme 18 et22 de ]Meïdoum, à la catégorie des édifices à couloir et à chambre. Les stèles de pierre souvent reproduites que renfermait la chambre datent avec précision le tombeau, comme nous l'avons vu plus haut, du règne de Khephren. Le couloir, fort développé en longueur, est fermé à l'extrémité nord ; on y accède par une porte ouverte au milieu; la paroi intérieure n'abrite pas de niches, mais un peu au sud de l'entrée s'ouvre, au milieu d'une petite façade en retrait (cf. R70), un couloir perpendiculaire long de 2™, 70 qui donne accès dans une chambre ménagée dans la maçonnerie comme celle de Khabiousokari, mais de plan plus simple : une galerie en tête de T sur le couloir d'accès, longue de 2", 70, large de 0™,75; la paroi du fond était ornée, comme on sait, d'une stèle en bois dont rien n'est conservé, encadrée par les deux stèles en pierre bien connues que possède le musée du Caire. Tout près de cette chambre, disposés comme ceux de la tombe de Khouni,
couloir, la chambre en pierre du type régulier de Meïdoum, enchâssée dans une maçonnerie de brique, et même de simples chambres de plan identique, mais seulement ménagées dans la maçonnerie de briques et crépissées. V. ce qui est dit à ce sujet plus haut, p. 401, n. 1.
LES RDI KICKS 409
se dissimulent dans l'épaisseur de la maçonnerie deux puits d'ofFrandes.
On voit, d'après les spécimens de Meidoum et de Saqqarah, que lorsque le tombeau à couloir abritait en outre une chambre disposée de la sorte, cette chambre n'était pas construite en pierre. Mais la combinaison du principe du couloir avec celui de la chambre s'est faite également, dans d'autres monuments, d'une manière toute différente et a donné lieu, comme nous l'avons expliqué plus haut (chap. IV, § V), au type de chambre très remarquable qui caractérise le règne de Khephren. Prenons par exemple le couloir à niches multiples et sans chambre du tombeau de Khouni, et supposons-le construit pareil, mais en pierre, au sein d'un mastaba en briques : nous aurons une chambre allongée tout à fait semblable à la chambre ordinaire à deux niches de l'époque de Kheops, et dont la paroi du fond sera seulement de dessin un peu plus compliqué. On sait que ce type de chambre en pierre apparaît effectivement à Gizeh, dans le courant du règne de Khephren (cf. ci-avant, même §, F)
En outre du type de la tombe à couloir, bien d'autres formes anciennes persistent, d'un bout à l'autre de la période memphile, et donnent lieu à des combinaisons variées avec les formes du type normal. C'est ainsi que le dispositif à escalier, bien qu'abandonné en général, ne disparaît pas complètement après l'époque de Bêt-Khallâf; il est connu notamment à Meidoum, dans une série de tombes à puits central et à passage incliné analogue à celui des pyramides : 1. 2, 3, 11, 14, 15 appartiennent à ce type [Mediim, p. 20 et pi. VII). Aux époques suivantes, tous les essais, toutes les formes antérieures se juxtaposent par instants, et nul monument n'est plus instructif à ce point de vue que le tombeau de la VI" dynastie, à Denderah, dont Garstang a reproduit le relevé [Third Dyuasty, pi. XIX, XX) comme exemple de la forme finale de la tombe à escalier : on y voit la descente inclinée et le puits vertical d'accès aux chambres souterraines, comme à Bêt- Khallâf, la superstructure semi-massive, en briques avec
4in lie ET |]|e DYNASTIES ÉGYPTIENNES
bourrage en terre, du type ancien de Reqaqnah et de Meidoum, le long couloir de façade avec niches dans la paroi du fond, enfin, sur la face orientale, à l'extérieur, le décor archaïque en rainures verticales à redans ménagées dans la paroi de briques. Mais l'histoire du tombeau memphite de la IV^ à la VI" dynastie, qui demanderait à elle seule un volume, sort complètement des limites de la présente étude.
Les Pyramides.
