‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 140 sur 163 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La Table des matières très détaillée qui clôt ce volume permettra au lecteur de se retrouver sans trop de peine dans les explications, nécessairement complexes, de l'enquête minutieuse.à laquelle nous nous sommes livré. Des études ■ de ce genre valent surtout par le détail. C'est justement pour avoir voulu trop simplifier les choses, en ramenant les origines du gouvernement de l'Église chrétienne à quelques thèses rigoureuses, que les historiens ont le plus souvent commis des erreurs.

Ce qui se dégage clairement de notre enquête, c'est que Jésus lui-même n'a fondé aucune institution ecclésiastique et ses apôtres pas plus que lui. Les thèses de l'institution apostolique de l'épiscopat et de la succession apostolique sont condamnées par les plus anciens témoignages de la littérature chrétienne. La vérité, c'est qu'il n'y pas eu de type gouvernemental unique aux origines de l'Église chrétienne.

Dans l'Église-mère de Jérusalem et dans la petite chrétienté palestinienne primitive, a prévalu le principe légitimiste du gouvernement de l'Église par les parents du Messie selon la chair, en attendant son retour glorieux.

Dans les églises fondées en terre païenne l'organisme ecclésiastique s'est constitué lentement, d'une façon spontanée, sans copier tel ou tel type déterminé antérieur, pas plus celui de la synagogue juive que ceux des associations religieuses privées ou publiques de la société gréco-romaine, mais en se conformant aux conditions générales qui régissaient l'exis-

tence de tous les collèges religieux de l'époque. Dans ce cadre général les besoins particuliers aux églises chrétiennes ont provoqué la différenciation d'un certain nombre de fonctions organiques spécifiquement chrétiennes. Mais ce travail ne s'est pas opéré dans toutes les églises de la même façon, ni surtout en même temps, parce que les conditions d'existence n'étaient pas les mêmes pour toutes.

D'une façon générale il faut distinguer à l'origine les fonctions spirituelles ou religieuses et les fonctions administratives.

Les premières ont été tout d'abord exercées à peu près exclusivement par des fidèles en possession d'un chàrisrhe ou don na,turél, de prophétie, d'enseignement ou d'édification. Dans la communauté primitive, souveraine, entièrement démocratique, le peuple chrétien est seul juge des enseignements que l'esprit de Dieu inspiré à quelques-uns des disciples du Christ. Dés le début cependant il se constitue dans chaque église un groupe de iîdèlés, plus zélés que les autres, prenant plus à cœur les' affairés de la communauté, se distinguant par l'ardeur et le dévouement persévérant dé leur piété. Ce sont les prôïsiamenot ou Iqb presbytreè , c^està-dire les notables spirituels, les chrétiens de vieille rocKé, — et non simplement les membres les plus âgés de la communauté. Ces presbytres ne tardent pas a constituer uii corps fermé, un conseil de l'église ou conseil presbytéral daihs lequel il faut être admis. Ils exercent tout particulièrérriênt la cure d'âmes. Comme ils sont d'une piété plus ardente, on s'adresse à eux dé préférence pour bénéficier des bienfaits spirituels de la piété. Là dignité presbytéral e implique ainsi de bonne heure une supériorité religieuse. Comme toute décision de la communauté chrétienne primitive passe pour avoir été inspirée par le Saint-Esprit, leur élection presbytérale leur confère de bonne heure une aiutorité supérieure. Enfin comme leurs fonctions lés portent à catéchiser les fidèles, ils teïident de plus en plus à accaparer â leur profit

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