‹ Les origines de l'Égypte pharaoniqueChapitre 89 sur 135 · I. Niche de KhabiousokariK · texte numérisé non relu

I. Niche de KhabiousokariK

Le défunt, dont le « grand nom », X^^ «st ^^ ^ « Lever des Ames de Sokaris », et le surnom ou « petit

nom » "^5», X ' r ^^^^^, « Hyène », porte des titres nombreux qui se présentent en deux séries distinctes répétées chacune plusieurs fois : on a commencé par inscrire, au linteau, la première série, titres religieux, puis au-dessous, au tambour cylindrique, la deuxième série, titres civils, et au-dessous encore, au registre supérieur de la stèle, une seconde fois la série religieuse ; au montant de gauche, les titres civils, et au montant de droite, les titres religieux. Comme dans plusieurs cas il est resté sur la pierre des vides à remplir, les derniers titres de chacune des deux séries ont été mis à contribution dans ce but et se présentent, par suite, plus souvent que les autres. Un certain désordre règne, d'ailleurs, dans le groupement graphique, et les colonnes d'écriture juxtaposées sans séparation trois aux montants, neuf au tambour, sept à la partie supérieure de la stèle, ont au premier coup d'œil tendance à se confondre. Il est aisé toutefois, grâce à la répétition des titres, de séparer et de caractériser les groupes.

Montantdroitr^MP^^lf-^^lbJM^'^^^î

^^^^^ T lï^ S ; suivent les noms : « Khabiousokari, nom grand, [surnommé] Hetes, petit nom ». Au-dessous, le défunt debout, face à l'arrivant, porteur de la massue, de la canne et du grand collier, vêtu du pagne. Tout en haut, dans l'étroit espace que laisse libre l'amortissement du tambour cylindrique, encore une fois : « Hetes, petit nom ».

Les titres qui précèdent signifient : «Charpentier d'Anubis chef du To-Zosir, Anubis dans le Palais divin, régent divin de Busiris, prophète de Sit du sanctuaire... {a), chef

1. No 993 (60 du nouveau numérotage) du musée du Caire; Mariette, Mastaba^ p. 1^-lb (montants), 77-79 (stèle); Maspero, Guide du visiteur (1883), pi. IV (phot. d'ensemble); Murray, loc. cit., pi. I (stèle et montants), II (linteau).

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des chasses {b), prophète de Safkhaboui (c), fonctionnaire roya) ».

Si l'on remarque que le titre « chef des chasses » est emprunté par nécessité de remplissage à la deuxième série, on verra que cette première série comprend uniquement les titres religieux.

a. « Sit du pa-oiir » se comprend encore; mais qu'est-ce

que \ 1^? Le signe qui suit celui du vase ne se retrouve, d'ailleurs, dans aucun des deux exemplaires que nous allons encore voir du même titre.

b. Sera examiné avec les titres de la deuxième série.

c. Orthographe intéressante du nom de la déesse. Le signe de l'oie, qui est probablement ici l'oiseau safit, remplace le groupe | 0 par abréviation.

Au linteau, la même série de titres, déchargée de l'élément étranger b et de la mention banale souten iri khit :

5^m^4i\jjl9A^12n-^t1? Khabiousokari, etc. On remarque l'enchevêtrement, sans doute fautif, des deux titres « prophète de Sit » et « régent divin de Busiris ».

Au registre supérieur de la stèle, la même série une troisième fois, avec les éléments additionnels déjà rencontrés au montant de droite. Un peu de confusion dans les dernières colonnes, à remettre en ordre, dans la pensée du graveur, comme il suit : ^ftftiwf|\^']JJl3j^Ç?'^

T lli 1^^^ S Khabiousokari, etc. Même imbrication que dans le cas précédent, des titres « prophète de Sit » et « régent divin de Busiris ».

