‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 25 sur 163 · Voir pfus haut. p. 70^ n. 1, et 76, n · texte numérisé non relu

Voir pfus haut. p. 70^ n. 1, et 76, n

4. C. I. G., 9897, à Smyrne. Voir aussi une inscription de Korykos en Lycie, mentionnée dans le Bulletin des Antiquaires de France, 1881,

respondante usuelle était archonte ; mais il n'en résulte nullement que la réunion des archontes, le conseil d'administration de la synagogue, ne pût pas porter le nom de -(z^awia., d'autant que cette dénomination était, elle aussi, d'usage courant dans le langage hellénistique. Il y a, au contraire, toute sorte de bonnes raisons de penser que les Juifs donnèrent volontiers ce nom aux conseils administratifs de leurs communautés, puisqu'il leur rappelait celui qui était en usage dans leur propre tradition. Par conséquent le Y^po'-»niàpjTiz ne nous paraît pas être autre que l'archonte président, le premier archonte^ le directeur des délibérations communes du conseil des archontes.

Ce personnage était-il en même temps à^yj.a'j^)à-(ii>'ioz ? Il pouvait l'être, j)uisqu'il n'y avait aucune incompatibilité entre les fonctions respectives des uns et des autres. Les arcliisynagôgoi étaient, les directeurs du culte à la synagogue, chargés de le présider et d'y maintenir l'ordre ; c'étaient eux qui accordaient la parole aux orateurs désireux d'édifier l'assemblée \ Mais nous sommes trojD mal renseignés

p. 225. M. Lœning, Gemeinclevierfassung des Urchristenthams, p. 68, observe que plus tard, sous le Bas-Empire et au début du moyen âge, le terme archon disparaît des lois relatives aux Juifs et des inscriptions du cimetière de Venosa, tandis que celui de « presbytre » devient usuel. Il est possible que l'analogie du langage cl i rétien ait favorisé cette transformation. Mais il y a tout lieu de croire que, dès les débuts de l'Empire romain, le terme de ■jipetrê'j'ûEpoç fut davantage employé en Orient, à mesure que l'on se rapprochait des institutions palestiniennes et que les analogies des institutions grecques devenaient moins puissantes. Dans les synagogues juives d'Asie-Mineure mentionnées parle livre des Actes il y a des presbytres. Philon de même les connaît.

1. Voir la scène très instructive de l'arrivée de Paul et de Barnabas dans la synagogue, à Antioche de Pisidie, Actes, xiii. 15. Quelle que soit la valeur historique de ce récit de la première tournée missionnaire de l'apôti'e Paul en Asie-Mineure, ce passage n'en garde pas moins toute sa portée. L'auteur eût-il inventé toute la scène, qu'elle n'en serait pas moins pour nous un témoignage très sûr de la manière dont les choses se passaient au culte de la synagogue tel qu'il le connaissait. — On trouve

sur les caractères distinctifs de cette dignité pour déterminer avec précision les relations entre leurs fonctions et celles des autres notables. L'identification du gerousiarchês et de Varchisynagôgos est déjà condamnée par le seul fait qu'il n'y avait pas, au moins dans un grand nombre de communautés, un archisynagôgos unique; ils étaient plusieurs \ Nous savons que, du moins à une basse époque, ce titre pouvait être décerné, comme distinction honorifique, à des femmes, qu'il fut porté par des enfants. En était-il de même aux abords de l'ère chrétienne ? On a même pu soutenir qu'il n'impliquait aucune fonction religieuse et qu'il comportait simplement le privilège de proédrie, c'est-à-dire le droit de s'asseoir aux places d'honneur de la synagogue, dans la partie où était le livre de la Loi ^ C'est là une exagération en sens contraire. Le passage déjà cité des Actes, où les avchisynagôgoi, à Antioche de Pisidie, invitent Paul et Bar-

le terme archisjjiiagôgos dans les inscriptions : C.I.L., IX. 6201, 6205, 6232; X. 3905 (Capoue) ; C. I. G., 9906. Cf. Garrucci, O- c, p. 67; Schùrer, O. c, II, p. 519 et 364 et suivantes. — Voir le terme d'àp^KTuvdcYWYoç dans la lettre d"Aàrien à Servianus (Vopiscus, VUa Saturniiii, 8). — La populace romaine appelait Alexandre Sévère : « Syrus archisynagogus » (Lampride, Vita Alex. Sev.,2S). Le Code Théodosien (XVI. 8. 4) distingue; « Hiereos et archisynagôgos et patres synagogarum et ceteros qui synagogis deserviunt. »

1. Marc, y. 22, Actes, xin. 15 ; xvui. 8 et 17, où Crispus et Sosthenès sont présentés tous deux comme archisynagôgos dans la même ville de Corinthe.

