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copat collectif ou plural. Cette thèse n'en est pas moins d'une importance capitale, car elle représente déjà bien fidèlement le principe sur lequel s'est fondée la conception catholique de l'autorité ecclésiastique : l'autorité inhérente à la succession continue des chefs de l'Église, qui se transmettent régulièrement de Jésus aux apôtres et des apôtres aux évéques la véritable tradition chrétienne. Assurément l'épiscopat monarchique répond mieux que l'épiscopat plural aux exigences de ce système, de même que la concentration de l'autorité épiscopale suprême entre les mains d'un successeur par excellence des apôtres en est une conséquence lointaine inévitable. Mais l'essentiel, c'est le principe même de l'autorité de la tradition, de sa transmission régulière et vivante par les chefs légitimes de l'Église. Or, cela se trouve déjà complètement dans Clément Romain.
Et combien ces principes du catholicisme naissant s'affirment dans son Épitre d'une manière plus romaine encore que catholique! Il n'y est pas question encore d'Église ca,tholique. Sans doute la notion de l'unité du peuple chrétien ne lui fait pas défaut, pas plus qu'à aucun des témoins de la chrétienté primitive. Elle se présente à son esprit sous la forme que nous avons déjà rencontrée dans la Z""® Épîire de Pierre et dans VEpître aux Hébreux : les chrétiens, dispersés et exilés dans une société étrangère, sont Je peuple de Dieu comme les Juifs dispersés et exilés l'étaient auparavant' ; l'unité de ce peuple de Dieu s'affirme à travers le temps comme à travers l'espace, c'est-à-dire que les chrétiens, contemporains de l'auteur, sont, les héritiers directs et légitimes des Juifs de l'Ancienne Alliance. Mais cette unité traditionnelle ne se réalise pas encore dans un organisme ecclésiastique concret. La réminiscence de l'apologue pauJinien des membres divers formant un corps unique' s'applique à chaque communauté