Le type de tombeau à superstructure massive et à descente inclinée a derrière lui, comme nous l'avons expliqué (même chap.. § I, fin de C et D), une longue période d'essais lorsqu'il nous apparaît, au temps de Noutirkha-Zosir, complètement constitué à Bêt-Khallâf, Reqaqnah-sud et Gizeh. Les tentatives antérieures dont l'histoire se retrouve, en partie, dans les formes retardataires de Reqaqnah-nord, avaient d'ailleurs été dirigés en même temps dans le sens de la constitution d'un édifice assez différent, d'apparence, du tombeau ordinaire, un tombeau pour sépulture royale dont le premier exemple connu, contemporain des tombeaux du type de Bêt-Khallâf, est la pyramide à degrés de Zosir à Saqqarah. Le principe de ces divers édifices est, au fond, le même, car la pyramide n'est autre chose, elle aussi, qu'un tombeau à superstructure massive et à descente inclinée donnant accès à des chambres souterraines ; la descente inclinée, qui après l'époque de Bêt-Khallâf ne devait plus se ren= contrer que tout à fait exceptionnellement dans le tombeau parallélipipédique, reste au contraire le seul procédé praticable dans une pyramide, et c'est ce qui fait qu'à partir de la IV*" dynastie il y a une diff'érence si nettement mai cjuée entre la pyramide et le tombeau ordinaire; mais au temps de Zosir, la séparation des deux types n'était pas
LES KDll'K.KS 411
encore complètement réalisée. Si la jiyramide de Zosir s'éloigne beaucoup des tombeaux contemporains, c'est seulement par la forme spéciale et la masse beaucoup plus grande de la superstructure, ainsi que par le fait que cette superstructure, au lieu d'être construite en briques comme dans les tombeaux, est entièrement en pierre ; mais ces détails manifestent simplement que la pyramide était un tombeau plus important que les autres, ce que nous devons interpréter, comme il a été indiqué plusieurs fois au cours des précédents chapitres, en admettant que les tombes de Bêt-Kliallâf, de Reqaqnah et de Gizeh étaient toutes des tombes particulières et dans aucun cas des tombes royales.
Dans les limites de la période qui nous occupe on ne connaît que deux pyramides, celle de Zosir à Saqqarah et celle de Snofrou à Meïdoum, auxquelles il faut joindre le monument inachevé de Nofirkari à Zaouiét el Aryân, qui devait être une pyramide du même type. Les pyramides de Zosir et de Snofrou sont toutes deux à degrés ; le tvpe de la pyramide à faces planes apparaît seulement avec celle de Kheops à Gizeh.
A. — Lfi pyramide de Noutiikha-Z.osir.
La pyramide a degrés de Saqqarah est, de beaucoup, celle qui a attiré le plus d'attention et provoqué le plus d'études, et malgré cela, de nombreux détails de sa structure et de son histoire restent encore mystérieux. Ouverte en 1821 pour le compte de Minutoli et relevée par Segato. la pyramide et ses couloirs intérieurs sont décrits tout d'abord par Minutoli-Toelken, Reise ziim Tempel des Juppiter Amon (1824), p. 295-299, plans et dessins {àe Segato) pi. XXVI-XXVllI, puis parSegato dans plusieurs ouvrages, notamment Valeriani, Nuova ILLiistrazione istorico-monumentale del Basso e dell' Alto l'.gilto, pi. G. et Valeriani et Segato, Atlante monnmeiilale del Basso e delV Alto Egitto (1837), pi. 37 A-37 D'; on apprend, par les belles planches
I. Borchardt, dans le mémoire dont il va être question [Zeitschrift,
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en couleurs de Segato, l'existence des chambres intérieures garnies de carreaux de faïence émaillée et de la porte semblablement décorée qu'encadre le protocole de l'Horus Noutirka; mais les plans et coupes de Segato constituent un guide bien imparfait et incommode dans le difficile écheveau des couloirs de l'intérieur de la pyramide. Burton, un peu plus tard {Excerpta hieroglyphica, pi. 27, n° 6), reproduit les inscriptions de la porte intérieure. Les seuls levés dignes de confiance qui ont été faits de l'intérieur de l'édifice sont ceux de Perring, Pyramids of Gizeh (1837), t. III, pp. 46 suiv., pi. A-B-G-D et Atlas, III« partie, pi. X, XI, Xll. Lepsius, qui en 1843 enlève la porte intérieure pour la transporter à Berlin, en reproduit les inscriptions dans Auswahl, pi. VII, et Denkmaler II, pi. 2. La porte est encore reproduite et décrite, plus récemment, dans Perrot-Chipiez, Histoire de l'Art, t. I, p. 823-824, et en dernier lieu dans les Aegyptische Inschrifien de Berlin, I (1901), p. 1. L'attribution des chambres et de la porte avec carreaux émaillés n'alla point, comme on sait, sans incertitude, et nous avons rappelé et cité plus haut, à propos de la titulature royale qu'on y rencontre et que nous avons discutée (chap. II, § I), les articles dans lesquels Stern, Steindorff et Borchardt, jusqu'en 1892, se rencontrèrent pour attribuer cette décoration en carreaux de faïence à la période saïte.
