Schurei*. Gemcùidecerfassung, p
2. Schtirer, Geschichte des jûdischeii Volkes, U, 2' éd., p. 520.
3. C. 7. G., 9904, 9905, 9908, 9909 -CI . L., V, 4411 ; VUI, 8499 ; IX, 648, 6220,6221. Cf. Code Thôodosfeii (XVI.8.4); Sehiirer, Gemeindeoerfnssuiig, etc., p. 29; Remiedes Études jiiiors, VI, p. 203, insciiption latine de la cataeombe juive de Venosa, où il est fait mention d'une paiercssa.
raies. Il n'y a pas de magistrats, pas de fonctionnaires dans les communautés auxquelles s'adresse l'apôtre dans les épîtres authentiques. 11 n'y a que des fonctions ou des dignités spirituelles, dues à l'ascendant de la foi, du zèle, du talent, à la puissance des divers j^apîdfjiaTa que l'Éternel dispense à ses enfants. En d'autres termes, il n'y a pas d'organisation semblable à celle de la synagogue juive en terre païenne, parce qu'il n'y a pas du tout encore d'organisation régulière. La communauté de Corinthe, celle sur laquelle nous sommes le mieux renseignés et que Ton peut considérer comme la communauté paulinienne par excellence, fournit de nombreuses preuves à l'appui.
Il ne faut pas demander à ces petits cénacles où s'opère une puissante fermentation religieuse, la fixité ni la fermeté des institutions depuis longtemps établies. Ils se réunissent, nous l'avons vu, chez des particuliers ; peut-être même dans les grandes villes telles que Corinthe, y a-t-il plusieurs lieux de réunion \ Néanmoins les disciples ont bien conscience de ne former qu'une seule communauté, car, si Paul salue spécialement les chrétiens qui se réunissent chez un tel, il n'adresse jamais ses épîtres qu'à tous les chrétiens de la cité, qui, à ses yeux, ne forment c[u'un seul corps \ Cette communauté locale n'est pas appelée par lui auvaYWY-/, ; c'est VhAxl-t]ai.a, d'un nom grec qui signifie l'assemblée, la réunion du peuple, usité dans le grec helléniste comme dans le langage des associations religieuses païennes \ Bien plus, les
2. Voir la suscription de la première Épître aux Corinthiens : •zT^ sxy./vTQdia Toù Sfeoù ir^ oucttj Iv Kop(vôt|). Cf. / Cor., xi. 18 et 22 (où il faut maintenir le sens de « assemblée » et ne pas appliquer le nom au lieu de réunion) ; xiv. 19 ; vu. 17 ; // Cor., i. 1 ; Gai., i. 2 : xaTç èxxXTQaîaiç zt^q raÀaxtaç* cf. rCor.,\wi. 1 ;/ Thessal-, l, 1 : iTi £y.xXYi!j!a:0£aCTaXovtxsa)v.
3. On a prétendu à tort que l'usage de ce mot était particulier aux associations religieuses grecques. Il est employé couramment dans la version des Septante pour traduire l'hébreu "^nfî rassemblée. A l'époque
114 LES ORIGINES DE l'kPISCOPAT
diverses communautés locales, les diverses iy.y.lriaia.i, sont autant de membres d'une vAylt]<jla unique, de rassemblée spirituelle, mystique, idéale, de tous ceux qui sont morts avec Christ au péché pour renaître avec lui à la vie éternelle. Voilà la seule véritable Église pour Paul, catholique en ce sens qu'elle embrasse tous les chrétiens de quelque nationalité, de quelque race, de quelque condition sociale qu'ils soient, Juifs ou Grecs, hommes ou femmes, citoyens libres ou esclaves, mais toute spirituelle et, comme l'exprima si bien le hardi spiritualisme des réformateurs du XVP siècle, invisible, c'est-à-dire sans organisation terrestre ou matérielle, sans autre lien que la communion individuelle de chacun de ses membres avec Christ et, par Christ, avec Dieu, de telle sorte que son unité est en Christ \ En rompant avec l'unité nationale de la synagogue juive, et même avec l'unité liturgique ou rituelle de la synagogue hellénistique, Paul n'entendait pas créer une série de petites communautés isolées ; il aspirait bel et bien à fonder une vaste société répandue à travers le monde entier, dont l'unité ne résidât pas dans quelque tradition nationale ou dans la communauté des rites, mais dans une foi et une inspiration communes. Personne n'a exprimé cette unité mystique avec plus de puissance et de grandeur que l'infatigable dialecticien, rompu à la scolastique des rabbins.
