‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 24 sur 135 · Jb., p. 4, 1. 19; p · texte numérisé non relu

Jb., p. 4, 1. 19; p

3. Donné ici comme fils de Kheops, tandis qu'au Livre des Morts, comme nous venons de voir (version ancienne du chap. 30 et version ultérieure du chap, 64), Hortatouf est fils de Menkaouri.

DOCUMENTS ULTKRIEIIRS 49

tatoires du temps delà P'^ dynastie. On se demande, maintenant, quelle fable, quelle tradition historique, politique ou religieuse cherchait à imposer au respect de son public l'auteur du conte qui figure au Papyrus 1 de Saint-Pétersbourg. Si nous l'ignorons, c'est en raison du peu de renseignements que nous avons encore sur ce document de premier ordre'. On sait seulement qu'une histoire est racontée au roi Snofrou par un prêtre nommé Nofirhir, et qu'il est question d'une ancienne invasion des Asiatiques dans les régions du Delta. Le document ne nous intéresse ici que par le rôle d'auditeur dévolu à Snofrou comme il l'est, au papyrus Westcar, à son successeur Kheops.

L'intérêt purement narratif d'un conte, lui aussi, gagnait à ce que l'auditeur sût que l'histoire était ancienne ; dans le Conte du Paysan", où la narration directe est employée, l'auteur date son récit, à un moment donné, en disant : « Ce paysan prononçait ces paroles au temps delà Majesté

du roi du Sud et du Nord { O j | M NibkaourP, Voix Juste ». Dans une intention un peu différente, l'auteur des

1. Ce papyrus n'est connu que par la brève et incomplète analyse de Golenisclieff, Le Papyrus n° l de Saint-Pélershourg, dans Zeitschrift, 1876, p. 109-110. Le papyrus est de la XX« dynastie.

2. En plusieurs exemplaires, dont les deux principaux au musée de Berlin, pap. II de Lepsius {LD\l, 108-110), n° 3023 du catalogue actuel, et IV de Lepsius (LD VI, 113114), n" 3025 du catalogue. V., pour bibliographie complète et traduction, Maspero, Les Contes populaires etc. (3® éd,, 1906), p. 44-54. On connaît depuis peu de temps l'existence d'un exemplaire supplémentaire, provenant de la trouvaille de papyrus faite par Quibell, en 1896, au Ramesscum, à Thèbes ; v. à ce sujet A. H. Gardiner, Fine neue Handschrift des Sinuhegedichtes (p. 1 du tirage), dans Sitzh. d. Kôn. Pr. Ak. d. Wiss., 1907, 7 février.

3. LD VI, 108, 1. 72-73, 113, 1. 9. Le dernier signe |ll pourrait être confondu avec uu «~vw> , mais l'écriture des papyrus de cette catégorie est telle qu'il faut lire, comme l'a indiqué Erman {Pap. Westcar^ p, 17), Nihkaouri. Maspero, après avoir \u Nih/uiniri (Contes populaires, 2^ éd., p. 47), s'eslrallié à la lecture Nihkaouri (Histoire, I, p. 449 et n. 1; Contes populaires, S^î éd., 1906, p. 47, 52) mais persiste (jT»,), avec Griffitli (Proc. S. B. A., XIV, 1891-1892, p. 469, n. 2), à considérer ce nom comme un nom royal, inconnu par ailleurs, des dynasties héracléopolitaines. Il

50 lie ET Illo DYNASTIES ÉGYPTIENNES

Sentences de Kaqemni déclare, à la fin de son petit recueil, qu'en ce temps-là « la Majesté du roi Houni mourut, et la Majesté du Roi Snofrou se leva en roi accompli sur cette terre entière * », Nous retrouvons encore, ici, le procédé d'attribution à l'antiquité qu'on aimait appliquer aux écrits médicaux et religieux.

On ne peut se dispenser de remarquer que cette phrase du papyrus Prisse vérifie les indications de la table de Saqqarah et du papyrus de Turin ; mais cela n'aurait d'importance que si Ton pouvait croire que l'auteur du papyrus n'avait pas sous les yeux quelqu'exemplaire de la même liste royale. D'une manière générale, si l'on fait exception pour les monuments très anciens qui portent les noms de Sendi et de Nibka, toutes les citations de noms royaux que nous avons passées en revue au cours du présent paragraphe n'ajoutent pas grand'chose à la valeur historique des listes, puisqu'elles peuvent en avoir été inspirées. Il est vrai que lorsqu'un personnage se dit chargé du culte de Menés, de Teti, de Nibkari ou de Zosir, l'indication n'a rien de romanesque ou de fantaisiste ; mais l'existence de ces cultes royaux, à une époque tardive,, n'est même pas un indice de la réalité des vieux rois adorés. Pour qu'une mention traditionnelle d'un de ces anciens souverains pût être considérée comme répondant à une réalité historique, il fallait qu'elle donnât quelque chose de plus que les listes classiques, c'est-à-dire le protocole complet du roi, avec le nom d'Horus que les listes ne portent jamais, et cela, dans des conditions telles que manifestement on n'eût pas affaire à un protocole forgé de toutes pièces. Ces diverses conditions se sont trouvées heureusement remplies pour le roi Zosir, que des circonstances particulières ont fait définitivement entrer dans l'histoire,

paraît plus simple d'admettre que l'auteur du Conte du paysan faisait remonter son récit au temps de ce même roi très ancien, Nibkari ou Nibka^ dont nous avons précédemment rencontré le nom à plusieurs reprises.

1. Papyrus Prisse^ p. ii, 1. 7-8; Vire}-, Etudes sur le Papyrus Prisse (Bihl. de l'Ecole des Hautes-Études, fasc. 70), p. 24.

en 1890, plusieurs années avant que ne fût signalé, pour la première fois, un monument contemporain de son règne.

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