‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 10 sur 163 · VI. 6 ; vui. 17 ; xi · texte numérisé non relu

VI. 6 ; vui. 17 ; xi

3. Nombres, viii. 10 (consécration des Lévites) ; xxvii. 18 (Moïse impose les mains à Josué, «homme en qui réside l'esprit»). C'était la forme usuelle de l'installation des rabbins ou des membres du Sanhédrin, la

quelque sorte obligatoire de la transmission de l'esprit saint, avec un certain parfum sacramentel.

On voit déjà poindre ici l'idée sacerdotale d'un pouvoir spirituel propre à une certaine catégorie de disciples et ne procédant pas de l'intensité toute spéciale de leur foi, mais simplement de leur dignité jDrofessionnelle. C'est une conception chère à l'auteur des Actes, que nous retrouvons sous une autre forme dans le discours qu'il fait adresser par Paul aux anciens d'Éphèse ^ . Mais les récits mêmes au cours desquels il l'exprime nous apprennent à quel point ce. caractère sacerdotal de l'apostolat était étranger à la tradition ambiante. Les apôtres, en efîet, ne sont pas seuls à recevoir le Saint-Esprit pour le transmettre aux autres fidèles. Le jour de la Pentecôte, on nous dit que tous les assistants, indistinctement, furent remplis du Saint-Esprit (ii, 4) ; après la première comparution de Pierre et de Jean devant le Sanhédrin, même dispensation à tous les fidèles réunis autour des deux apôtres remis en liberté (iv. 31). Les diacres auxquels les apôtres imposent les mains, ont été choisis parce qu'ils étaient pleins d'esprit saint et de sagesse même avant l'imposition des mains (vi. 3 à 6). Si le baptême conféré par le diacre Philippe aux Samaritains ne sufiBt pas à leur assurer la communication du Saint-Esprit, — quoiqu'il eût lui-même reçu l'imposition des mains d'après l'auteur des Actes

na''ttB ; voirE. Schûrer, Geschichte desjûdischen Volkesim Zeitalter Jesu Christi, 2" édit., IL p. 152 ; F. Weber, Die Lehren des Talmud, p. 130. — Il résulte toutefois des citations reproduites par ce dernier auteur, p. 123 et p. 186, que dans la théologie talmudique l'idée d'une communication de l'esprit de Dieu s'associa également à la transmission des pouvoirs par l'imposition des mains.

L'imposition des mains semble avoir été à l'origine un simple geste de désignation de la personne que l'on installe dans ses fonctions ou que l'on introduit dans un collège (voir l'explication de Maimonides donnée par Selden, De Synedriis, I, p. 552),

1, Voir aussi dans les formules de la conférence de Jérusalem (Actes, xv) l'assimilation des apôtres aux grands prêtres.

(vi. 6), — il n'en est plus de même lors de la conversion de l'eunuque éthiopien et au cours des voyages d'évangélisation de Philippe le long de la côte phénicienne (viii. 38-40). Enfin Ananias, un simple (jiaeïitTi;, à Damas, impose les mains à Saul pour qu'il soit rempli du Saint-Esprit (ix. 10 et 17). De même le pouvoir de faire des miracles n'est pas attribué aux seuls apôtres. Etienne à Jérusalem et Philippe en Samarie en font autant (vi. 8, et viii. 6). Il n'y a donc pas à proprement parler de difïérence spécifique entre les apôtres et les autres membres de la communauté ; il n'y a pas de pouvoir surnaturel inhérent à leurs fonctions et inaccessible à d'autres fidèles. Ils sont les primi inter pares, les premiers dépositaires de la parole du Christ, les témoins de sa vie et de sa résurrection. Ils ont une dignité toute morale et une autorité spirituelle qui tient à la supériorité de leurs capacités et de leur zèle, à la puissance toute spéciale de l'esprit saint en eux. Voilà pourquoi ils sont les instructeurs^ les guides, les conseillers de la communauté, censeurs des délinquants tels qu'Ananias; ses administrateurs \ pour autant qu'il peut être question d'administration dans des conventicules; ses serviteurs matériels jusqu'à l'institution des diacres. Mais ils n'en sont pas les maîtres. La communauté est souveraine. C'est elle qui décide, sur la proposition de Pierre^ de choisir un apôtre et qui procède à ce choix par la voie du sort. C'est elle qui décide d'instituer des diacres et qui en élit sept. Lorsque l'apôtre Pierre s'est permis de prêcher la parole de salut à des païens et de les faire baptiser, il est appelé à rendre compte de sa conduite, non seulement aux autres apôtres, mais encore aux frères judaïsants (xi. 1 sqq.). C'est toute l'Église, — et non pas seulement les apôtres et les anciens, — qui choisit des délégués pour régler avec les chrétiens d'Antioche la question des obligations légales à imposer aux chrétiens d'origine juive (xv. 22). Pierre, sans

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