Ad Rom., ii
3. AdPhilipp., iv, v, vi. — Les Tïapôvsvoi dont il est parlé à la fin du
l'avènement de l'épiscopat monarchique 503
copes, il est bien difficile d'admettre qu'il eût pu les passer complètement sous silence \ Faut-il supposer que le siège épiscopal de Philippes était justement vacante l'époque où Polycarpe écrivait sa lettre? Cette hypothèse fait honneur à l'imagination de ceux qui l'ont inventée, mais elle ne se justifie par aucune raison et ne doit donc pas être prise en considération. La seule solution admissible, c'est que dans la communauté de Philippes les fonctions remplies généralement ailleurs par les épiscopes, étaient confiées aux presbytres. Cette conclusion n'est inacceptable que pour ceux qui veulent à tout prix retrouver dans les premières communautés chrétiennes une organisation uniforme. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir sur ce préjugé.
On peut, il est vrai, trouver étrange que dans cette église de Philippes où l'une des épîtres authentiques de l'apôtre Paul nous a révélé pour la première fois l'existence d'épiscopes chrétiens'', sans mentionner de presbytres oudejo/'oïstamenoi, il n'y ait plus cinquante ans plus tard que des presbytres, sans épiscopes. Mais nous ne voyons pas quelle raison on alléguera pour déclarer qu'une pareille transformation, dans un organisme social en formation, est impossible. Il convient de se rappeler que, si VÉpître de Paul aux Philippiens mentionne des épiscopes à Philippes, elle n'exclut en aucune façon l'existence àe pi^oïstamenoi, à côté des
ch. V, font pendant aux vsw-uepoi; il ne s'agit donc pas d'un « ordre de vierges »^ comme plus tard dans l'Église', mais simplement des «jeunes filles », faisant suite aux « Jeunes gens ». — Pour ce qui concerne les jfTjpat du ch. IV et les TtapôÉvot al XeYÔ(Jtôvai X'^P*'- ^^^ Ép. d'Ignace aux Smyrniens (ch. xin) et à Polycarpe (ch. v), voir plus haut, p. 339 à 35^2.
1. M. Zahn, dans le Commentaire de son édition, au ch. v. 3, dit : (( Atqui episeopatum tune temporis Philippis nondum institutum » fuisse per totam hanc epistolam luce clarius elucet. »
2. Voir plus haut, p. 150 et suiv. — Cfr. notamment p. 164-165 où nous avons stipulé l'existence probable de proïstamenoi à Philippes du vivant de l'apôtre Paul.
épiscopes, comme ceux qu'il y avait à Tiiessalonique. Il ressort de YÉpttre de Poli/carpe auœPhilippr'ens que dans leur communauté, au commencement du second siècle, ce sont les presbytres^ c'est-à-dire les successeurs des proïstamenoi primitifs, qui remplissent les fonctions épiscopales, sans doute d'une façon collective. Il y alà simplement une variété de plus à enregistrer dans la série des organisations ecclésiastiques de la chrétienté primitive, une variété qui se rapproche beaucoup de celle que nous avons étudiée dans la chrétienté de Rome. Tandis que dans les églises syro-palestiniennes de la Didachê les éj)iscopes paraissent nettement distincts des presbytres del'ÉpUre deJacques\ tandis que dans toutes les églises helléniques les fonctions épiscopales, dès l'origine distinctes des fonctions presbytérales, semblent avoir été confiées de préférence à des presbytres par la communauté sur-présentation des presbytres eux-mêmes, tandis que dans les églises d'Asie elles ont été dès le commencement du second siècle concentrées entre les mains d'un episkopos unique par église', au contraire dans les communautés de la Grèce propre, comme Corinthe, elles semblent avoir été réparties plus longtemps entre plusieurs episkopoi simultanément*, et dans les communautés occidentales, comme Rome, elles paraissent avoir été exercées par le conseil des presbytres ou par une délégation de ce conseil^ Pourquoi n'en aurait-il pas été à peu près àé même à Philippes et ailleurs? L'église de cette ville ne devait pas être bien considérable; son conseil presbytéral ne comptait probablement pas beaucoup de membres; pourquoi n'aurait-il pas exercé directement le pouvoir administratif et disciplinaire qui était propre à l'épiscopat*?