Nous avons montré, au contraire, par les analogies de titulature et certains caractères épigraphiques très spéciaux, que l'attribution des inscriptions sur carreaux émaillés à Zosir lui-même ne doit faire aucun doute. On comprend qu'au point de vue de l'histoire architecturale de la pyramide, le fait soit d'une importance essentielle, car les deux chambres dont il s'agit font partie d'un réseau de couloirs avoisinant la chambre funéraire centrale, et s'il est certain qu'elles sont contemporaines de la sépul-
XXX, 1892, p. 84, n. 1), suggère que dans Segato et Masi, Saggi Pitto- /•ici etc. (1827), qu'il n'a pu consulter, se trouve probablement aussi quelque chose sur la pyramide à degrés.
LKS ÉDIFICES 413
ture primitive, cela éclairera notablement le plan primilil de ces chambres souterraines, que violateurs et restaurateurs, au cours des siècles, ont si cruellement défiguré et «compliqué. C'est ce plan primitif dont nous allons nous attacher d'abord à reconstituer le dessin, en laissant de côté, autant qu'il sera possible, l'histoire ultérieure de ce monument bouleversé. Nous nous occuperons ensuite de la superstructure.
Pour pénétrer avec nous dans l'intérieur de la pyramide, il ne sera utile au lecteur que de consulter les relevés précités de Perring, en s'aidant des mémoires architecturaux publiés en 1892 par Borchardt : Zur Geschichte der Pyramiden. I. Die Tliûr aus der Stufenpyramide bel Sakkara. II. Zur B auges chichte der Stufenpyramide bei Sakkara, dans Zeilschrift, XXX (1892), p. 83-94 et pi. I, II. Borchardt, dans ce dernier mémoire, a montré que le couloir incliné qui s'ouvrait au ras du sol, au pied de la face nord, et dont l'entrée était cachée par le parement, fut toujours ignoré parce qu'il n'était pas situé dans l'axe du monument, et que les violateurs se livrèrent à un immense travail de creusement dans tous les sens avant d'arriver à la chambre centrale; que les galeries étroites et sinueuses qui sillonnent, de leur fait, le sous-sol de l'édifice, furent abandonnées et partiellement comblées par les restaurateurs de l'époque saïte, qui ne se servirent point davantage du couloir incliné primitif, muré de blocs de pierre dès l'origine, mais pratiquèrent, pour desservir les nouveaux chan tiers des chambres centrales, des galeries horizontales qui, placées maladroitement dans le roc naturel trop près de sa surface, s'abîmèrent en plein travail sous le poids des matériaux de la superstructure. Nous ne recommencerons point cette histoire; nous voulons seulement préciser ce qui concerne la disposition primitive du système de chambres auquel le couloir incliné donnait accès.