La hardiesse de son idéalisme, dédaigneux des formes ecclésiastiques, et l'énergie extraordinaire de sa foi en la
classique ce mot désigne dans toutes les cités grecques l'assemblée du peuple (cf. l'article ekklêsia de M. Glotz, dans le Dù-tionnaire des Antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio, 14° fasc, p. 511 et suivantes.
1. «L'Église» au sens abstrait, / Cor.,xn. 28; PhiL, m. 6.— «L'Église de Dieu, •> / Cor., xv. 9 ; Gai., i. 13. Voir Rom., xvi. 16 (al ly.y.l-qaio(.'. Traaai -roù Xp'.ff-coû); Gai., ui. 28 ; / Cor., xii. 12-31 ; Bom., xii. 4 et suivants. On peut rapprocher de ces passages Éphés., iv. 3 et suivants.
puissance de la vérité morale dont il est porteur, ressortent encore mieux quand on considère quelle était la composition de ces petites Églises, répandues à travers une partie de l'Empire romain comme autant de membres épars de la grande société de l'avenir. Transfuges de la synagogue, j)aïens à peine dégagés de leurs habitudes religieuses peu austères ; petites gens, esclaves ou hommes libres, s'attachant avec passion à une doctrine de relèvement et aux promesses d'un salut grandiose ; esprits inquiets, avides de toutes les nouveautés et friands de révélations originaires de l'Orient ; Grecs bavards et Asiîitiques épris de spéculations à tournure mythologique, symbolistes élevés à l'école judéo-alexandrine et gnostiques vivant dans un monde imaginaire : disciples candides et naïfs, se donnant à la cause du Christ avec toute la bonté native de leur être, avec l'inépuisable dévouement des âmes d'élite, et pécheurs de tout ordre cherchant un refuge et une réhabilitation dans une société qui les guérisse du vol, de l'adultère, de la luxure, voilà les éléments hétérogènes et en grande partie impropres à toute organisation sérieuse, avec lesquels il s'agit de constituer les communautés nouvelles. Il y a d'autres exemples analogues dans l'histoire; les sociétés régulièrement organisées, aristocratiques ou bourgeoises, ne comprennent pas toujours ce qu'il y a de puissance d'expansion et de promesses d'avenir dans ces groupements spontanés des déshérités et des sacrifiés, lorsqu'une grande idée s'est emparée d'eux et qu'un principe de foi morale les anime. Mais il n'y en a pas de plus étonnant que celui des premières communautés chrétiennes, auxquelles l'apôtre Paul lui-même adressait ce hardi paradoxe : « Vous le voyez, mes frères, parmi vous qui êtes élus, il n'y » a pas beaucoup de sages selon le monde, pas beaucoup de » puissants, ni de gens bien nés; mais Dieu a choisi les )) faibles d'esprit pour couvrir de honte les sages, et les im- )) puissants pour confondre les forts ; Dieu a choisi ce qui est )) de basse extraction aux jeux du monde, ce qui est mé-
)) prisé, ce qui n'est rien, pour mettre un terme à ce qui est, » afin qu'aucune créature ne se glorifie devant Dieu '. »
Or, ces gens si peu gouvernables par leur nature même, vivent dans un état de complète démocratie. Ils ont hérité des coutumes grecques en matière d'associations religieuses privées ; ils se gouvernent eux-mêmes. L'égalité de droits pour tous les membres règne parmi eux ; ils prennent des décisions collectives dans des assemblées communes ; il y a parmi eux des partis divers qui se disputent la préséance ; ils exercent eux-mêmes la juridiction sur leurs confrères de l'association ; ils se réunissent pour prendre en commun des repas et commémorent à cette occasion la mort du Christ en rompant le pain et en buvant à la coupe suivant les instructions de l'apôtre, de même que dans toutes les associations du monde gréco-romain on se réunissait autour d'un banquet après avoir célébré les sacrifices en l'honneur des divinités protectrices de l'association et avoir traité les affaires communes ". Dans toutes ces manifestations de la vie collective il n'y a pas la moindre trace d'une organisation gouvernementale. Les agapes, à Corinthe du moins, semblent se passer d'une manière désordonnée ; les uns commencent à manger avant que les autres soient arrivés ; une partie des frères fait bonne chère et boit abondamment, tandis que les autres n'ont pas de quoi assouvir leur faim ; dans ces conditions il arrive que l'on ne puisse pas célébrer le repas du Seigneur*. Évidemment, à l'époque où Paul signale ces dé-
1. / Cor., I. 26 à 30 ; V. 1 ; vi, 9 à 11 ; Gai., v. 19 à 26.
