I Timoéhée, iv. 12. Voir plus haut, p
2. Je ne comprends pas pourquoi cette expression TrapaxaXw as irpoç- OsTvai Tqj 8pô[ji4> aou révélerait que Polycarpe est déjà mort au moment où cette Lettre a été écrite (M. van Loon, Theologisch Tydschi-ift,'iS^B, p. 310). Toutes les analogies, dans ce cas, eussent exigé les expressions usitées ailleurs : teXsTv ou TîXrjpoûv tov opôp-ov (// Tim., iv. 7 ; Actes, xiii. 25; XX. 24).
l'avènement de l'épiscopat monarchique 459
surtout à en faire ressortir le danger (v. 1), etc. On se représente moins aisément qu'un faussaire, écrivant après le martyre de Poly carpe, mort à un âge très avancé au terme d'un long et glorieux épiscopat, ait choisi justement un aussi vénérable personnage pour lui faire adresser par Ignace de pareilles recommandations.
Au cours de ses exhortations, Ignace dit à Poly carpe : « Le temps présent te réclame pour avoir part à Dieu, » comme les pilotes réclament le vent et comme le naviga- » teur tourmenté par la tempête soupire après le port » (II. 3)'. Serait-il téméraire de voir là une réminiscence des causes qui valurent de bonne heure à Poly carpe une position prépondérante dans son église? On avait besoin de lui pour combattre TindifEérence des uns, les agitations et l'indiscipline des autres. Il semble donc que par sa situation personnelle ou par sa distinction spirituelle il s'imposât en quelque sorte au choix de ses coreligionnaires. Des prépondérances de ce genre ne devaient pas être rares dans des communautés où les humbles étaient plus nombreux que les hommes de quelque notoriété.
UÉpitre à Polycarpe ne peut pas être séparée du groupe des Lettres adressées aux églises d'Asie. Tout ce qui vient d'être allégué en faveur de son authenticité confirme indirectement la leur. Il n'en est pas de même de r£/)fi!/'e aMcC Romains. Elle se distingue des autres, non seulement par sa plus grande valeur littéraire, mais encore par son histoire et par une orientation différente. Aussi plusieurs historiens, notamment M. Renan ^ l'ont-ils exclue de la condamnation
1 . M. Lightfoot n'a pas compris la portée de cette comparaison : le pilote réclame lèvent, parce que, par temps de calme plat, il ne peut faire rentrer le navire au port. Le sens est celui-ci: de même que le navigateur par temps calme réclame le vent et pendant la tempête soupire après le port, de même le temps présent, ballotté entre l'indifférence des uns et les agitations des autres, réclame Polycarpe pour arriver au port divin.