‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 106 sur 163 · La trad. lat. rend SsaTtôxTjç par « paterfamilias · texte numérisé non relu

La trad. lat. rend SsaTtôxTjç par « paterfamilias

» raccomplissemerit des offrandes et des ministères^ eût lieu » au hasard et sans ordre, mais à des temps et à des heures )) fixes. (3) Lui-même a établi, dans sa volonté suprême, où » et par qui il veut que ces services soient exécutés, afin )) que tout se fasse saintement, d'une manière satisfaisante )) et agréable à sa volonté. (4) Ceux donc qui lui font leurs » offrandes aux temps prescrits sont bien reçus et bien- » heureux; en obéissant aux ordres du Maître, ils ne » pèchent point. (5) Car des fonctions particulières ont été » accordées au grand prêtre, et un lieu particulier a été » assigné aux prêtres, et des services spéciaux incombent » aux lévites. L'homme du peuple est astreint à des pres-

)) CriptionS laïques (ô Xaïx.àc avepwTroç toTç XaïxoTî T:poçTâYp.aatv 8É-

Ce curieux chapitre, où la thèse sacerdotale s'afiirme pour la première fois dans toute sa crudité, dénote que les rebelles de Corinthe ne voulaient pas se conformer aux instructions de leurs dignitaires pour la célébration de l'euchai^istie et la tenue des agapes, — ce qui explique l'intervention de la police corinthienne. Non seulement ils ne veulent pas observer les jours et heures fixés par leurs pasteurs, mais ils ne tiennent pas compte des règles déterminant quelles personnes ont le droit de faire des offrandes, en d'autres termes, ils méconnaissent les prérogatives de leurs épiscopes. Ils n'ont. pas encore accepté la distinction' du Xaïxàç àvepwTroç opposé aux prêtres et aux lévites. Ils ont le grand tort d'avoir conservé le vieil esprit démocratique de la communauté paulinienne, de'ne pas se plier aux prétentions de leurs gouvernants et de les destituer, suivant la vieille tradition hellénique^ -lorsque ceux-ci ne veulent pas exécuter les décisions de l'assemblée souveraine. Il n'y a là rien de gnostique; ce n'est pas un

1. Aeixoupyta;; il s'agit des services du culte et non des services d'assistance qui seraient qualiSés de Sta>covtaç. La vieille traduction latine dit: ministeria, dans les deux cas; cfr. ch. xli.

conflit de doctrine comme dans les églises asiatiques de la même époque.

Ce n'est même pas encore une manifestation de l'esprit qui inspirera plus tard le Montanisme, une revendication de la supériorité des charismes ou dons spirituels contre l'autorité toute formelle des gouvernants ecclésiastiques, alors même que les exhortations à l'humilité du ch. xxxviii, à l'adresse de ceux qui possèdent -des charismes, montrent qu'ils étaient aussi pour quelque chose dans la révolte. C'est tout simplement un incident, — d'autant plus remarquable pour nous qu'il est le seul dont le souvenir s'est conservé, — d'une lutte qui dut se répéter dans plusieurs autres églises du monde grec : la lutte entre les traditions démocratiques grecques et les tendances autoritaires qui se développent chez les presbytres et les épiscopes par le fait même des conditions dans lesquelles ils exercent leurs fonctions. De même que les dignitaires chrétiens des Pastorales s'érigent en défenseurs de la doctrine établie en reniant les principes de liberté spirituelle qui ont permis à cette doctrine de naître, de même les conducteurs des chrétiens de Corinthe prétendent donner un caractère intangible aux institutions établies dans leur église, en méconnaissant la souveraineté du peuple chrétien, libre de changer aujourd'hui l'organisation et le gouvernement qu'il s'est donnés la veille. Il n'y a pas de pires autoritaires que les révolutionnaires lorsqu'ils sont au pouvoir. Issus d'une réforme audacieuse opérée sous la direction des inspirés et des charismatiques par l'assemblée chrétienne, les presbytres de Corinthe estiment qu'il ne faut rien changer à l'organisation que leurs pères spirituels ont créée. Cette organisation, en effet, s'est constituée sous l'inspiration du Saint-Esprit ; elle a une autorité divine. Ils sont mal venus, ceux qui prétendraient changer au nom de la même inspiration divine ce qu'elle a précédemment institué ! Or, l'institution étant divine, les gardiens qui veillent sur elle et les dignitaires qui président à son fonction-

nement deviennent tout naturellement les interprètes et les représentants de la divinité. Clément est grand partisan de ces idées sacerdotales. Les adversaires des presbytres de Corinthe sont, pour lui^ des séditieux et la conciliation à laquelle il pousse consiste dans leur soumission pure et simple. Ils doivent se repentir de leurs fautes et céder « non pas à nous, mais à la volonté de Dieu ([jl-^ -h^yCiv, àXXà ^t'i» StsXt;-

[jLatt. Tou Sreoû) M).