2. Dans les repas communs des éranistes grecs les membres apportaient leur part, soit en nature, soit en argent. M. Foucart (Associations religieuses, p. 43) estime que ce dernier mode se substitua au premier. Sur la grande importance de ces repas dans la vie des associations grecques et romaines, voir Foucart, 0.c.,p. 103 et suivantes; Liebenam, Zar Gcschlc/Ue uiid Organisation des rôinischen Vereiasweseus (Leipzig, Teubner, 1890), p. 250 et suivantes ; Boissier, Religion romaine, II, p. 282 et suivantes.
3. / Cor., XI. 17-34, spécialement 18-22 et 33-34. L'interprétation de
sordreSj c'est-à-dire en Tan 57, trois années environ après la fondation de la communauté, il n'y avait pas encore dans la petite Église chrétienne de règlement précis pour le maintien du bon ordre dans les agapes, comme il y en avait ordinairement dans les associatiohs païennes où l'on se préoccupait fort de prévenir les multiples incidents susceptibles de trouée passage présente de grandes difficultés. L'apôtre distingue tout d'abord deux genres de réunions : 1° CT'jv£p;;^o[ji£va)v ujjiwv h t-^ ÏY.vXr^a'.a. (v. 18) ; 2° (juv£pj(^. iizX to aÙTÔ (v. 20) ; la prenaière a pour objet l'instruction et l'édiflcntion mutuelles, les délibérations sur les affaires communes ; il s'y produit des dissensions, des conflits entre les doctrines, les tendances diverses qui régnent dans l'Église (v. 18 et 19). La seconde estune réunion plus intime, où les frères et les sœurs prennent leurs repas en commun. Il est possible que ce soit dans un local difîérent, de même que beaucoup d'associations religieuses grecques avaient des salles spéciales attenant à leur sanctuaire, appelées Srtaawveç (Hesychius, s. v>.) ou cfwÀiri'crjpia (Foucart, p. 154) ; mais rien n'oblige à admettre cette distinction de local. Dans / Cor., xiv. 23, la même expression (Tuv£pj(^£c76ai ïizl xh auto désigne le local où se produisent les phénomènes de glossolalie, c'est-àdire le local des réunions religieuses.
Jusque-là pas de difficulté. Il n'en est plus de même dans la suite : « quand vous vous réunissez en commun, il n'est pas possible de manger » le repas du Seigneur (v. 20) ; car chacun se met à manger par avance » son propre repas ; l'un soufîre de la faim, tandis que l'autre s'enivre » (v. 21). N'avez- vous donc pas de maisons pour manger et pour boire ? )) Ou méprisez-vous l'Église de Dieu et voulez-vous humilier ceux qui » n'ont rien? » Dans quelle relation le repas mangé par avance est-il avec le repas du Seigneur ? C'est ce qui n'est pas clair. Il semble bien qu'il y ait eu dans l'esprit de ces païens de la veille une assimilation plus ou moins raisonnée entre ce repas commémoratif de la mort du Seigneur (v. 26), avec les oblations du pain et du vin (x. 16), et le sacrifice qui, dans les fêtes deséranistes ou des thiasotes, précédait le banquet fraternel. Mais, d'une part, le repas du Seigneur ou l'eucharistie se célèbre après le banquet ou l'agape, non avant, d'autre part il ne s'en distingue pas aussi nettement que le sacrifice destiné aux dieux se distingue du banquet fraternel consommé par les hommes. Les éléments eucharistiques, en effet, sont absorbés par les fidèles. L'assimilation de l'Eucharistie à un sacrifice, appelée à un si grand avenir dans l'Eglise catholique, est ici, comme elle le sera longtemps encore, une simple
bler la cordialité des fêtes corporatives \ Et, s'il y avait des membres chargés de présider à ces réunions, lem^ autorité ne semble pas avoir été considérable. On se fie à la solidarité qui doit régner entre les frères et au bon esprit qui ne peut manquer de les animer.
