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168 ORIGINES DE l'ÉPISCOPAT
Au contraire, lorsqu'il s'agit des églises fondées par l'apôtre des Gentils, le témoignage des Actes ne s'accorde plus du tout avec celui des épîtres. D'une part, il est vrai, il atteste la formation de groupes chrétiens qui, après la rupture avec la synagogue juive, se réunissent chez des particuliers et constituent les èxvtXYjCTiat xax' okov dont nous avons déjà parlé'. Mais, d'autre part, il attribue à l'apôtre des préoccupations administratives dans la fondation des églises et à celles-ci des institutions gouvernementales, dont il n'y a pas trace dans les documents qui émanent directement de Paul. Tandis que dans les communautés auxquelles sont adressées les lettres il n'y a pas de presbytres^ on lit au livre des Actes (xiv. 23) qu'au retour de leur premier voyage missionnaire, Paul et Barnabas, en passant par Lystres, Icône, Antioche de Pisidie, non seulement fortifièrent leurs disciples dans la foi nouvelle, mais encore procédèrent à l'élection de presbytres dans chacune de ces villes et les recommandèrent par leurs prières au Seigneur^
après avoir jeûné (x.etpo'^ov'iffavTeç 81 aÙToïc irpEffêutÉpout; xat' evcuXt)-
cîav, etc.). S'agit-il ici de l'institution de presbytres par les deux fondateurs de ces communautés sous leur propre responsabilité, ou du choix de ces mêmes presbytres par les fidèles de concert avec Paul et Barnabas ? Faut-il traduire avec M. Reuss : « Après leur avoir fait élire des anciens, » ou avec M. Oltramare : « Ils élurent des anciens? » Le verbe x^ipoxowiui permet les deux interprétations % mais il n'y a pas lieu de les discuter longuement. Dans les deux acceptions, évidemment, le choix de ces presbytres ne peut être que le résultat d'une entente préalable entre le petit groupe de fidèles gagnés à la foi nouvelle et leurs pères spirituels. La difficulté n'est pas là, c'est le fond même du récit, la création d'une organisation presbytérale par l'apôtre Paul