‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 15 sur 163 · Vide supra, p. 60, note · texte numérisé non relu

Vide supra, p. 60, note

demandaient quelque connaissance de la Loi et assuraient aux citoyens qui avaient passé par les écoles rabbiniques ou qui en avaient recueilli quelques échos^ aux scribes, aux hommes versés dans la Loi, une importance sociale déjà prépondérante, mais il n'y a aucun indice que les docteurs eussent accaparé les petits sanhédrins, les conseils de presbytres locaux ou les conseils de synagogues, pas plus que le grand Sanhédrin, où l'élément sacerdotal, les notables des grandes familles de Jérusalem, étaient largement représentés. Et cependant, s'il y avait une assemblée où la science rabbinique fût à sa place, c'était bien celle-là.

Dans la synagogue juive, au siècle apostolique, il semble que les anciens se complétaient par cooptation et qu'ils étaient nommés à vieV A mesure que des vides se produisaient, les membres restants s'adjoignaient probablement ceux qui leur paraissaient le mieux qualifiés et que l'opinion publique désignait. Dans les petites communautés le choix devait être assez restreint, comme aujourd'hui dans la plupart de nos petites communes rurales le nombre des citoyens susceptibles d'être nommés conseillers municipaux est si réduit, que le plus souvent les désignations sont toutes faites avant même le scrutin. Il n'y en a pas moins chez nous, même dans ce cas, intervention décisive du suffrage universel.

De quelle façon l'opinion publique intervenait-elle dans la synagogue juive? De bons esprits estiment que dans les communes juives le suffrage universel ne jouait aucun rôle *. Cette assertion me paraît trop absolue. Josèphe, dans sa Biographie, nous parle d'assemblées du peuple de Tibériade tout entier dans un lieu très spacieux consacré à la prière, à propos des difiérends qui se produisirent entre lui et les délégués du grand prêtre de Jérusalem. Il ne s'agit là évi-

Page 1