En matière disciplinaire il n'y a pas davantage de règle fixe ni d'autorité régulière. Un incestueux déshonore
analogie superficielle. Il n'en est pas moins important de la ramener à ses origines historiques.
Il faut se représenter que l'agape et l'eucharistie étaient intimement associées, mais de telle façon que les proportions de l'agape pouvaient être très variables. Dans les milieux modestes et austères elle consistait peut-être uniquement dans l'absorption du pain et du vin apportés par les fidèles, consacrés par les prières et fraternellement partagés ; ailleurs, comme il semble que c'était le cas à Corinthe, l'eucharistie proprement dite était précédée d'un repas où chacun apportait ses provisions, d'où les inégalités et les excès que l'apôtre censure.
1. Philon, In Flaccuin, 17, se plaint des thiases d'Alexandrie où l'on commet des excès de boisson. Déjà Aristote(£'(!;/i.àMcomaf/HC',Vin.9.7) observe que beaucoup de personnes ne se mettent des thiases etdeséranes que pour se procurer des plaisirs. On peut rappeler ici, quoiqu'ils soient de date postérieure, les témoignages de Tertuliien et de Cyprien, qui dénoncent les copieux repas nocturnes des Sérapiastes (Apol., 39), et les scandales des banquets dans les collèges (Eptst., lxvii. 6). Dans les statuts du Collège de Diane et d'Antinous, à Lanuvium, gravés en l'an 136 après Jésus-Christ, on lit les dispositions suivantes : « Si quis quid )) queri aut referre volet, in conventu référât, ut quieti et hilares diebus » sollemnibus epulemur. Item placuit, ut quisquis seditionis causa de n locoin alium locum transierit (c'est-à-dire change de place au banquet), )) ei multa esto H S un n., si quis autem in obprobrium alter alterius » dixerit aut tu[mul]tuatus fuerit, ei multa esto H S xii n., si quis » quinquennali inter epul[asj obprobrium aut quid contumeliose dixerit, » ei multa esto H S xx n. » (C /. L., XIV, 2112.) Les statuts déterminaient souvent, outre la contribution mensuelle ou annuelle imposée à chaque membre, le montant de l'apport des dignitaires ou même des simples membres au repas commun, soit en argent, soit en nature. Tertuliien oppose la pratique des Églises chrétiennes où il n'y a que des contributions volontaires et spontanées aux contributions obligatoires des associations païennes.
l'Église ; celle-ci ne prend aucune mesure disciplinaire ; il faut que Paul intervienne, d'Éphèse où il est encore retenu, pour exiger la condamnation du coupable. Alors la communauté tout entière se constitue juge du délit; la majorité donne satisfaction à l'apôtre en flétrissant le misérable ; toutefois une partie de l'église trouve ce jugement trop indulgent et voudrait revenir sur l'affaire pour obtenir un verdict plus sévère. Paul intervient une seconde fois pour demander la grâce du condamné ; il lui suffit d'avoir constaté les dispositions des fidèles de Corinthe et l'esprit dont ils sont animés ^ . L'absence de toute charte sociale, de toute règle destinée à remplacer la Loi mosaïque de la synagogue, se fait sentir d'autant plus gravement, que l'Église chrétienne n'est pas, comme presque toutes les associations privées, grecques ou romaines, un groupement professionnel, national ou même exclusivement religieux, en vue d'un but bien circonscrit, mais qu'elle prétend fonder une société nouvelle destinée à remplacer aussi bien la grande société gréco-romaine que la petite société judéo-hellénique, et en quelque sorte inaugurer une nouvelle humanité délivrée de l'idolâtrie païenne et de l'étroitesse particulariste et légaliste des Juifs. Quand les frères ont des différends pour affaires d'intérêts, dans des questions complètement étrangères à la religion, ils ne doivent pas recourir aux juges païens. Paul leur reproche très vivement cette inconséquence. Ne sont-ils pas les saints, les élus, qui doivent juger le monde? Comment se fait-il qu'ils ne s'estiment pas capables de résoudre eux-mêmes les litiges qui surgissent parmi eux ? Un frère en procès avec un frère devant les infidèles, n'est-ce pas un scandale? Qu'ils choisissent un des leurs pour être leur arbitre ! Il n'y a donc aucun magistrat désigné par l'Église pour exercer la juridiction dans son sein ".
Dans les conflits dogmatiques, variés et nombreux parmi