Il existe, au centre de la pyramide, un vaste puits carré de 8 mètres de côté, entièrement excavé dans le roc naturel depuis la surface du sol jusqu'à une profondeur de 30 mètres, et dont la voûte supérieure en pierre a toujours
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supporté sans fléchir le poids des maçonneries susjacentes. Comme il est absolument impossible qu'un pareil travail ait été exécuté en sous-œuvre, on voit que le puits, tout au moins sa partie supérieure et sa voûte, sont antérieures à la construction de la superstructure, c'est à dire de toute première époque; nous allons voir, d'autre part, que les restaurateurs de l'époque saïte n'ont pas cherché à l'approfondir, et que le niveau actuel du fond est également celui de l'excavation primitive. Ce n'est pas, toutefois, ce qui semble au premier coup d'œil, car dans le puits débouche, du côté du nord, l'extrémité inférieure de la descente inclinée primitive, non pas au fond même du puits, mais à 8 ou 9 mètres au dessus, et exactement dans le même plan horizontal tombent dans le puits, aux quatre angles, les galeries d'amorce d'un système périphérique de couloirs et de petites chambres : il est manifeste qu'à un moment donné, ce plan horizontal fut celui du fond, et l'on est d'autant plus porté à croire que l'approfondissement subséquent est l'œuvre des Saïtes, que le chantier du fondactuel est encore dans l'état où les travailleurs maladroits de cette époque l'abandonnèrent en hâte, après avoir construit une sorte de grand naos en pierre au milieu d'une chambre obtenue en élargissant le puits des quatre côtés et dont les parois étaient évidemment destinées à recevoir un revêtement en pierres de taille. Mais si les restaurateurs élargirent le fond du puits, ils ne cherchèrent point à le descendre; on constate en effet qu'un réseau horizontal de galeries et de chambres, analogue à celui de l'étage supérieur (aboutissement du couloir incliné) mais beaucoup plus développé, débouche par quatre amorces au fond de l'espace élargi, et que ce réseau inférieur ne peut pas être postérieur à l'époque de la sépulture, car il comprend les deux chambres et la porte en carreaux émaiilés qui remontent, sous le savons maintenant, au règne de Zosir lui-même. 11 faut donc admettre qu'au temps de Zosir il y eut dans le creusement de ces souterrains deux phases. Le fond du puits était d'abord au niveau où débouche le couloir rectiligne incliné, et un premier système de
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chambres, à cette hauteur, avait été construit tout autour; ce premier travail achevé, on eut le temps et les moyens d'approfondir le puits de 9 mètres et de creuser, autour de la chambre funéraire ainsi descendue, tout un nouv eau système périphérique d'annexés. Les deux étages de couloirs et chambies fureni d'ailleurs, comme nous allons voir, mis en communication par une galerie inclinée.
Il n'existe par ailleurs, dans le sous-solde la pyramide, que l'écheveau irrégulier et compliqué des rameaux pratiqués par les voleurs, et les malencontreuses galeries horizontales à fleur de sol naturel que firent déboucher dans le puits les architectes saïtes; nous avons dit que nous ne nous en occuperions pas. La partie ancienne du réseau souteirain consiste seulement dans le puits central, le couloir incliné elles deux étages inférieurs de couloirs et chambres. Ces divers org-anes sait clairement ficrurés dans la publication de Perring [loc. cit. y pi. Bj, d'après laquelle, en majeure partie, sont faits les croquis ci-dessous : une coupe nord-sud par l'axe du puits et du couloir incliné, un plan du couloir incliné et de ses annexes, un plan de l'étage supérieur de couloirs et chambres et un plan de l'étage inférieur.
Le couloir a un développement de 50 mètres en projection, el descend à une inclinaison un peu plus douce que 1/2. Vers le milieu de sa longueur il détache horizontalement, à droite et à gauche, deux rameaux d'une vingtaine de mètres d'étendue, élargis à chaque extrémité en une petite chambre : il semble qu'on ait là l'amorce d'un grand système de couloirs destiné à envelopper le puits, en carré, à ce niveau, et qui n'a pas été poussé plus loin. Dans sa partie supérieure, la descente avait été creusée à ciel ouvert, et plus bas seulement s'enfonçait en tunnel dans le rocher : on se rappelle l'escalier du tombeau Kl. de Bèt-Khallâf. La partie supérieure, ensuite, avait été couverte, — plafonnée? voûtée? on ne sait encore, — et l'excavation au-dessus avait reçu un remplissage de maçonnerie solide. Ajoutons enfin qu'une bonne partie de cette descente est blocjuée en maçonnerie de
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pierre sèche, et que cette barrière^ qui remonte certainement à l'époque de la première fermeture du tombeau, n'a jamais été enlevée; c'est ce qui fait que les détails de construction de ce passage sont encore mal connus.
En ce qui concerne le puits, nous n'ajouterons rien aux indications données ])]us haut. Quant aux systèmes de couloirs, nous les séparons, pour éviter une confusion inextricable, sur un plan de l'étage supérieur, au niveau xx, et un plan de l'étage inférieur, niveau 3/3/, qui nous dispensent de toute autre description. Observons, dans le tracé des galeries de l'un et l'autre étage, une tendance marquée à fermer sur eux-mêmes des circuits rectangulaires et à constituer autour de la chambre centrale de vastes gaines de plan rectangulaire ; ce double caractère ne s'observe point à Bêt-Khallâf ni à Reqaqnah-sud, mais il apparaît nettement, à la même époque, dans le système souterrain de la tombe de Gizeh.
