‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 45 sur 163 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Encore au 11° siècle Celse parle des etauroxai 'l-naoù (Origène, C. Cels., III. 22; cfr. K. J. Neumann, dans les Jahrhàclier farprotestantische Théologie, 1885, t. XI, p. 123 et suiv.) et Lucien dit que Peregrinus a été 2rtaaâp;i^-ir]ç des chrétiens (De morte Peregrini, 11). Mais Origène, après avoir cité Celse, ajoute : Xpïî<TOiJ.ai yàp Tt|) irapà tw KsXff(|) 6v6[jiaT:t; ce qui, montre que les chrétiens n'acceptaient pas cette assimilation païenne.

184 ORIGINES t>E L^ÉPISCOPAT

SOUS la forme et dans les conditions de thiases ou d'éranes ; car cela revient à dire que ces sociétés nouvelles furent créées conformément au droit d'association^ usuel à cette époque dans le monde hellénique et toléré en fait par la domination romaine, malgré les principes contraires de la politique impériale. Cela va de soi. Mais il ne s'ensuit pas que, des très nombreuses associations religieuses privées qui existaient au début de notre ère et dont l'organisation intérieure n'était nullement uniforme, les chrétiens aient choisi comme modèle ecclésiastique les éranes païens plutôt que les synagogues juives. Si vives qu'eussent été les luttes qui avaient abouti, dans la plupart des localités, au schisme de la communauté juive en disciples et adversaires de la réforme chrétienne, si violentes que fussent les rivalités entre les deux associations ennemies, la jeune église n'en conservait pas moins, du fait même de ses origines, beaucoup plus d'affinités naturelles avec la synagogue qu'avec les thiases consacrés à quelque divinité païenne.

On fait valoir, pour établir le contraire, que les épîtres de Paul ne contiennent pas la moindre allusion à des autorités rappelant celles la synagogue. L'observation est exacte, nous l'avons déjà reconnu; mais l'argument ne porte pas. Tout d'abord, en effet, le témoignage complémentaire des Actes des Apôtres nous a permis de constater que, dans certaines communautés tout au moins, il y eut des presbytres et que ces presbytres correspondent aux proïstamenoi des épîtres. Les noms ne sont pas empruntés à la synagogue de la Dispersion, il est vrai, mais ces conseillers spirituels rappellent plutôt les autorités de la synagogue que les dignitaires des éranes païens. De plus, s'il n'y a pas dans les épîtres d'allusions aux autorités de la synagogue, y en a-t-il davantage qui rappellent l'organisation des associations païennes? Dans ces dernières les personnages principaux sont les présidents (àp)^iOiaCT(TT;ç, àp/^epavtaT:'/]?, TrpoffTàfiQçj, les prêtres ou prêtresses (tepeùç, Upsta, kpoirotoî), les trésoriers [-zaïkiaç,

LES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS EN TERRE PAÏENNE 185 Çàxopoç) les secrétaires (ypafZfJiaTeui;), les censeurs {lTznx.elrii-/i<;),

etc. \ Y a-t-il quoi que ce soit d'analogue dans les communautés pauUniennes ? Les actes essentiels et les cérémonies les plus importantes des ëranes ou des thiases étaient les sacrifices, avec la liturgie^ les rites, les fêtes qu'ils comportaient. Rien de semblable dans les communautés chrétiennes et par conséquent pas de fonctionnaires correspondants. Des noms que nous avons relevés dans les épitres de Paul, ni onzôa-zolot;, ni Siàxovoç ne figurent dans les inscriptions païennes comme titres d'une fonction spécialisée; èutaxoTioç y est substitué à sTziiiBl7]zr]c:, le terme judéo-grec remplace le terme proprement grec. On se rabat, il est vrai, sur les expressions TrpoïcTTâfjtevo?, Trpoffxctxtç, OÙ Tou croit reconnaître un patronat analogue à celui qui valait à certaines sociétés privées païennes la protection de quelque personnage influent'. Un pareil patronage n'aurait été nullement le caractère spécifique d'une association païenne, il aurait pu s'appliquer aussi bien à une synagogue, et par conséquent on ne saurait y voir une preuve de l'influence exercée sur l'organisation des premières églises chrétiennes par les associations païennes. Mais ce patronage même, au moins en ce qui concerne les premières Communautés chrétiennes chez les Gentils, n'a jamais existé que dans Timagination des interprètes. Il faut un véritable parti pris pour reconnaître dans les proïstamenol de l'église de Thessalonique, appelés par l'apôtre à travailler, à présider et à exhorter % des patroni au sens romain, ou pour vouloir transformer en patrona la brave Phœbé, parce qu'elle a rendu des services à Paul*. En quoi

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