Voir aussi Ép. aux Hébreux, xi
Mais ici, comme lorsqu'il s'agissait des communautés visées par les Epîtres pastorales, il ne faut pas aller jusqu'à s'imaginer qu'il fût suffisant d'être un homme âgé pour être ipso facto un presbytre. Sans doute l'auteur de / Pierre, après avoir exhorté les presbytres à être des modèles de piété, recommande aux jeunes gens (vEo^ispot) d'être soumis aux presbytres; mais il ne s'ensuit pas que la communauté fût divisée en deux collèges : les seniores et lesjuniores. La recommandation adressée spécialement aux jeunes gens d'être soumis aux directions des presbytres s'explique bien suffisamment par le fait que, de tout temps, les jeunes ont été disposés â rejeter le joug des vieux et à les considérer comme des radoteurs, ennemis de tout progrès. Un gouvernement ecclésiastique composé de gens le plus souvent âgés et qui avaient fait leurs preuves, devait se heurter à l'opposition des fidèles qui aspiraient à les remplacer. Tant que la nature humaine sera ce que nous la connaissons, les choses se passeront ainsi. Il est tout à fait inadmissible que Tauteur ait chargé tous les hommes âgés d'être les bergers du troupeau. Un troupeau ne se compose pas seulement d'agneaux ^
En passant de la/'® Épître de Pierre à YÉpître aux Hébreux, on se rend compte dès le premier moment que l'on aborde une situation ecclésiastique, de même nature au fond,mais dont le développement est déjà plus avancé. Il n'y est toujours pas question d'episkopos. Chose curieuse, il n'y est pas non plus fait appel à l'autorité apostolique^ pas plus que dans I Pierre, la suscription mise à part. On dirait que pour Tauteur les apôtres n'existent pas. Il réserve la dénomination àTCoaxoXot; pour Jésus", tout comme l'auteur de / Pierre lui
1. Voir plus haut la discussion détaillée de cette erreur, p. 324 et suiv.
2. III. 1 (tÔv aTOffToXov xal àpy^iepiv. x-î)? op-oXo^'-aç '^Jj-^ôùv 'Itqctoùv). Il est assez curieux d'observer que, par une coïncidence probablement fortuite,
réserve le titre d'ÈTtiazoïroç ; et de même que celui-ci qualifie Pierre de TupeaSkspo;, de même l'auteur de VÊpître aux Hébi^eux semble comprendre les apôtres sous le nom collectif des -nrpsagjTepoi qui Ont souffert pour la cause du Christ (xi. 2). Ce dernier terme, en efïet, ne figure plus dans son vocabulaire pour désigner les conducteurs de la communauté; il est réservé aux hommes du passé, dont l'enseignement et l'exemple doivent servir de norme aux chrétiens.
Les gouvernants de l'assojiation religieuse chrétienne s'appellent ici les 'VcoV^^'O' S d'un nom bien caractéristique de la chrétienté romaine^ qui ne se rencontre aux origines que dans les documents émanés d'elle et que nous retrouverons dans YÉpître aux Corinthiens de Clément Romain et dans le Pasteur d'Hermas.Lesens en est parfaitement clair; les -fiYOJiJisvot sont (( ceux qui conduisent, ceux qui dirigent » ; le mot est employé dans la version des LXX pour désigner des chefs qui exercent le commandement : rois, gouverneurs ou généraux \ On saisit tout de suite l'étroite parenté de cette dénomination et de la conception gouvernementale qu'elle
le titre àTûôaToÀoç manque aussi dans l'énumération des charismes de VÉpître aux Romains (o. s., p. 124 et 126).