C'est au point a de l'étage supérieur que finirent par aboutir, après d'innombrables tâtonnements, les terrassiers clandestins d'avant l'époque saite ; la tombe, dès lors, était conquise toute entière, car ce point de débouché est précisément à la naissance de la galerie inclinée bc qui met en communication les deux étages. Une fois descendu de b en c, on se trouve presque immédiatement conduit dans les chambres émaillées, qu'on traverse en franchissant la porte inscrite, après quoi l'on débouche au fond môme du grand puits. Sur la face opposée s'ouvre, par trois amorces dont deux au moins sont anciennes, un système de galeries sur plan rectangulaire qui s'éloignent à une trentaine de mètres vers le sud et vers l'ouest et portent à l'extrémité, de chaque côté, un long rameau perpendiculaire terminé de part et d'autre en cul-de-sac et sur lequel s'embranchent, en grand nombre, des rameaux secondaires peu développés en longueur. Il ne fait pas de doute que les deux grands rameaux perpendiculaires étaient destinés à se recouper et sans doute à être complétés par deux galeries semblables au nord et à l'est, de manière à constituer autour du puits un vaste
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carré de 60 mètres de côté; mais le travail ne fut pas achevé.
Si l'on réunit sous ses yeux, maintenant avec les plans des souterrains qu'on vient de voir, ceux des souterrains des tombeaux de Bêt-Khallâf, principalement du grand tombeau Kl, et ceux des souterrains de la tombe Govington à Gizeh, on remarquera les analog-ies suivantes ;
1° Les petites chambres longues, étranglées à l'entrée par les montants de lo porte, sont tracées et débouchent sur les couloirs d une manière tout à fait semblable ; v. principalement le groupe des chambres de l'extrémité sud, à Gizeh, qui a son analogue dans Kl, et en rapprocher le groupe des chambres émaillées de l'étage inférieur de la pyramide.
2° Comme les souterrains de la pyramide, ceux de la tombe de Gizeh sont à deux étages ; on se rappelle qu'à Gizeh la communication entre les deux étages se fait, non au moyen d'une galerie inclinée, mais uniquement par un puits intérieur.
3» Les galeries de la tombe de Gizeh se ferment volontiers sur elles-mêmes en carré, et ailleurs, dessinent des gaines rectangulaires autour des chambres et des puits : mêmes particularités dans la pyramide.
4» La combinaison du puits et de la descente inclinée en tunnel, dans la pyramide, n'est pas sans analogie avec celle des descentes inclinées et puits verticaux de descente de herses que nous avons étudiée dans la tombe de Gizeh ainsi que dans Kl et les tombes contemporaines de Reqaqnah et Bêt-Khallâf.
Toutes ces remarques confirment entièrement, comme on voit, la date ancienne que nous attribuons aux deux étages de galeries du sous- sol de la pyramide, et l'on observe que les analogies les plus étroites sont avec la tombe de Gizeh : vérification non sans valeur de la date ejcacte de ce dernier édifice. En ce qui concerne la pyramide, observons enfin les curieuses analogies de disposition que présentent ses souterrains, particulièrement les grandsrameaux avec embranchements de l'étage inférieur,
avec, d'une part, certaines des galeries voisines de la pyramide d'Oimas où furent découvertes les empreintes de cylindres aux noms de Ranib et Hotepsekhmoui*, et d'autre part, les souterrains entièrement connus maintenant de la pyramide de Zaouiét el-Aryân*. Très probablement ce dernier édifice est un tombeau royal à peu près contemporain de celui de Zosir. C'est également à Zaouiét el-Aryân que se trouve, d'autre part, le grand édifice inachevé dont le déblaiement a été poursuivi par le Service des Antiquités et qui devait être, comme on sait, le tombeau du roi Nofirkari, dont le nom figurait sur de nombreux graffiti de blocs de pierre. La description donnée' permet de se rendre compte que le monument, qui consiste en un puits carré très vaste au fond duquel une descente inclinée pratiquée à ciel ouvert donne accès, est apparenté par cette disposition avec la pyramide de Zosir et les tombes contemporaines de Gizeh, Reqâqnah et Bèt-Khallâf; et la conviction s'impose qu'après achèvement des constructions comprises dans la grande cavité rectangulaire, celle-ci et la descente inclinée devaient être voûtées et recevoir une superstructure pyramidale. Le procédé de construction était d'ailleurs assez différent de celui employé à Saqqarah, car les chambres et couloirs souterrains, au lieu d'oHre percés à partir du fond d'un puits de section restreinte, devaient être contruits à ciel ouvert, sur un radier d'énormes blocs de granité organisé au fond de la grande fosse, avant de disparaître sous la couverture à fleur de sol qui eût porté la pyramide. Le projet comportait un véritable édifice, construit à 19 mètres en excavation comme
1. Aucun plan de ces galeries n'a encore élé puljlié; leur conGguraliou est seulement connue parla description de Barsauti dans Aiin. du ServicCy II (1901), p. 250, qui permet de se rendre compte qu'on a là la descente et les souterrains d'une tombe à escalier, — mastaba ou pyramide ? — privée de sa superstructure. Voir cependant le plan d'ensemble de Barsauti, ib.^ p. 246.
