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PÉRIODE DES CHAPELLES EN PIERRE ENCASTRÉES DANS LE TOMBEAU EN BRIQUES

A partir du moment où la simple dalle de pierre inscrite, enchâssée au fond de la niche centrale de la chambre aux parois de briques ménagée dans la superstructure du tombeau, se fut amplifiée jusqu'à devenir une haute niche de pierre avec tambour cylindrique, linteau et montants latéraux sculptés, du type du tombeau de Khabiousokari, il ne se passa certainement pas un temps très long jusqu'à ce

1. Décrite et publiée ea photographie par Capart dans Ann. de la Soc. d'archéologie de Bruxelles, XIV (1900), p. 316-319 et pi. XXVIII, et dans Les débuts de l'art en Egypte (1904), p. 254, fig. 851. Cf. VViedemann, Or. Litteraturzeitung, I (1898), col. 270 et n. 1, et Capart, Bec. de Monuments, I (1902), texte. La publication de Capart en 1900 est la seule où l'on trouve citée complètement l'inscription du socle. Noter, d'autre part, dans Les débuts de l'art, p. 254-255, les analogies remarquables signalées par Capart entre cette statue de Retaz et la statue de femme anépigraphe de Bruxelles, u° 3330, figure debout eu calcaire reproduite aux pi. XXIV, XXV, XXVI du même ouvrage.

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que le revêtement en pierre eût envahi toute la surface des parois de la chambre et du couloir d'accès : ainsi prirent naissance les chambres en pierre, plafonnées en pierre, (jue les derniers mastabas de cette époque récèlent dans leur masse de briques.

Nous possédons, à Meïdoum, plusieurs spécimens complets de ces chambres, dont le type normal est celui de la chapelle de Rahotep, identique dans son plan à la chapelle contemporaine du tombeau d'Amten. Un couloir s'ouvre dans la paroi du mastaba, au milieu d'une petite façade légèrement en retrait ; il débouche dans une galerie transversale, c'est-à-dire parallèle a la façade, dont les deux branches s'étendent également à droite et à gauche, et dont la paroi du fond, vis à vis de l'entrée, s'approfondit en une niche tracée à redans; le tout a la forme d'une croix. Ce plan n'est autre, comme on voit, que celui même de la chapelle de Khabiousokari, mais les parois de briques décorées de rainures verticales, au fond de la chambre, sont partout remplacées par les parements plans des pierres de taille qui forment jusqu'au cadre de façade de la baie extérieure.

Façade, couloir, chambre, niche du fond, tout ce qui est en pierre est couvert de tableaux et d'inscriptions. La niche centrale est décorée et inscrite à la manière de la stèle en pierre de la période antérieure, mais partout ailleurs, les parois de la chambre et du couloir portent déjà les vastes représentations d'offrandes, les reprodu(;tions de scènes de la vie ordinaire qui appartienent aux chambres funéraires des tombeaux des temps suivants. iVvec les tombeaux de Meïdoum et celui d'Amten, qui appartiennent d'ailleurs à la fin du règne de Snofrou et au début de celui de Kheops, commence donc une période épigraphique nouvelle, qui sort à moitié des limites imposées à la présente étude; nous disons à moitié, car d'une part, les caractères delà niche centrale n'ont pas changé, et d'autre part, si les éléments des représentations figurées et des titulatures de l'époque memphite sont déjà réunis, il n'en est pas de même des formules religieuses, qui s'essaient encore

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avec beaucoup d'irrégularité et une extrême concision, et dont il faudra au moins que nous suivions les premiers pas. Nous nous garderons, cependant, de nous engager dans l'étude détaillée des inscriptions comme nous l'avons fait pour tous les monuments qu'on a vus plus haut, car nous ne pouvons avoir ni la prétention ni le désir de recommencer ici, pour Meidoum, l'œuvre de Mariette et de Pétrie, et pour le tombeau d'Amten, l'œuvre combinée de Lepsius, de Maspero et de Schâfer.

