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en pratique, dans les synagogues les plus libérales, les relations entre les Juifs d'origine et les adhérents recrutés parmi les Gentils? Des inscriptions nous apprennent que les associations religieuses juives votaient des récompenses honorifiques à leurs membres les plus méritants, tout comme les associations païennes, avec cette seule différence que l'on n'introduisait pas l'image ou le buste du lauréat dans l'enceinte sacrée, mais que l'on se bornait à l'inscription et à la commémoration annuelle du décret'. D'autres inscriptions mentionnent des femmes parmi les personnages honorés par la synagogue, elles prenaient donc parfois une part active, sinon au culte, du moins aux affaires de la communauté'. La

1. Philon, décrivant les dévastations commises par la populace d'Alexandrie dans les synagogues, lui reproche d'avoir brCilé ou enlevé les écussons, les couronnes d'or, les stèles et les inscriptions qui s'y trouvaient (De Lcgat. ad Ca/um, 20). — Dans l'inscription déjà citée de Bérénice, à peu près contemporaine du Christ, les archontes et l'assemblée des Juifs décident de décerner à Marcus Tittius des louanges et de couronner son nom à chaque réunion solennelle et à chaque nouvelle lune avec une couronne d'olivier enrubannée (C /. G., 5361). — D'après une inscription de Nouvelle-Phocée la synagogue des Juifs de cette ville a honoré Tation, fille de Straton, à"une couronne d'or et lui a décerné le privilège de proédrie (Bulletin de Con\ helL, X (1886), p. 327). — L'honneur de la Trptoxoy-aGôSpîa dans la synagogue , le privilège de 7cpwî:o-/.X'.<ï!a aux banquets étaient .ainsi très probablement des distinctions accordées par les assemblées des Juifs dès le temps de Jésus; c'est pour cela que les Pharisiens les recherchaient avidement [Év. de Matih.., xxiu. 6; Marc, xn. 39; Luc, xi. 43; xx. 46). — Sur ce point, par conséquent, la synagogue juive se rapprochait plus des pratiques usuelles dans les thiases (Foucart, O. c, p. 33 et suiv.) que les premières églises chrétiennes où nous n'avons pas connaissance de rien de semblable avant le culte des martyrs. — Voir plus loin, sous le paragraphe traitant des Épi très pastorales, les distinctions accordées aux presby très méritants et qui consistaient dans une part plus grande des offrandes.

^2. Cfr. l'inscription de Nouvelle-Phocée déjà citée : Tation est récompensée pour avoir construit à ses frais la salle et Tenceinte du temple. Voir plus haut, p. 112, n. 3, la mention de « matres synagogae ». — Divers passages des Actes dos Apôtres attestent l'importance du rôle

synagogue n'a pas d'agapes, il est vrai, pas plus d'ailleurs que les associations païennes ; mais les banquets fraternels qui avaient une si grande importance pour ces dernières étaient-ils complètement inconnus aux membres de la synagogue? Pourquoi alors Jules-César, en autorisant expressément les Juifs à former des thiases, aurait-il stipulé pour eux le droit de se réunir dans des repas collectifs ' ? Les communautés chrétiennes n'envoient pas de tribut au Temple de Jérusalem, cela va de soi ; mais les collectes organisées par Paul en faveur des pauvres de la communauté chrétienne de

des femmes dans les synagogues juives: xiii. 50; xvii. 4 et 12. — Josèphe dit qu'à Damas presque toutes les femmes étaient gagnées au Judaïsme {De Bello JucL, 11. 20. 2). Les femmes, n'étant pas soumises à la circoncision, s'afiQliaient plus facilement que les hommes à la synagogue.

1. Josèphe, A At«;. ./«rf., XIV. 10. 8 : Toctoç Kaîaap [a-ivouç tou-ûo-jç

(c'est-à-dire les Juifs) ou-/ £-/.;,jXD(Tev ouxs ^p-/;p.ai:a ffuvs'.çcpÉpe'.v out£ aûv- SsOTva TTotsTv. Ce témoignage formel garantit l'existence de banquets collectifs dans les colonies juives de la Dispersion, et cela seul importe ici. Il est beaucoup plus difficile de tirer au clair si des banquets analogues existaient chez les Juifs de Palestine : d'après Lécitiqtic, vu. 11 etsuiv., la chair du sacrifice d'action de grâces et de reconnaissance doit être mangée le jour même par les sacrifiants, et l''on connaît les repas en commun des Esséniens. Ces derniers repas sont ceux qui offrent le plus d'analogies avec les agapes chrétiennes. A moins de refuser tout crédit aux traditions enregistrées par l'auteur des Actes dans ses premiers chapitres, les repas en commun devaient être fréquents dans la petite communauté naissante de Jérusalem (ii. 46; vi. 2). — Les agapes, tout au moins hebdomadaires, sinon quotidiennes, des chrétiens de Corinthe, procèdent de cette conception chrétienne primitive de la vie sociale plutôt que des banquets, beaucoup moins fréquents, des associations religieuses païennes. Ce qui est vrai, c'est que les chrétiens d'origine païenne, familiarisés de longue date avec les repas d'éranistes, durent accepter très facilement l'institution des agapes et qu'ils furent sans doute portés à y introduire les manières joviales des fêtes corporatives païennes. Ici encore les analogies extérieures des pratiques et des symboles ne doivent pas faire perdre de vue les différences radicales des idées ou des sentiments qu'ils traduisent (voir plus haut, p. 116, n. 3).

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Jérusalem n'ofïrent-elles pas de singulières analogies avec les contributions affectées par la synagogue au Temple de la capitale juive^ ?

Le contraste entre l'organisation de la synagogue juive telle qu'elle est constituée dans les colonies de la Dispersion et celle de l'Église chrétienne est donc moins profond que certains ne le prétendent. Si nous ajoutons que, même dans les églises où l'élément d'origine païenne est le plus nombreux, comme par exemple à Corinthe, le fond de la communauté était certainement composé de transfuges de la synagogue familiarisés avec l'Ancien Testament, puisque dans nos deux ÉpUres aux Corinthiens l'apôtre en appelle très fréquemment au témoignage des livres sacrés juifs ^; si nous observons que le culte, tout en différant beaucoup de celui de la synagogue à cause du rôle prépondérant de l'inspiration religieuse, se distingue encore bien plus de celui des associations religieuses païennes dont le sacrifice et les cérémonies rituelles constituent les éléments essentiels*;

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