2. Plans et coupes dans Barsanti, Ouverture de la pyramide de Zaouiét el-Aryân, dans Ann. du Service, II (1901), p. 92-9'i.
3. Barsanti-Maspero, Fouilles de Zaouiét el-Aryân etc., dans Ann. 'du Service, VII (1906), p. 257-286 et 3 pi.
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on Teùt fait à la surface, et pour lequel on avait approvisionné les grands blocs de calcaire qui furent précipités dans le puits au moment de l'abandon du travail et le comblaient aux trois quarts.
La parenté de cet édifice avec ceux de l'époque de Noutirkha-Zosir et de Sanakht semble de nature à montrer que le roi Nofirkari est leur contemporain, et nous ne craignons pas de proposer de le considérer comme identique à THorus Sanakht lui-môme, ce qui s'accorde avec les indications de l'empreinte de cylindre bien connue de Bêt-Khallâf (v. ci-avant, p. 140) qui donnait le nom royal à côté du nom d'Horus. Il y aurait lieu, par suite, de renoncer à restituer, sur ce cylindre de Sanakht, le nom de Nibka^ et aussi de perdre de vue l'hypothèse de l'identité de iNofirkari avec l'Horus Ranib, hypothèse déjà signalée plus haut (p. 159-161) comme peu vraisemblable; mais nous reviendrons à cette question d'identité plus loin*.
En ce qui concerne les monuments à attribuer au siècle de Zosir, il n'est pas douteux que le progrès des connaissances archéologiques aura pour résultat d'en faire reconnaître un grand nombre d'autres, et l'on n'oublie pas que Rorchardt, déjà, a signalé que la petite pyramide de Silah* était une pyramide à degrés, bâtie à enveloppes concentriques comme celle de Saqqarah.
Superstructure. — Le plan de la pyramide de Saqqarah est un rectangle allongé dans le sens est-ouest, longueur 130 mètres environ, tandis que la dimension nord-sud est seulement de 110 mètres. Borchardt explique cette anomalie en remarquant que le couloir incliné s'ouvre au pied de la face nord non au milieu, mais à 55 mètres environ de l'angle sud, c'est-à-dire au point qui serait au milieu de la face nord si l'on n'eût ajouté à la pyramide, du côté ouest, la bande supplémentaire qui la rend oblongue ; il
1. Ci-après, cliap. addilioauel, licctifications et compléments, note pour p. 136-140.
2. Borchardt, Die Pyramide von Silah, dans Jnn. du Service l(li)0(i), p. 211-214.
pense qu'effectivement la superstructure fut d'abord construite sur plan carré, avec couloir au milieu de la face nord, puis que la pyramide fut augmentée d'une enveloppe dissymétique, beaucoup plus développée du côté occidental. Ce qu'on sait du mode de construction des pyramides à degrés est tout à fait d'accord avec cette conception d'une amplification de la masse par enveloppes extérieures, mais dans le cas particulier, il semble que les choses ne se sont pas passées, à l'origine, d'une manière aussi simple. Tout le long du pied de la longue face méridionale, en effet, la maçonnerie du gradin inférieur est détruite et le spectateur pénètre librement jusqu'aux parements de massifs intérieurs également en pierre, mais en matériaux plus petits et qui ne se retrouvent pareils en aucun point de l'extérieur de la pyramide ; ces massifs visibles sont au nombre de deux, construits indépendamment, l'un de l'autre, — leurs parements ne sont pas à la même distance du parement de l'enveloppe, — et c'est en vue d'englober complètement ces deux édifices construits tout d'abord que la pyramide fut étendue comme elle est dans la direction est-ouest.