Nous nous bornerons à résumer, rapidement, ce que renferment les inscriptions de ces tombeaux. Nous nous arrêterons plus attentivement à quelques monuments de la même époque qu'il sera utile d'étudier en détail parce que ces remarquables fragments, beaucoup moins connus, sont en grande partie inédits et, pour un même édifice, dispersés dans plusieurs collections européennes : telle est la chambre funéraire de Khoutaa, au musée du Louvre et au musée de Berlin. Nous essaierons, pour terminer, de fixer la situation chronologique exacte de quelques anciens tombeaux connus depuis longtemps, et nous arrêterons cette histoire, dans le domaine épigraphique, au seuil de la période des formules religieuses memphites une fois constituées.

A. — Tombeau et statue de Khoutaa, Louvre et Berlin.

Le mastaba de Khoutaa, contemporain de celui d'Amten et probablement disposé de même, était un tombeau en briques dans le flanc duquel s'ouvrait, par un étroit couloir, une petite chambre cruciale bâtie en pierre. D'après la provenance de certains fragments de Berlin, le tombeau était situé à Abousir. La plus grande partie de la chambre est perdue ou détruite, y compris la niche centrale de la tête de la croix, et les principaux des fragments conservés sont les deux grandes dalles symétriques qui encadraient l'entrée du couloir d'accès depuis le parement extérieur de l'édifice jusqu'à une petite distance dans l'intérieur : ce sont les célèbres pierres B 1 et 2 du Louvre, dont les in-

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scriptions identiques nous ont conservé l'ensemble d'une titulature complète avec représentation figurée.

On connaît depuis longtemps d'autre part, à lîerlin, les deux blocs 1141 et 1142 provenant d'Abousir que publiait déjà Lepsius [LD II, 39 «, b) et qui mentionnent le culte funéraire du roi Nibkari ; ils ne portent pas de nom propre, mais l'analogie de leurs inscriptions avec celles des fragments du Louvre est telle, qu'ils proviennent certainement du même tombeau. Cubiques, parementés et inscrits sur deux faces à angle droit, symétriques entre eux de forme et d'inscriptions, ces deux blocs entraient dans la construction de deux arêtes symétriques de la chambre^ à la même hauteur de part et d'autre, soit des deux arêtes que forme le couloir d'entrée à son débouché dans la branche transversale, soit plutôt, à en juger par l'orientation des hiéroglyphes, de deux arêtes symétriques de la niche du fond.

A la même chambre ont peut-être également appartenu les blocs très analogues 15.302 et 15.303 du musée de Berlin. Chacun d'eux, comme les précédents, est inscrit sur deux faces à angle droit, avec trois et deux colonnes respectivement, sur les faces; comme nous le verrons, ils étaient directement superposés l'un à l'autre dans la construction d'une même arête, qui, d'après la disposition des hiéroglyphes, était de disposition parallèle à celle qui comprenait 1142, et de même sens.

Voici enfin, toujours au musée de Berlin, n° 14.277, la propre statue de Khoutaa, avec son nom précédé d une titulature qui ne laisse aucun doute sur l'identité du personnage avec celui de B 1-2 du Louvre. Nous allons procéder à l'examen successif de ces diverses inscriptions.

Louvre, B. 1, 2'.

Bien que les différences de disposition graphique, qui

1. Décrits par Rougé, Notice des monuments exposés etc., 1849, p. 28, 1852, pp. 44, etc., toutes éditions suivantes. Les inscriptions ne sont point absolument inédites ; le texte de la face principale est publié, d'une manière extrêmement sommaire d'ailleurs, dans Pierret, Recueil d'inscr. inédites du musée égyptien du Louvre, II (1878), p. 74.

