‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 27 sur 163 · ICor., VI · texte numérisé non relu

ICor., VI

ce petit monde corinthien, le même état quelque peu anarchique se retrouve. Il n'y a aucune confession de foi obligatoire, aucun Credo arrêté ; les uns tiennent pour Paul, les autres pour ApoUos ou pour Céphas ; d'autres encore, repoussant tout intermédiaire, se réclament directement de Christ et s'attribuent^, sans doute, le titre de chrétiens par excellence ^ Il y en a qui mangent des viandes sacrifiées aux idoles, d^autres qui ont conservé de la synagogue juive de saintes horreurs pour les viandes impures. Quelques-uns penchent vers l'ascétisme, d'autres vers la licence, en vertu de principes contraires sur la nature de la foi ". Ici la résurrection des morts est niée ; ailleurs on ne s'accorde pas sur la fin de l'économie actuelle '. Les inspirations individuelles sont encore tout à fait prédominantes ; chacun est à luimême sa propre autorité et s'efforce de gagner le plus possible d'adhérents à son opinion particulière. L'apôtre Paul, il est vrai, jouit d'un prestige supérieur à celui des autres, tant à cause de la puissance exceptionnelle de sa personnalité que parce qu'il est le fondateur de la communauté et qu'en cette qualité les usages des associations privées en Grèce lui assurent une certaine prépondérance. Cependant il faut voir dans les Épttres aux Corinthiens avec quelle prudence il use de ce pouvoir moral, se gardant bien de se poser en maître, ne réclamant obéissance que dans les cas où il parle directement au nom du Christ, en vertu d'une révélation spéciale. Dans toutes les autres circonstances il en appelle au jugement de la communauté; il veut la persuader, se borne à proposer, lui laissant à ratifier ses propositions ; car lui-même n'exerce pas de magistrature régulièrement constituée ; il n'a d'autorité que par son ascendant moral*. Que ses

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