La deuxième série,titres civils, estfournie parle tambour cylindrique et le montant de gauche. Le tambour donne :

Hetes, etc.; et le montant gauche : Y^y'^'^^ ^

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ri, etc. Traduction du texte du montant : « Le clief des gardiens des portes du Sud et du Nord («), chef des piqueurs, des porteurs de couteau et des porteurs de lacet (5), chef des carriers, chef des bouviers (?),chef du service des ouvriers (c), instruit de ce qui est bon au cœur de son maître, prophète de Safkhaboui,Khabiousokari, surnommé Hetes ». Tout en haut du montant, comme à l'endroit correspondant du montant de droite, encore une fois : « Hetes, petit nom ».

a. Sckhem routiou etc. C'est le même titre, sous une forme un peu différente, qu'on retrouve au tombeau d'Amten écrit

T'miïr^'^'^ , s TTJ^ S>^~' ' à lire sans doute sekhem atiou^ :

le signe d'homme assis est le même que chez Khabiousokari, la plume aux genoux au lieu d'être plantée dans la chevelure, et ce signe paraît être, dans l'un et l'autre cas, non un mot distinct ari, mais un déterminatif du mot ati ou routi, « portier » : le détail de la plume indique que la fonction a rapport aux régions étrangères. C'est qu'en effet il ne s agit pas d'un titre de cour, mais dune fonction militaire effective et des plus importantes : Khabiousokari, comme un peu plus tard Amten, était chargé de la police de la lisière du désert en tous les points où des débouchés de vallées, des portes, donnaient accès aux sentiers de la montagne dans la plaine cultivée. Comme celles d'Amten, également, les fonctions de Khabiousokari semblent s'être étendues à tout ce qui touche le désert, l'exploitation des carrières, les pâturages royaux et, comme on va voir, le service des chasses.

b. C'est ainsi, en effet, qu'il faut sans doute interpréter les titres du groupe b. Amten, nous l'avons rappelé déjà,

était Ç j-5 y>\^^^ , « chef des meneurs de chiens-, »

1. Aeg. Jnsck. Beri, p. 79, 83, — LD II '6. Maspero comprend, d'une manière sensiblement différente : « primat de la porte occidentale » [Et. Egyptiennes, II, p. 188-190).

2. Mêmes publ., loc. cit. Cf. Maspero, Et. Egyptiennes, II, p. 177-182,

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chef des chasses, et les possesseurs des deux cylindres Ahydos III, 18,25, examinés ci-avant (chap. III, §111, B), portent le même titre ; chez Khabiousokari, le même service est désigné d'une manière plus complète, d'abord par le même mot nouti, puis par un deuxième, exprimé par un signe inconnu dans lequel on croit voir un couteau de silex emmanché de bois ou de métal ' , enfin par un troisième mot

écrit alphabétiquement, ,,,®^ au tambour cylindrique, @ au montant gauche, î^,-^ au montant droit et au registre supérieur de la stèle : il semble qu'on puisse y reconnaître

le mot ^ ^ de l'orthographe ordinaire. On obtient ainsi les divers éléments de la traduction proposée plus haut, et il paraît évident que les hommes aux chiens, les hommes au couteau et les hommes aux cordes ou au lasso sont trois catégories d'agents du service des chasses royales.-

c. « Chef du service (?) des ouvriers ». Sur la lecture et le sens du signe à la ligature pendante, qu'on assimile en

as, « service », nous

général au signe et au mot ^ n'avons rien à ajouter aux observations faites ci-avant, chap. II, § II, à propos de certaines empreintes de cylindres au nom de l'Horus Noutirkha.

Observons encore que la série des titres civils qui nous occupe n'a été laissée sans mélange qu'au tambour cylindrique; au montant gauche, pour remplir un espace vide, on a emprunté à la série des titres religieux celui relatif au sacerdoce de Safkhaboui.

