Ad Magnes., jii; Ad Pliilad., i
l'avènement de l'épiscopat monarchique 517
référendum populaire le personnage sur lequel se portaient ses préférences\ Dans ce milieu du christianisme primitif où toute décision de la communauté était considérée comme une inspiration du Saint-Esprit, dès l'élection faite, l'élu devait bénéficier de l'autorité que lui conférait une pareille conviction. Déjà pour l'auteur des Actes ^ c'est le Saint- Esprit qui établit les upsaSû-cepot sTrtdxoTCoùvxe;. Dans les communauté helléniques d'Asie visées par Ignace, le pouvoir de l'évêque ne peut procéder que de sa nomination par l'église, mais c'est justement cette désignation qui lui confère un caractère sacré. Comme tel,il est à la fois l'homme de Dieu et le représentant véritable, la personnification de l'église qui l'a élu.
Ceci cadre parfaitement avec la nature toute locale de la dignité épiscopale, que nous avons déjà signalée. La qualité à.'episkopos, dans le système ecclésiastique d'Ignace comme pour Polycarpe, ne confère aucune autorité à son titulaire en dehors de la communauté où il exerce ses fonctions'. L'autorité religieuse et morale, à un point de vue général, est inhérente au presbytérat. Il est extrêmement important de constater que dans ces Épîtres, tout entières consacrées à faire prévaloir l'autorité épiscopale dans des églises très exposées à l'anarchie doctrinale et disciplinaire, dans ces Épîtres où l'insistance même que met Fauteur à défendre sa thèse prouve que la réalité ne répondait encore nullement à son idéal, il n'y a pas la moindre allusion au caractère catholique à.e l'épiscopat'. Alors qu'il accumule avec une véritable passion toutes les raisons qui font du pouvoir épiscopal l'ancre de salut pour les chrétiens, Ignace passe absolument sous silence et l'autorité catholique, et le pouvoir sacramentel, et