Voir plus haut, p
2. Kaxà ytôpaç oîv -/.a'. TïôXef.!; •/.Tip'j(T<70V'û£;< ■/.aO'!cT~avov Tàç aTtaoyàç a'j-wv, ooxijjiàaavxsi; Ttij TCVô'jfjiaxi, eîi; ÈTCta/.ôirouç xa'. SLaxôvo'j!; -rtov [jlcXX'-vtojv Tr'.o-xeuetv. La traduction latine diffère notablement ici : a Secundum mu- » nicipia ergo et civitates predicantes, eos qui obaudiebant voluntati » Dei baptizantes, preponebant primitiva eorum, probantes spiritu, in )) episcopos et ministres qui incipiebant eredere. » En présence de pareilles variantes on peut se demander si le texte n'a pas subi des remaniements.
3. Il y a en réalité dans les LXX : y.al owirw -o'j<; ap/^ov-uâç trou sv
410 LES ORIGINES DE l'ÉPISGOPAT
Cette citation inexacte ne suffisant pas à garantir la tradition inauthentique invoquée par Clément, il en appelle à l'exemple de Moïse qui, pour calmer les murmures des enfants d'Israël, soumit à la désignation de l'Éternelle choix de la tribu âlaqudle serait confié le sacerdoce (ch.XLiii)\La Providence divine n'a pas témoigné de moins de sollicitude aux origines de l'Église chrétienne. « Et nos apôtres, — ainsi )) continue Clément au ch. xliv, — savaient par notre Sei- » gneur Jésus-Christ qu'il y aurait lutte au sujet de la dignité » épiscopale* (1). Ayant de ce fait une prescience parfaite, » ils établirent les susdits [c'est-à-dire les épiscopes et les » diacres] et ils donnèrent ensuite comme instructions que, )) lorsque ceux-ci viendraient à mourir, d'autres hommes «éprouvés reprissent leurs fonctions' (2). Or ceux qui ont » été établis par eux ou ensuite par d'autres hommes notables
£Îpr]v;[j xai Toùç £7tiffxÔTtouç (Tou èv SixatoaûvTi (Esaïe, LX. 17). Il s'agit de la Jérusalem restaurée.
1. Y oiv No mbr^es, xvii. C'est l'histoire de la verge d'Aaron qui fleurit et porte des fruits alors que les verges des autres tribus demeurent stériles. Ici encore l'analogie invoquée par Clément est toute superficielle.
2. "Oti eptç eaxa.1 eirl toù ôvô[i.aToç ttjç iiitaxoTC^ç, c' est-à-dire pour le titre de l'épiscopat et non pour la dignité d'épiscope au singulier. — La traduction latine a: « quia contentio eritpro nomine aut episcopatu, » ce qui ne signifie rien.
3. Voici le texte de l'édition Harnack: Atà za6z-r\v ouv ttjv alxîav itpo- ■/vtocnv eîX'rjtoôxeç TeXôtav xaxsa'cyjaav -joùç TrpoetpïjjJLovouç, xat fxexa^ù Ittivojji'^v ISwxav oTTCoc, èàv xotjxïjôcocrtv, Siaâé^tovxai STepot 0£Soxt[xà(T(Ji£vot àvSpEC TY)v XEtToupyfav auTwv. — La vieille traduction latine a: « Propter hanc )) eausam, prudentiam accipientes perpetuam praeposuerunt illos supra- » dictos, et postquam legem dederunt, ut, si dormierint, suscipiant viri » alii probati ministerium eorum . » — L'évêque Lightfoot change le mot iTnvojjLv/ ( = partage, répartition), qui ne se comprend pas bien ici, en ÈTitjjiovv; (= persévérance, continuité). Pour les autres lectures voir les commentaires. 11 me semble qu'il faudrait lire: Èirt'cofi.rjv (= abrégé sommaire de leurs instructions). Le latin établit définitivement qu'il faut lire ici un mot signifiant: loi, règle, instruction.
» avec le consentement de toute réglise', ceux qui ont » accompli sans reproche leurs fonctions auprès du troupeau » du Christj avec modestie, tranquillement et sans arro- » gance, ceux qui depuis longtemps ont reçu de tout le » monde des témoignages de satisfaction, ceux-là nous ne » pensons pas qu'il soit juste de les destituer de leur fonc- » tion (3). Car ce n'est pas un petit péclié de destituer de » l'épiscopat ceux qui ont d'une manière irréprochable et )) saintement présenté les offrandes' (4). Heureux les pres- » bytres qui ont accompli leur course auparavant et qui ont » eu une délivrance (c'est-à-dire une mort) fructueuse et )) accomplie! Ils n'ont pas eu à redouter que quelqu'un les )) déplaçât du lieu établi pour eux^ (5). Nous voyons, en effet, » que vous, vous avez éloigné quelques bons administrateurs » de la fonction dont ils avaient été honorés et dont ils s'ac- » quittaient sans reproche (6). »
àvopwv c7UV£u8ox-;f)ffâ(77i(; T-^î sy.xX-iqafaç Tcàtrric, etc.
