‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 47 sur 163 · Voir p. 113, n · texte numérisé non relu

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2. Les thiases qui n'avaient pas un caractère strictement national avaient toujours été largement ouverts aux gens de toute origine. M. Michel Clerc, Les Métèques Athéniens (Paris, Thorin, 1893), écrit à propos des associations religieuses du 1V° siècle avant J.-C. : « L'admis- » sion, et l'admission sur le pied d'égalité, d'étrangers de toute condition, » libres ou non, était une condition nécessaire de la prospérité, de la » vie môme des thiases, de ceux du moins dont le culte s'adressait à y> quelqu'une des grandes divinités de l'Orient. 11 fallait bien qu'ils

participation active des femmes aux assemblées S la juridiction exercée sur les délinquants par l'église elle-même, et non par des magistrats désignés à cet effet, la substitution du dimanche au sabbat juif, les agapes ou banquets fraternels, tout cela, nous dit-on, est étranger aux mœurs et aux traditions de la synagogue, tout cela est emprunté aux associations religieuses païennes. Sous certaines réserves la première partie de cette thèse est juste. Les églises chrétiennes fondées par Paul et ses disciples sont plus qu'une simple modification des synagogues juives de la Dispersion. En rompant avec le caractère national et particulariste dont la synagogue judéohellénique, même la plus libérale, ne parvenait pas à se dégager, les premières églises chrétiennes universalistes étaient nécessairement amenées à briser la constitution

»' s'ouvrissent à la foule des métèques et des esclaves d'origiite- barbare » qui, saûs cela, se seraient trouvés sans dieux et sans cultes. » (P. 126.) L'universalisnie n'avait fait que se généraliser depuis cette époque. — Pour ce qui concerne la composition de certaines communautés pauliniennes, voir ci-dessus p. 113 et suiv.

1. Sur la participation des femmes aux thiases grecs, voir Foucart, O. c, p. 10, 21, 148 et suiv. ; Wescher, Revue archèoL, II (1865), p. 226. — Sur la participation des femmes aux réunions chrétiennes, voir / Coi^inthiens, xi. 3-16, et xiv. 34-35, où il faut noter les restrictions étrangères aux moeurs des thiases, par lesquelles l'apôtre entend assurer l'attitude réservée de la femme chrétienne dans les assemblées, — et les nombreux passages, tels que Rom., xvi. 1-3, 6, 12; Philippiens, IV. 2-3, etc., où Paul mentionne des femmes qui ont été les collaboratrices actives et dévouées de la première propagande chrétienne. — Toutefois il n'y a aucune preuve que des femmes aient été revêtues de dignités ecclésiastiques. Il y en a qui sont diaconesses, veuves, prophétesses, mais nous n'en connaissons aucune qui ait été presbytre ouépiscope, tandis que dans les thiases orientaux il y a souvent des prêtresses.

2. 1 Cor., XVI. 2, le seul passage qui se rapporte expressément au dimanche, n'implique pas, à strictement parler, la substitution du dimanche au samedi, comme jour de réunion; mais il suppose cependant que le premier jour de la semaine a déjà une valeur particulière pour les chrétiens.

administrative et sociale de la synagogue, parce que celle-ci n'était plus appropriée à la situation nouvelle, et l'on comprend aisément que durant la première période, en quelque sorte révolutionnaire, de ces églises naissantes^ alors qu'elles n'avaient encore aucune tradition ni aucune organisation fixe, les membres d'origine païenne y aient apporté quelques-unes des habitudes et un peu des mœurs qui leur étaient familières. La souveraineté toute démocratique de l'assemblée s'accordait avec l'idée que l'inspiration religieuse, la puissance du Christ glorifié et du Saint-Esprit dans les âmes des fidèles, était la seule source véritable d'autorité. La loi juive n'étant plus la charte de l'association, c'était également l'inspiration de la foi qui devait fournir la règle souveraine des jugements disciplinaires. Les barrières entre les membres d'origine juive et ceux d'origine païenne ayant été enlevées, l'égalité entre les fidèles de toute provenance se substituait nécessairement à la relégation en seconde catégorie à laquelle l'exclusivisme national de la synagogue juive condamnait les incirconcis. Mais nous avons déjà vu que toutes ces innovations, hardies et grosses d'avenir, n'étaient après tout que les conclusions naturelles de prérnisses qui avaient déjà été posées dans la synagogue judéo-hellénique\ Il n'est donc pas nécessaire de les attribuer exclusivement à l'influence des associations païennes. Celles-ci ont pu faciliter une pareille transformation, mais elles ne l'ont pas suscitée. Le principe en remonte plus haut, le germe d'où elle procède s'est formé à mesure que l'esprit grec a pénétré la synagogue juive, et il a éclaté le jour où il fut fécondé par le rayonnement de l'Évangile du Père céleste.

Connaissons-nous assez bien les synagogues de la Dispersion pour pouvoir déterminer jusqu'où allait leur caractère démocratique, jusqu'à quel point elles avaient adopté certaines coutumes des associations païennes et quelles étaient

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