‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 72 sur 135 · XIV, XV · texte numérisé non relu

XIV, XV

2. Ces groupements graphiques qui nous semblent bizarres, avec intercalation d'un mot dans les signes d'un autre mot, ont résulté d'abord, dans un cas déterminé, d'une nécessité de carrure (comme sur le cylindre K 5, 7J ou de toute autre exigence de l'œil, puis ont passé dans la coutume orthographique. Cf. ce que dit à ce sujet Sethe dans Mahasna,

p. 2.3, à propos du cylindre K 1, 11.

184 lie ET 111» DYNASTIES ÉGYPTIENNES

Nous n'hésitons pas, pour notre part, à admettre que le Nezemankh du cylindre de Bêt-Khallaf est le même personnage que celui des statues ; car, outre l'analogie des titulatures, Nezemankh est un nom dont on ne connaît pas d'autre exemple sur les nionuiiients de cette époque '. L'identité, si comme nous le croyons elle est réelle, présente une grande importance au point de vue de la coordination des monuments de la période que nous étudions, car elle fixe au règne de Noutirka-Zosir, d'après le tombeau d'oij provient le cylindre, l'époque des statues dont il s'agit, et permet ainsi d'affirmer que toute statue d'évolution moins avancée est antérieure à Noutirkha, et postérieure, au contraire, toute statue de technique sculpturale et d'épigraphie plus développée. Cette dernière situation, comme nous le verrons, est celle des grandes statues de Sepa et de Nesiaper (?), au Louvre ; ces beaux monuments, où subsiste une forte empreinte d'archaïsme, se placent donc après Zosir, vraisemblablement entre Zosir et Snofrou. Antérieures à Zosir, d'autre part, comme antérieures par tous leurs caractères aux statues de Nezemankh, sont la statue agenouillée du Caire qui a toutes chances, nous le savons d'ailleurs, d'être de l'époque de l'Horus Ranib, puis une autre statue de Leyde, dont nous allons dire un mot maintenant, et que certaines analogies de facture avec la statue D. 93 n'empêchent pas de se manifester comme sensiblement plus ancienne : on ne se trompera pas de beaucoup en l'attribuant au règne de Khasekhmoui.

Statue D. 94 de Leyde.

Cette statue de granit, aussi fréquemment décrite que la précédente', est assise, haute de 0",65, et porte entre les

1. Le tombeau de Nezemankh, d'où proviennent les statues, se trouvait probablement à Gizeh ou Saqqarah, bien loin de Bêt-Khallaf où fut trouvé le cylindre, mais aucune objection contre l'identité ne peut évidemment sortir de ce fait.

2. Leemans, Description raisonnée etc , 1840, p. 57-58; Pleyte, L'art antique égyptien dans le Musée de Leide, dans Verh. des VII. Intern. Or. Congresses^ Agyptisch-Afrik. Section (1888), p. 47-54 (v. p. 52); Wie-

Louvre A. 39 . —

genoux l'inscription <i>'=»L=y.'T a le préposé aux choses du kiosque [l'oy^l] [sah], Ankh ». Le titre iri kliit signifie littéralement « préposé aux choses;;; il se rencontre quelquefois, comme on sait, dans les inscriptions des rois des deuxième et troisième groupes', et encore à l'époque de Perabsen et Khasekhmoui, sur les cylindres de Nofir et de Khapi^ dont nous parlerons au paragraphe suivant. Au delà du règne de Khasekhmoui, sur les monuments actuellement connus de celui de Noutirkha, le titre n'apparaît point, mais immédiatement après Noutirkha, sur les statues et les stèles en pierre des mastaba de la première période memphite dont l'étude fera l'objet du chapitre suivant, il commence à faire invariablement partie du protocole de tout fonctionnaire royal, sous la forme amplifiée

4 © /=i» littéralement « préposé aux choses royales ». Le titre, qui gardera cette forme désormais, est celui qu'on est habitué à traduire « connu du roi ». Est-il possible de conserver cette interprétation? Le fait principal qui permet de répondre à cette question est que, conjointement

avec le titre nouveau et de caractère général @ ^ du roi,

l'appellation ancienne de ^^ ^ de tel ou tel service royal particulier continue à exister jusqu'en pleine IV*^ dynastie. C'est ainsi que Khouhotep, à Saqqarah (v. ci-après,

chap. IV, § IV, D), est q ^ <>.=., « fonctionnaire delamai-

demanu, Zivei dgyptische Statuen etc., dans Or. Litteraturzeitung, I, 1898, col. 269-273 et pi. II (bonnes photographies); Capart, Bec. de Mon. Egyptiens, I, 1902, pi. II; Beschreihung der dgyptischen Sammlang des Niederl. Reichsmuseunis der Altertûnier in Leiden, Die Denknuiler des alten Reiches (1906), pi. III et texte, p. 10.

1. Cylindres au nom de Ranib provenant de Saqqarah. Ann. du Service, III (1902), p. 188, 189, et Bull. Inst. Egyptien, 1902, p. 109 (v. ces cylindres plus haut, chap. II, § V) ; plaquette BT l, XII, 2, XVII, 29, au

nom de l'ilorus Qa. Cf. v., y (un peu douteux) sur la stèle de Sa-

bouf, BT 1, XXX, XXXI. XXXVI, n° 48.

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