Nous devons cette remarque à l'œil expérimenté de A. Ghoisy, qui par ailleurs a traité de la construction des pyramides à degrés, à leur place, dans son Art de bâtir chez les Égyptiens, en 1904. Notons cependant que les deux édifices primitifs dont il s'agit [a et c de la iig. 83. p. 105 de l'ouvrage) ne sont pas forcément, comme le pense Choisy, des tombes préexistantes; ils peuvent avoir été constitués pour servir de noyau inférieur à la pyramide future. Mais comme il tlemeure que le couloir d'entrée de la face nord est désaxé d''au moins 10 mètres vers le sud, on doit probablement en conclure que le grand noyau sud avait d'abord été conçu comme devant être noyau central unique, et dès lors, on rentre à peu de chose près dans l'hypothèse de Borchardt.
Il y a encore là, comme on voit, beaucoup d'inconnu, que la masse de l'édifice recouvrira peut-être toujours. On ne sait en somme, de la superstructure de la pyra-
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mide, que la manière dont elle s'éleva régulièrement à partir du moment où les noyaux de la base furent absorbés. La marche du travail et la structure de la construction ont été décrites avec la plus parfaite netteté dans l'ouvrage pré. cité de Choisy(p. 104-108), auquel nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur. Notons cependant que la masse se décompose en tranches non pas verticales, mais déversées à l'intérieur, maçonnées chacune par lits perpendiculaires aux parements, c'est-à-dire présentant une pente vers l'intérieur égale au fruit des tranches; ce qui caractérise la structure est l'absolue indépendance des tranches, de sorte que la masse est coupée de bas eu haut par des plans continus de déliaisonnement. La largeur de chaque gradin de la pyramide comprend V épaisseur de deux tranches jumelles. Pour augmenter le volume de la pyramide de ce qu'on pourrait appeler une unité de travail, on surélevait la tranche intérieure de chaque gradin jusqu'au niveau du gradin supérieur, et l'on ajoutait une tranche nouvelle à la base.
B. — La pyramide de Snofrou.
La pyramide à degrés de Meïdoum, ouverte parMaspero en 1882, fut explorée et complètement relevée par Pétrie, qui en publia les détails en 1892 dans Medum^ p. 5-11 et pi, I-IV, XXXIl-XXXVI; cf. Ten years Digging in Egypt^ p. 140-141. La superstructure est construite sur la base d'un carré parfait de 145 mètres de côté ; elle est entourée, à distance, d'une enceinte rectangulaire de 240 mètres nord-sud sur 205 mètres est-ouest, percée, dans la face orientale, d'une entrée à laquelle aboutissait une chaussée rectiligne montant de la plaine et terminée, en haut, par une porte monumentale. Passée cette porte et franchie la brèche de l'enceinte, le visiteur trouvait devant lui, tout d'abord, la chapelle funéraire bâtie au milieu de la face orientale de la pyramide et que possédaient, nous le savons aujourd'hui, toutes les pyramides des siècles suivants de la période memphite. La chapelle de la pyra-
mide de Meïdoum {loc. cit., pi. IV) était bâtie en calcaire et appuyée, sans liaison, au parement du gradin inférieur de la pyramide; vue de l'extérieur, c'était une sorte de cube de pierre de 9 mètres de côté, aux faces unies sans le moindre décor. Une porte étroite, daus la façade, donnait accès dans une première chambre, d'où l'on passait dans une seconde, qui donnait accès elle-même dans une petite cour au pied même de la base de la pyramide; on trouvait là, au milieu, l'autel en calcaire, encadré par deux hautes stèles arrondies à la partie supérieure. Les graffiti d'époque tardive que les murs de la chapelle portent en grand nombre sont, comme on sait, les seuls documents sur lesquels l'attribution de la pyramide au roi Snofrou puisse être positivement basée.
