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3. Voir plus haut, p. 494, n. 1, la discussion du passage Ad Ephes., m, que l'on objecte parfois à tort.

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Tinstitution apostolique de l'épiscopat et le principe de la succession apostolique. Il n'est pas téméraire d'en conclure qu'il n'en parle pas parce qu'il les ignore. Ici encore Ignace nous apparaît comme l'un des plus fidèles représentants de la tradition paulinienne. Pour lui, les diverses communautés sont des personnes autonomes ; l'unité catholique est encore toute mystique. C'est l'unité concrète de chaque communauté qu'il lui importe de sauvegarder, mais sans altérer son autonomie. Un jour viendra où, même à ce point de vue, l'évêque, en sa qualité de représentant ou de personnification de sa communauté, sera appelé à se concerter avec les évêques d'autres communautés pour prendre des résolutions communes aux chrétiens de toute une région. Alors l'unité idéale de l'Église prendra corps dans la réalité et le caractère catholique de Tévèque s'affirmera par le fait même de sa participation à cette œuvre collective.

Avec les Lettres d'Ignace d'Antioche l'épiscopat uninominal et monarchique fait son entrée dans l'histoire de l'Église au commencement du second siècle de notre ère. C'est dans les communautés helléniques d'Asie -Mineure qu'il a fait sa première apparition par suite des conditions particulières de leur composition. Déjà les Épitres Pastorales y révèlent la substitution de l'épiscopat uninominal à l'épiscopat plural. Ignace réclame pour cet episkopos unique dans chaque communauté un pouvoir quasi monarchique. Assurément il ne faut pas un seul instant perdre de vue que la nature de son esprit, les circonstances au cours desquelles il écrit ses Lettres, le caractère même de son style, ne permettent pas de prendre ^on ardent plaidoyer en faveur de l'autorité épiscopale pour une reproduction fidèle de la réa-

l'avènement de l'épisgopat monarchique 519

lité ecclésiastique dans ces églises. Quand on dépense tant d'eSorts pour persuader à ses lecteur.? qu'en dehors de la soumission complète à leurs évêques respectifs il n'y ai pour eux aucune garantie de salut, il est bien clair que les lecteurs lié sont pas déjà convaincus de cette vérité. On ne frappé pas si fort pour enfoncer des portés ouvertes.

Ignace nous atteste donc son idéal plus que la réalité ecclésiastique de son temps. Ses lettres mêmes trahissent une situation beaucoup plus tourmentée et dénotent que l'autorité réclamée en faveur de l'évêque est une autorité morale, bien plus qu'un pouvoir déjà doté des moyens d'action qui pourront, seuls, en assurer l'exercice. Mais la conception ecclésiastique dont il a été le premier défenseur dans l'antique littérature chrétienne, était appelée à de hautes destinées. Une phase nouvelle s'ouvre avec lui dans l'histoire des origines de l'épiscopat, la phase des luttes, longues et parfois pénibles, que l'épiscopat monarchique eut à soutenir, d'abord pour se répandre dans les autres parties de la chrétienté, ensuite pour triompher des résistances que le vi^il esprit chrétien^ esprit dé liberté, d'individualisme, d'inspiration religieuse et morale, de communion directe du fidèle avec lé Christ et avec Dieu, opposa à l'autoritarisme ecclésiastique et épiscopal, dans lé domaine de la pensée, de là piété, de là vie chrétiennes. Le premier manifeste en faveur de l'épiscopat monarchique clôt ainsi la première et la plus délicate partie de l'enquête historique à laquelle est consacrée notre Étude sur la formation du gouvernement ecclésiastique au sein de l'Eglise chrétienne dans VEmpire romain.

Les rouages essentiels et les principes constitutifs du gouvernement ecclésiastique chrétien existent dès le début du second siècle; mais, chose curieuse, ils se sont dégagés indépendamment les uns des autres, dans les diverses parties de la chrétienté. Ils ne porteront tous leurs fruits qu'en se combinant et en se fécondant mutuellement.

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L'épiscopat monarchique est né dans l'Asie hellénique et a eu pour premier patron un Syrien; c'est un produit de rOrient, qui s'est tout d'abord développé dans ces régions de TAsie-Mineure dont M. Mommsen a dit avec beaucoup de raison : « En Asie-Mineure il y a eu dès l'origine beaucoup M moins de cités autonomes que dans la Grèce proprement » dite... L'Asie-Mineure, en effet, était une vieille terre de » sujétion, habituée à l'ordre monarchique sous la domina- » tion perse comme sous la domination grecque ^ »

Mais, si l'institution épiscopale monarchique est née en Orient, les principes ecclésiastiques de l'Église catholique, l'âme même du gouvernement de l'Église, sont des produits de rOcci dent. C'est à Rome que nous en avons constaté l'éclosion. C'est là que le ritualisme, le sacerdotalisme, l'autorité souveraine de la tradition ecclésiastique, les principes de l'institution apostolique et de la succession régulière des évêques, ont fait leur apparition dans l'Église. C'est là, à cette incomparable école de l'art de gouverner les hommes, que l'Église catholique a puisé les inspirations fondamentales de son organisation. Lepiscopat monarchique ne deviendra réellement une puissance que lorsqu'il se sera établi à Rome et que l'institution orientale, simple procédé imaginé par des hommes incapables de se gouverner par eux-mêmes, aura été transformée et vivifiée par l'esprit romain.

i. Rômische Geschichte, t. V, p. 326 à 327.

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