2. 'AjJiaoxta yàp où [jtr/.pà YjfxTv l'o-ûat, âàv zohç à[j.£[j(,7TTa)ç xa^ ôcrt'toç TrpoîcVEYXÔvxaç ■rà otopa xr,ç ÏTziay.0Tzr,ç àTtoêàXwjjtsv. La traduction latine a : « Peccatum enim non minimum nobis erit, si eos, qui sine querela et » juste obtulei'unt munera episcopatus, reprobemus. » Elle considère donc le génitif x-^; iTnaxoir?) ç comme dé|.jendant de.SS)pa et non de àTToêâXwfjLEv. Mais il faut observer qu'elle n'est pas exacte dans ce passage. Elle rend par r-eprobare le grec à-izo&iWza^n'. qui signifie bel et bien: rejeter, destituer (ejicere, repudiare). De même xà owpa signifie à proprement parler doua ou oblationes. Or, «munera episcopatus» n'offre un sens acceptable qvie si l'on prend munera dans l'acception de « charge ou fonction », mais « dona episcopatus » ne rime à rien. Il faut donc rattacher iri? ÈTTtay.o'irfjç à àTroêâXwjjiev comme deux lignes plus haut ZT,<; XetToupYÎKs à àTroêàÀXso-Gai.
3. Mr) Tiç aû-uo'jç fjtsxaarT-/; ari àiro to'j topDfjiévciD aùxotc; -cÔttou. S'aii;'it-il, comme le veulent MM. LightfootetHarnack, du lieu qui leur est' réservé après leur mort? Cfr. Polycarpe, Ejiist., 9; Irénée, Haer., V. 36. 1 sq.; Actes des Apôtres, \. 25: Bamabas, xix. 1. — La vieille traduction latine a : « Non enim verehtur, ne quis illos deponat de loco illo, » ce qui vise la déposition de la place qu'ils occupaient dans la communauté
Jamais il ne s'est vu que des justes soient persécutés par d'autres justes (ch. xlv). Joignez-vous donc aux justes, s'écrie Clément (ch. xlvi) ; rappelez-vous la lettre du bienheureux Paul. Il est honteux d'apprendre que la très solide et ancienne église de Corinthe soit en état de révolte contre ses presbytres (cb. xlvii). Implorez le Seigneur pour qu'il vous rende la paix (ch. xlviit.) L'amour fraternel en Christ est ce qu'il y a de meilleur (ch. xlix etsuiv.). Et après divers appels à la discipline et à l'humilité, il conclut ainsi, au ch. Lvii : « Vous donc qui avez été les auteurs des troubles, » soumettez-vous aux presbytres et laissez-vous instruire en » pénitence, courbant les genoux de votre cœur (sic)', ap- » prenez à être soumis, en vous défaisant de l'arrogance fan- )) faronne et superbe de votre langue. »
Ainsi la sédition contre les presbytres a consisté à destituer quelques épiscopes, quoiqu'ils eussent été régulièrement établis suivant les règles déclarées apostoliques par Clément et quoiqu'ils se fussent bien acquittés de leurs fonctions, parce qu'ils ne voulaient pas accomplir leur office selon les réclamations des mécontents. On en conclut que les épiscopes et les presbytres étaient identiques^ la destitution des premiers équivalant à un refus d'obéissance envers les seconds. Les presbytres du temps jadis ne sont-ils pas félicités de n'avoir pas été exposés à perdre leur situation? Cette solution cependant paraît plus simple qu'elle ne l'est en réalité. Notons en premier lieu que la destitution n'a porté que sur quelques presbytres et non sur tous (svtoui; ùiiv.s; jj.BZT^yâ'{£ie, xLiv. 6) et que la sédition atteint néanmoins les presbytres en général. Les autres presbytres ne faisaient cependant pas cause commune avec les rebelles. S'ils n'ont pas été desti-
de Corinthe. Et tel est bien le seul spns admissible, comme le prouve la phrase suivante, où il est reproché aux chrétiens de Corinthe d'avoir fait justement ce que les presbytres d'autrefois n'avaient pas eu à redouter, c'est-à-dire d'en avoir destitué quelques-uns de leurs fonctions épiscopales.
tués, c'estapparemment parce qu'ils n'étaientpasdestituables, c'est-à-dire parce qu'ils ne remplissaient pas de fonctions épiscopales, les seules que l'on pût leur retirer. Il en résulte que nous retrouvons ainsi à Corinthe une situation analogue à celle qui nous a paru se dégager de l'analyse des Épîtres pastorales ' : les fonctions épiscopales y sont confiées à des presbytres, probablement par les presbytres avec le consentement de l'Église (xliv. 3), mais la dignité de presbytre n'implique en aucune façon celle d'épiscope. Tandis que le corps des presbytres prend fait et cause pour ceux de ses membres qu'il a établis épiscopes, la communauté se refuse à les conserver ; elle s'insurge contre les presbytres en réclamant de nouveaux épiscopes ou de nouveaux règlements ecclésiastiques. L'assemblée souveraine de la communauté est en conflit avec sa pouXr; au sujet de ses administrateurs ecclésiastiques et disciplinaires. Voilà le véritable état des choses.
Si l'on assimile purement et simplement les presbytres de Corinthe aux épiscopes, on doit se trouver fort embarrassé des :?îYo.i{jL£voi qui sont très certainement distincts des premiers. Au contraire, en rétablissant le rapport des épiscop'es et des presbytres comme nous venons de le faire, on reconnaît aisément l'identité des -^lYouiJtevot et des iTzlmo-nou Les « conducteurs » de la communauté sont bien, en effet, ses administrateurs, ceux qui ont le pouvoir exécutif et disciplinaire. C'est à eux qu'il faut obéir, alors même que leur autorité émane des presbytres et de l'assemblée souveraine. Ils sont les représentants de l'ordre et de la discipline ; s'il y a des chefs, ils le sont. Aussi est-il tout naturel que Clément leur applique la dénomination en usage dans l'Église de Rome pour désigner le gouvernement ecclésiastique', dénomination qui lui sert également à qualifier les chefs militaires et civils des Ro-