Il ne reste plus à étudier maintenant que les liste d'offrandes, ce qui ne présentera pas une très grande difficulté après tout ce qu'on a vu à propos des stèles de Tetianklini et de Nofir. Chez Khabiousokari, pour la première fois, la liste développée prend place au-dessous du tableau carré

1. Le signe est reproduit à graade échelle dans Murray, Saqqarah I, pi. XXXIX, n° 63. On sait que plusieurs couteaux de silex ainsi emmanchés figurent dans nos collections; ce sont parfois d'admirables objets, avec manche de métal précieux repoussé ou ciselé.

248 II* ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES

OÙ l'on voit le défunt attablé devant le repas funéraire; de plus elle occupe encore le registre inférieur des deux montants latéraux, sous les pieds du défunt debout.

Tableau carré supérieur, immédiatement au-dessous de la liste des titres religieux : le défunt assis, face à droite, devant la table. Devant lui, liste d'offrandes sommaire comme chez Abnib, Tetiankhni et Hesi : le lavage des m^ins iadit, l'encens, les deux essences hati, l'huile safti^ le vin, puis deux pains, le ta rethou bien connu à l'époque

memphite et un Q ^^ oiir, spécial aux listes de l'époque où nous sommes et que nous retrouverons chez Rahotep, chez Amten et chez Merab; puis le gâteau shat et les fruits ashdit\ au-dessous, sur quatre plateaux, les pièces de viande sout et aoua, la volaille send et le quartier seper. Au-dessous de la table, le résumé habituel : » Aliments solides etliquides, vêtements, étoffes, par milliers )j.

Au-dessous du tableau carré commence la liste développée, et tout d'abord, en un large registre comprenant deux lignes horizontales supportées par des rangées de signes « mille », la pancarte des étoffes. Aucun détail nouveau ne vient s'ajouter, ici, à ceux que nous avons notés et discutés à propos des pancartes similaires chez Tetiankhni et Nofir; nous y renverrons donc pour tous renseignements, nous contentant de donner l'interprétation probable du tableau dans le cas actuel : Etoffes funéraires des espèces aa et sounou^ à un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit et neuf brins sesef: mille pièces de chaque catégorie ».

Au-dessous, liste d'offrandes en tableau compartimenté, deux lignes supportées par des rangées de signes « mille » ; des catégories sont définies par des titres généraux inscrits, au-dessus des lignes, dans des cases s'étendant horizontalement. Sous le titre __ % ^^^^ sesha, dont le sens est inconnu, — le même mot se rencontrera, écrit un peu différemment, au tombeau de Nofirmat à Meïdoum, —

se rangent un vase %^^ ■> un vase ^^ % une pierre à broyer le grain ^ ^ et un vase '^"^ j jj ^ î chez Ra-

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hotep, comme nous verrons, ces quatre objets, augmentés

d'un autre vase ^—^ X > forment une série dont les

cinq noms sont tous précédés d'un grand signe de pain ovale; par contre, sur la stèle de Hàthornofirhotep que nous verrons dans un instant, les vases hout et nemsll, ainsi que la pierre akhi, rentrent dans la catégorie ^eMpjV, les « bières », de sorte qu'il ne faut peut-être pas attacher trop d'importance à ces classifications. Seul de la série, le vase ncmsit est connu plus tard dans les listes memphites.

Viennent ensuite, sous la rubrique sekhpit, « bières »,

deux noms inconnus par ailleurs, ^^^ '!^^ et ^j^^ Jf ; le premier seul se retrouvera tout à l'heure, <-.hez Hàthornofirhotep, dans la même catégorie. Ensuite, sous le titre

^ mirhiti « huiles », les cinq essences ab, shesit, seferou, asti etashou, que nous avons assez longuement passées en revue à propos des essences mentionnées sur la stèle d'Abnib (ci-avant, même §, A); nous n'y reviendrons pas.

Ensuite, en tête de la ligne suivante, trois substances

dénommées en général ^ "^^ " ^^, mot de sens inconnu qu'on rencontre seulement, par ailleurs, dans les inscriptions d'Amten, et déterminées par trois vases de forme

identique : la première se nomme H--^ ^ et se rencontre dans le tableau carré des stèles de Rahotep et d'Amten; la

seconde,®! \i et la troisième, ^ | J], sont inconnues partout ailleurs que chez Khabiousokari.