Quels sont donc les conducteurs spirituels envers lesquels on réclame une pareille déférence? La Lettre de Clément mentionne des ir(o6iJ.zvoi ou TCporiYou[j.£vot, des upsaSûiepot, des sTTîaxoTrot et des otâzovot. Dos derniers il n'y a pas grand'chose à dire, sinon que la vieille traduction latine rend encore le grec otâxovoi par le terme général de « ministri» (ch. xlii) et qu'ils apparaissent ici, comme dans tous les autres documents primitifs^ intimement associés aux épiscopes'. Ils sont les serviteurs de la communauté, mais c'est par l'organe des épiscopes que la communauté leur donne les instructions quotidiennes.

Singulièrement plus délicate est la question des rapports entre les trois autres catégories de dignitaires. Il y a lieu de relever d'abord la présence incontestable de presbuteroi, dans cette communauté corinthienne où les épîtres de Paul nous ont appris qu'il n'y en avait pas quelque quarante ans auparavant. Ces presbuteroi sont des seniores ; c'est ainsi que les désigne la vieille traduction latine et, à plusieurs reprises, les vbot sont exhortés à avoir pour eux la déférence qui leur est due. Mais ici, comme dans toutes les occasions précédentes où la même opposition des anciens et des jeunes s'est présentée, il importe de ne pas se laisser induire en erreur par l'acception vulgaire de ces qualifications. Les anciens ne sont pas les vieux, mais les chrétiens notables

1. LVi. 1; uv ; Lvn. 1 et 2. ■ ■ 2. Voir plus haut, p. 162 et p. 259 et 301.

qui se sont distingués depuis longtemps par leur zèle et par leur dévouementV Ils ne sont pas un nombre indéterminé de chrétiens d'élite. Quoique le terme de irpeaSuTÉptov ne paraisse pas dans la Lettre de Clément, les presbytres de Corinthe, comme ceux dont parlent les Épîtres pastorales, forment un corps fermé, dans lequel il faut être admis. Le troupeau de Christ, est-il dit, doit vivre en paix avec « ceux qui ont été

institués presbytres » '(fiera xwv -/taÔEarajJLÉvtov TtpsaSuTÉptov) '.

D'ailleurs, ils sont les véritables détenteurs de l'autorité, puisque les divisions qui troublent l'église de Corinthe sont expressément qualifiées de « rébellion contre les presbytres ». Ils sont donc bel et bien un corps gouvernemental et non une simple catégorie de fidèles''.

Mais, quoi qu'en aient dit la plupart des commentateurs, ces presbytres sont distincts des -q^o^iie^oi ou conducteurs et des épiscopes. En ce qui concerne les premiers, la différence s'impose. A deux reprises les conducteurs et les presbytres sont mentionnés côte à côte de telle façon que, s'il ne s'agissait pas de deux ordres de dignitaires distincts, l'auteur se serait rendu coupable de la plus sotte des tautologies. «Vous » agissiez en toutes choses, écrit-il i . 3, sans acception de » personnes ; vous marchiez selon les lois de Dieu, soumis à » vos conducteurs et rendant aux presbytres qui sont parmi )) vous l'honneur qui leur est dû (uTCoraffdôfxevot toTç •;?)You{ji£vot(;

)) 6[iu)v xai Ttfj,r,v tfjV xa6rJy.ouaav aTcovÉfiovxSi; xoTç irap' u[j(.Tv Tcpeffêuxâ-

» po!.<;). » Et ailleurs (xxi. 6) : '.< Soyons pleins de déférence )) envers nos conducteurs, honorons les presbytres, instrui- » sons les jeunes dans la crainte de Dieu (toù; Trpo-riYoujjisvoui;

» '?jjjta)v aîo£(76a)[a£v, xoù; iraeaêuTÉpouç xi[i.r](T(!ù[i,£VJ Toùi; vâouç iDatSeuaio-

1. Voir plus haut, p. 76, 174, 324 et suiv., 347 et suiv. — Sur l'importance toute particulière accordée par les chrétiens de Rome à l'ancienneté de la profession chrétienne, voir p. 386.

2. Liv. 2. La vieille traduction latine qui, partout ailleurs, traduit Tcpeaêuxepot par senioreë, porte ici : « cum constitutis presbiteris. »

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