La disposition des chambres souterraines et de leurs couloirs d'accès est d'apparence beaucoup plus simple que celle du système que possède la pyramide de Zosir à Saqqarah, mais on se rend compte, à l'examen, qu'elle procède d'une formule identique, caractérisée par un large puits central creusé depuis la surface du sol, puis voûté et recouvert par la masse de la superstructure, et au fond duquel on accède par une galerie inclinée issue de la base de la pyramide à l'extérieur. Le profil de ce dispositif, qu'aucune complication ultérieure, à Meïdoum, n'est venue masquer, montre (pi. Il) que le noyau primitif de la superstructure n'avait qu'une cinquantaine de mètres de côté; car c'est à 25 mètres du centre que la galerie inclinée s'enfonce dans le sol naturel. Elle descend à 10 mètres de profondeur environ, à une pente un peu plus rapide que le 1/2, puis se prolonge en galerie horizontale jusqu'au centre de l'édifice, où elle devait déboucher à la base du grand puits; mais l'aménagement de ce dernier organe semble n'avoir jamais été terminé, car au lieu d'un puits largement descendu, on ne trouve sous la voûte en pierre qu'une chambre mi-partie en déblai, mi-partie emprisonnée dans les premières assises de la superstructure, et dont la base est à 3 mètres seulement sous le sol naturel, cependant qu'un étroit puits carré, dans un angle, descend
verticalement jusqu'à la galerie horizontale. Nous surprenons pour ainsi dire ici le chantier en plein fonctionnement : le grand puits central était amorcé, en partant de la surface du sol, en même temps qu'on perçait les galeries inclinées d'accès au fond ; le plus vite possible, ensuite, le fond de l'excavation verticale était mis en communication avec la galerie inférieure par un puits de service, et dès que cette communication était obtenue, on pouvait voûter le grand puits et commencer, au dessus, la construction de la superstructure ; deux chantiers fonctionnaient, à partir de ce moment, indépendamment l'un de l'autre, celui de la maçonnerie supérieure et celui de l'excavation du grand puits, dont les déblais étaient évacués par le puits de service et la galerie inclinée.
Le dispositif de Meïdoum est donc un dispositif inachevé, comme interrompu à mi-travail. Le développement de la superstructure, cependant, a été complet, et de si nombreuses tranches de maçonnerie se sont accolées au noyau primitif, que la galerie inclinée, construite en ligne droite dans la masse comme dhabitude, s'ouvre maintenant à l'extérieur à 60 mètres de l'axe et à 18 mètres au dessus de la hase. La structure et le mode de construction de la masse étaient, à peu de chose près, les mêmes que ceux de la pyramide à degrés de Saqqarah, comme on verra dans l'ouvrage déjà cité de Choisy où le cas particulier de Meïdoum est étudié en détail avec la même précision que le précédent [loc. cit., p. 108-111). Ici, toutefois, à chaque retraite, c'est à dire à la largeur de chaque gradin, correspond une tranche unique au lieu de deux tranches jumelles, et de plus la maçonnerie, au lieu d'être entièrement construite en lits appareillés comme à Saqqarah, est remplacée partiellement par des remblais : on rencontre alternativement, dans toute la masse, une tranche de maçonnerie pleine et deux tranches de remblai simplement parementé du côté extérieur.
La pyramide gagnait en volume, comme celle de Saqqarah, par l'exhaussement simultané de toutes les tranches et l'adjonction d'une tranche à la base, et après chacun
de ces développements partiels, les parois visibles étaient ravalées comm.e si l'édifice ne devait plus s'accroître. Dans son état actuel, la pyramide est privée de la totalité des tranches périphériques, c'est à dire de ses degrés inférieurs, et ressemble, comme on sait, à un gros dé à pans inclinés surmonté d'un dé plus petit; mais les faces du dé inférieur, qui de haut en bas se divisent en bandes horizontales alternativement laissées brutes et parées, gardent par là la trace de l'affleurement supérieur des tranches disparues, aux divers instants de leur développement en hauteur. C'est encore à Ghoisy que nous renverrons pour le détail de cette observation particulièrement intéressante.
On voit, en résumé, que malgré des différences de détail, la pyramide de Meïdoum est étroitement apparentée avec la pyramide à degrés de Saqqarah : même principe d'organisation de la superstructure, môme dispositif de chambre funéraire, excavée à partir de la surface du sol pour être voûtée ensuite à quelques mètres au dessus de ce niveau, au sein des maçonneries supérieures. Cette manière de constituer la chambre se rattache, comme nous avons vu, aux procédés en usage à l'époque de Zosir dans les tombeaux ordinaires, et ne se rencontre plus jamais dans les pyramides ultérieures de la période meniphite. Ces derniers édifices ont, comme on sait, pour caractéristiques générales de posséder de grands parements plans continus de bas en haut, reposant sur un noyau de maçonnerie de pierre détaille en lits horizontaux superposés, et de recouvrir des chambres excavées non plus à partir de la surface, mais loin dans les profondeurs du sol : c'est une nouvelle période architecturale qui, dans le domaine des pyramides comme dans celui des tombeaux ordinaires, commence avec Kheops et s'affirme avec ses successeurs de la IV^ dynastie.