2. Le BuUetiii de Correspondance hellénique, X, p, 328, reproduit une inscription mentionnant unefemme, Ruflna, comme archisynagôgos de Smyriie. Cf. S. Reinach, Revue des Études juives, VII, p. 161 et suivantes (1883), et Bull. Corr. hc[l.,X,T[>.i'èl (1886). Cette inscription, toutefois, n'est pas antérieure au III" siècle. A cette époque, la qualité d'àpytcruvaYtoYoç est accordée comme un titre honorifique et semble môme avoir été transmissible de père en fils (Ascoli, Iscrlslonl dl antlchl sepolcrl guidalcl. 1879, p. 49). Mais rien ne prouve qu'il en fût déjà de môme au I"' siècle. D'ailleurs, l'existence d'archisynagôgoi honorifiques n'infirmerait pas l'existence des fonctions effectives d'archisynagôgoi dans le culte juif.

nabas à prendre la parole pour édifier la communauté, prouve clairement que ces personnages avaient la direction effective du culte. D'une part, les évangélistes emploient indistinctement les termes «p;^wv et àpyj(juvi^ui-{oç pour désigner le même personnage au cours d'un même récit. D'autre part, parmi les inscriptions précitées, il en est où le même individu est qualifié d'archon et archisynagogus ; les deux titres ont ici une portée différente ^ .

Il n'est guère jDossible de se reconnaître au milieu de ces témoignages contradictoires. Les archisynagôgoi sont des notables de la communauté ; ils ont des places d'honneur à la synagogue, mais il ne s'ensuit pas que le fait seul d'avoir obtenu le privilège de proédrie donne droit au titre ù!archisynagôgos. Les archontes, par la nature même de leurs fonctions, devaient être, eux aussi, aux places d'honneur, comme ceux ou celles qui avaient rendu des services signalés à la communauté. Cependant le titre à!archonte n'entraîne pas nécessairement celui ^ archisynagôgos . Mais il est vraisemblable que, le plus souvent, surtout dans les communautés peu nombreuses, les mêmes individus remplissaient à la fois les deux fonctions. La direction du culte pouvait difficilement être exercée par une collectivité ; la présidence d'une réunion, quelle qu'elle soit, est essentiellement quelque chose de personnel. On est donc bien obligé d'admettre que, si plusieurs individus possédaient la dignité à!cu^chisynagôgos dans une même synagogue, il n'y en avait qu'un seul qui, soit par délégation, soit simplement comme président, parlait au nom de tous. Y avait-il un roulement entre les notables pour l'occupation de ce fauteuil présidentiel? Y avait-il élection ou était-ce un privilège réservé à l'un des archontes ? Quelque vraisemblable que soit cette dernière

1. Le premiec évangéliste désigne soqs le nom d'àpj^tov le même personnage que le second appelle eiç -ctov ào-'/^KS'jva.^cJi^iù--) et le troisième le qualifie successivement des deux manières {Mattli., ix. 18, 23; Marc, V. 22, 3.5, .38 : Luc, vin. 41 et 49).

hypothèse, il vaut mieux reconnaître que nous n'en- savons rien. Peut-être y a-t-il ici un phénomène semblable à celui que présentait le Sanhédrin de Jérusalem où les textes mentionnent une pluralité d'àpyispEiç, tandis qu'il n'y avait jamais qu'un seul grand prêtre qui fût réellement en fonctions ? Les autres ou bien avaient été grands prêtres et en gardaient le titre, même après en avoir résigné les fonctions, ou bien étaient des dignitaires n'exerçant pas, munis simplement d'une qualité honorifique.

Les Ypa;ji[jia-:£Tc étaient les théologiens et juristes, ceux qui avaient étudié la Loi. Il ne saurait y avoir de doute sur le sens de cette expression. Notons toutefois que, comme les autres, cette dignité prit parfois un caractère honorifique, puisque l'on trouve des inscriptions où le titre de YpafjLijLa-usùç est décerné à des enfants ^

Quant aux uTrï^pkat, c'étaient, comme leur nom l'indique, des serviteurs, chargés du service matériel du culte *. Et les titres de pater ou de mater synagogœ étaient des distinctions honorifiques, conférées par la communauté aux personnes qui lui avaient rendu de grands services ou qui s'étaient montrées particulièrement généreuses à son égard^

2. Nature des Communautés fondées par l'apôtre Paul. — Retournons maintenant aux Épîtres de Paul. Qu'y voyons-nous ? Ni un nom, ni une fonction qui rappelle ce que nous venons d'analyser, pas même le terme TrpsffSuTspoç que l'on trouve cependant dans plusieurs écrits moins anciens du Nouveau Testament, tels que les Actes ou les Épîtres pasto-

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