La catégorie suivante comprend deux substances, sous

le titre () y, mot inexpliqué dont nous verrons d'autres exemples dans les listes de Rahotep et de Nofirmat et que Ton connaît encore sur un cylindre de l'Horus Den {RT II, 144) et un cylindre de l'Horus Ranib examiné ci-avant (chap. II, § V). Les deux substances, complètement incon-

250 Ile ET nie DYNASTIES ÉGYPTIENNES

nues par ailleurs et déterminées par deux vases, sont

__ et ^ r.

Vient ensuite un autre groupe de deux substances en

vases, tout aussi inconnues que les précédentes, '^^ et

; la dénomination d'ensemble du groupe est

Voici enfin le mobilier, où nous allons rencontrer quelques objets mieux connus, ettout d'abord, deux objets

en bois de | Lq^ \ "^ ^ , mot dont la fin en lacune se rétablit à l'aide de la liste de Hathornofirhotep. Ces objets sont le bizarre escabeau à plate-forme inclinée nommé

J] ^^ , « siège en bois », que nous retrouverons, sang parler de la chapelle de Hathornofirhotep, chez Raholep et chez Amten, quelquefois nommé khit asit « bois de

siège » ; en second lieu, le jl( © ^, « dossier en bois », sorte de plateau rectangulaire qu'on rencontrera dans les mêmes listes que le précédent objet. Après les meubles en ho'\s àesaz, voici deux derniers meubles rangés, on ne

sait pourquoi, sous le titre général .;;—-, |°|, « objets

peints »; ce sont la table ou fauteuil | | *^^*, qu'on retrouvera chez Hathornofirhotep parmi les meubles en saz et qui est également connu chez Rahotep et chez Amten, et pour finir, un objet bien connu à toute époque, le

chevet

Au-dessous du tableau quadrillé, tout en bas de la stèle,

sont figurés et nommés le grand bœuf /H , le bœuf plus

jeune 4 0 (^ l^s volatiles J,, zati et | , sarou. On remarque l'analogie de plusieurs détails graphiques avec ceux de la stèle de iNofir étudiée plus haut; cette analogie est rendue très frappante par la figuration des huit signes [\/~\/i qui viennent ensuite, en deux registres, chacun d'eux ren-

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fermant le nom d'un fruit ou d'un grain; on lit encore les noms de o°o «^1^ «blé (?), », besh (rencontré chez Nofir), deb^ « figues )),«5/?û?ow et /iow«, tous bien connus à toute époque. 11 ne reste plus à parler que de la petite liste complémentaire qui se répète, en deux exemplaires presqu'identiques, à la base des montants de droite et de gauche. Presque toutes les mentions qu'on y rencontre sont bien connues. A gauche, dans les sept cases du premier registre, cinq liquides déterminés par des jarres, puis le vin arp et le raisin iaririt\ les cinq liquides sont la « bière douce »,

une boisson inconnue ^^ .= a? la bière sekhpit, le vin de

dattes fraîches banit ouaz^ et une autre boisson incon-

nue ^^ ^. A droite, dans les sept cases symétriques des précédentes, les mêmes substances, sauf que le raisin est

remplacé par une variété de viu connue, S D û l- On voit, d'après la place qu'occupent dans l'énumération les deux boissons khenaa et qai, que la première est sans doute une bière, et la seconde un vin.

Au registre inférieur du montant de gauche, sept cases encore, avec sept noms de grains ou fruits déterminés par le signe du grenier [\A/i : figues dcb, figues nebs, grain AoM«, fruits ashdou, grain àeskhatyeTi^grdiinagout, grain de skhat blanc; tout cela, qui est bien connu, se retrouve dans le même ordre au registre inférieur du montant de droite, sauf qu'au lieu du grain agout, dans la sixième case on a le raisin iaririt.

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