Voir plus haut, p. 141 et suiv
4. Ép. aux Roin.j xvi. 1-2 : « Je vous recommande Phœbé^ notre » sœur, qui est diakoiios de l'église de Cenchrées, afin que vous » l'accueilliez dans le Seigneur, comme il convient aux saints, et que » vous lui veniez en aide pour tout ce dont elle aura besoin: car elle-
186 ORIGINES DE l'ÉPISCOPAT
semblable patronage aurait-il bien pu servir au missionnaire itinérant, probablement lui-même pourvu du droit de cité romaine? La pauvre diaconesse de Cenchrées ne pouvait pas le protéger et ne l'a effectivement jamais protégé au sens du patronat latin.
Le nom «TuvaYWYTî ne paraît jamais dans les Épîtres; c'est vrai; mais on n'y trouve pas davantage les termes caractéristiques d'érane ou de thiase, ou l'un de leurs composés. L'apôtre et tous les premiers écrivains chrétiens à sa suite affectionnent certaines expressions du langage religieux grec empruntées spécialement au vocabulaire des mystères, telles que [jiu(7Tï;ptov, ':i'ksio<;\ mais de ce qu'il oppose ainsi fort
» même a eu l'occasion d'être la protectrice (Tipoo-TotTic) d'un grand )) nombre (de frères) et notamment la mienne. » — Il ne s'agit évidemment pas d'un joatronat au sens juridique. Pliœbé n'est pas une puissante dame; elle a, elle-même, besoin de l'assistance de ses frères chrétiens dès qu'elle quitte le port de Cenchrées (port de Corinthe). Elle remplit dans cette ville même les modestes fonctions de diakonos (voir plus haut, p. 146). Elle mérite tout particulièrement d'être accueillie avec bonté par les chrétiens de la ville où elle arrivera comme étrangère, parce qu'elle a elle-même accueilli avec bonté les frères qui arrivaient à Cenchrées. C'est ainsi seulement qu'elle a pu être la patronne de l'apôtre Paul, par les services qu'elle lui a rendus comme aux autres chrétiens débarquant dans ce port. Ces fonctions n'ont rien de commun avec celles des proïstamenoi, ni même avec celles du ■koozgzlik que nous rencontrerons jalus loin.
1. Cfr. / Cor., II. 6-7 (et les passages cités dans la C lavis N. T. de Wilke, s. V.). Il ne s'agit pas ici d'une classe spéciale d'initiés formant une aristocratie religieuse de la communauté. Tous les vrais chrétiens sont TsXetot, parce qu'ils ont reçu l'esprit de Dieu. Ils sont tous initiés et, comme tels, opposés au reste des hommes incapables de saisir la vérité salutaire, sagesse de Dieu, folie de la Croix. Cfr. Heinrici, Das erste Sendschreiben..., 1, p. 105 et suiv. — En général, les tbiases des divinités orientales, en Grèce, avaient des initiations et des pratiques mystérieuses de purification et offraient airîsi à leurs adeptes des réductions faciles des grands mystères (cfr. Foucart, O. c, p. 10 et suiv, ; p. 166). — Les auteurs chrétiens, surtout de l'École d'Alexandrie, et l'Église ultérieure, par la discipline du secret, s'attachent à mettre en
naturellement la grande révélation dont il est dépositaire aux révélations par lesquelles le paganisme prétendait apporter le salut à ses initiés, on serait mal venu à déduire que les premières communautés chrétiennes se constituèrent selon le type des mystères éleusiniens ou autres. Il n'y a aucun rapport entre les deux organisations, A bien plus forte raison ne suffit-il pas de signaler la substitution du mot ÈxxX-rjaia à cclui de cu^a.-((.ùjri pour rattacher les communautés pauliniennes aux éranes païens. Ce mot avait passé depuis longtemps dans le langage judéo-hellénique ^
Mais on insiste. Les formes ultradémocratiques de la vie sociale, la promiscuité qui règne dans l'association entre gens de toute nationalité, de tout rang, do toute origine', la
relief certains rapports du mystère chrétien avec les mystères grecs. Mais il n'y a là qu'une simple analogie qui n'a exercé aucune intluence sur la constitution ecclésiastique. Dans les premièrescoiïimunautéschrétiennes, il n'y arien qui corresponde aux nombreuses cérémonies symboliques, aux épreuves et aux pratiques magiques de purification des mystères. La conception de saint Paul appartient bien plutôt à la famille des systèmes gnostiques, parce qu'elle se concentte dans l'opposition des Tcv£Dij.aT:izot aux 'l^'jyjiv.o'. et aux <Tap-/,'.-/.o(. En général, les mystères et les thiases païens rattachent le salut à l'effet magique des symboles de l'initiation et des pratiques rituelles, les systèmes gnostiques à la supériorité de certains esprits doués par nature de capacités suijérieures. Pour Paul, l'état pneumatique est un don de Dieu. Le psychologue rattachera ces diverses apparitions à une même tendance de l'esprit humain et, en ce sens, l'analogie reconnue par l'Église des premiers siècles est juste ; mais historiquement les mystères et les systèmes gnostiques sont indépendants les uns des autres.