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ne portent d'ailleurs que sur l'inscription de la tranche avant, soient minimes, il n'a point paru inutile de reproduire ici les deux panneaux côte à côte (pi. VI). Ils formaient, pour l'arrivant, les parements droit et gauche du couloir, à l'entrée, et l'inclinaison du bord avant de la pierre est celle même du revêtement extérieur de la façade du tombeau. La tranche antérieure, dans le plan de ce parement incliné, porte une colonne d'écriture du haut en bas ; la face principale montre Khoutaa debout, face à l'arrivant, porteur de la massue et de la canne comme la plupart des personnages des représentations de cette époque; au-dessus de lui, inscription de cinq lignes verticales et une horizontale, légèrement mutilée le long du bord gauche de la pierre, sur B 1, et qu'on restitue à l'aide de l'inscription symétrique de B2; devant le personnage, enfin, figure une courte légende « régent du palais », sans le nom propre. Quant aux autres inscriptions qui figurent devant le personnage, sur B 1 seulement, grossièrement ménagées en relief par approfondissement du champ primitif, elles sont d'une date postérieure.

L'inscription supérieure de la face principale comprend des titres nombreux, dont beaucoup sont connus, sinon complètement expliqués encore. Tels sont, au début, "^^

et Ijl ^ Q f^. Ce qui suit est non moins connu

et un peu plus clair : « Celui qui prononce les paroles

du chef des approvisionnements funéraires ', le chef de

kiosque... » ; puis un titre j ^^ \ que nous n'avons pas rencontré encore, et qui est identique au titre skhem nesti connu sous l'Ancien Empire' et au temps de la XIl- dynas-

1. Cf., pour l'ensemble de ce titre, Maspero, Et, Egyptiennes, II, pp. 208, 257-258 ; pour le service dénommé Air outhou, v. ce qui est dit plus haut, chap. II, § III, A, à propos du cylindre RT II 197 de Khasekhmoui.

2. Y -^ I m chez Ptahsankhou, Rougé, Inscr, hiérogl,, V; V ^ „

chez Samnofir à Gizeh, Mariette, Mataba, p. 529-530,

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tie'; le titre, ici, s'applique au service connu liir outbou hailaiikh : « chef du siège des offrandes funéraires de la chapelle du Vivant* ».

Vient ensuite le titre encore inconnu de nous « chef du sanctuaire inerLi » que nous retrouverons dans les inscriptions contemporaines de Meïdoum. Comme on le verra par les divers exemples que nous rencontrerons, merti est ici le nom de la chapelle représentée par le signe de l'édifice archaïque qui précède, signe qui exprime ordi-

nairement, comme on sait, le nom de ^^^^é., le sanctuaire; la valeur we/Zt paraît spéciale à l'époque oîi nous sommes.

Ensuite, un autre titre inconnu, ^rzi ^^^s services ^ <7.9(?); nous avons signalé plusieurs fois, ci-avant (v. notamment chap. II, § II, à propos des cylindres Kl, 5, «, b de iNoutirkha), ce que la lecture et le sens de ce dernier signe comportent encore d'indéterminé. Puis, « chef du mater », expression connue à cette époque, sinon expliquée, et déjà rencontrée par nous sur divers cylindres [Abijdos II, XVI, 9, Hierakoiipolis II, LXX, 10, 14, 22) et sur la stèle d'Abnib (môme chap., § II, A) ; puis, « inspecteur [am irai) de tous les travaux du roi »; puis, le titre

difficile à comprendre i | ^^ , « chef des suivants des canaux (?) », qu'on verra figurer également sur les blocs 15,302-3 de Berlin et que nous avons déjà rencontré, sous la ïorme simple skhem shesou, sur le cylindre K5,8deNoutirkha (chap. II, § II).

Ensuite, un titre sacerdotal relatif au dieu Min ou Khem,

I ^ ; pour la présence du nom de ce dieu dans les

rzrrrm

= LD II 81, linteau; cf. au même tombeau, dans LD II 79, V q) jj\^

tout court, et aux montants de la stèle, Y [ m ^ ; noter enfin | m à Hatnoub sous Papi I, Sethe, Uilcundea d . allen lieiclis, II, p. 96.

1. Chez Thothotep à El-Bercheh ; chez Hapizefa à Siout ; v. Mariette Mon. divers, 68 a.

2. Pour hir outhou kâll ankh, se reporter aux endroits signalés à ia n. 1 de la p. précédente.

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inscriptions antérieures à la IV* dynastie, v. ce qui est dit ci-avant (chap. III, § II, A), à propos du cylindre BT U 189 d'Abydos. Quant au titre religieux exprimé par le groupe

l ^ , non seulement on ne sait ni 1 interpréter ni le lire, mais encore il est inconnu partout ailleurs qu'au tombeau de Khouaa ; nous le lirons encore, un peu plus loin, sur les blocs 1141-2 de Berlin. Vient ensuite un groupe de titres que nous retrouverons, presque pareil, dans l'inscription

de la statue, 1 U t U |. Le signe [ZD, autour du groupe semer, a été enlevé au ciseau tant sur B 1 que sur B 2, mais sa trace reste bien visible; il est assez difficile de comprendre pourquoi cette correction a été faite, étant donné

qu'à cette époque | \ et ^~^ \ \ sont très probablement deux manières d'exprimer le même titre. On sait que semer, plus tard, ne cesse jamais de se maintenir, comme titre, à côté de la forme plus complète semer oiia, qui apparaît, à ce qu'il semble, au début de la IV® dynastie. Chez Soutenka à Gizeh {Rougé,Insc. hiérogl., LXIII, LXV), à peu près contemporain de Rahotep à Meidoum, on trouve tantôt | J ^ et tantôt | \\ même coexistence des deux formes, un peu plus tard, chez Merab dans la chambre funéraire bien connue du musée de Berlin, et chez Tenti à Gizeh (LZ) II, 30). Mais Khouhotep, contemporain à Saqqarah de Rahotep (ci-après, même §, D) n'est pas semer oua,

mais I ?<;,.,, combinaison qui passe chez Khafriankh à

Gizeh [LD II, 9, 10, U), sous la forme y \ ^ ; plus tard encore, Safkhabouihotep, Samnofîr, à Gizeh (LD II, 23, 27),

bien d'autres encore, sont | T tout court et ignorent semer oua. Cette dernière forme, qui n'arrive à prédominer, comme on voit, qu'assez tard, est complètement inconnue avant l'époque de Rahotep et l'on ne voit paraître, jusqu'alors, que semer seul ou diversement complémenté. G est ainsi que chez Nofirmat, àMeïdoum, un peu antérieur

à Rahotep, le titre | | est extrêmement fréquent et appartient à un grand nombre de personnes (Pétrie, Mcdum, XVII, XVIII, XX, XXIII, XXIV, XXVI). Longtemps auparavant, diverses stèles archaïques d'Abydos fournissent

(40 et 43 de Pétrie, RT I, XXXI, XXXVI) 9l^ îP (i|

et 1 1 4r ■=? , et 48 de la même série, la remarquable stèle

de Sabouf {RT\, XXX, XXXI, XXXVI), donne ^ Tl . Dès cette époque, donc, était employée la forme « ami de la maison royale », qui donne lieu plus tard, par l'intermédiaire de I T <>.=> déjà cité chez Khouhotep et Khafriankh,

à l'écriture simple ' ' | T de certaines inscriptions de la

IV® dynastie et des époques suivantes*. On voit qu'en ce qui concerne la titulature deKhoutaa, on avait commencé

par lui attribuer le titre sous cette dernière forme ' ' | | ,

après quoi l'on estima qu'il y avait erreur et la forme simple semer fut préférée^

Vient ensuite le titre 4 1 i «régent royal », puis, en tête de la cinquième colonne, une qualification des plus intéressantes dont B2, moins détérioré en cet endroit,

1. V. par exemple, les inscriptions de Nibes et Iritanes à Florence ; Berend, Principaux mon. du Musée Egyptien de Florence, p. 36, 59, et

cf., pour 1 époque de Dadkari ou une date postérieure, ' ^ 1 T

dans Mastaba, p. 4'i6-447.

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