Apolog
â9â LES ORIGINES DE l'ÉPISCOPAT
De quelle façon se faisait cette répartition? Nous l'ignorons. Mais il semble bien résulter de l'exhortation adressée par le saint Paul des Pastorales à son disciple Timothée que la communauté intervenait, lorsqu'il s'agissait de décerner à quelqu'un, en guise de récompense pour son zèle, une part plus considérable que la part normale, soit que cette décision fût prise en assemblée générale, suivant les précédents des associations religieuses démocratiques de la société grécoromaine, soit qu'elle fût délibérée par le conseil directeur de l'église et simplement soumise à la ratification tacite du peuple chrétien, qui était censé approuver lorsqu'il n'y avait pas d'opposition. Comment s'expliquer, en effets que les y-aXwç TcpoEa-uroTeç TrpeaS'kepoi doivent seuls avoir uiie double récompense, s'il n'y a personne pour juger quels sont ceux dont les services méritent un pareil honneur? Il ressort de ce texte que dans les communautés chrétiennes de l'Asie hellénique, aux abords de l'an 100., les presbytres avaient une part des offrandes faites à la communauté; que cette part pouvait être augmentée à titre de récompense honorifique, et que, par conséquent, les presbytres étaient, directement ou indirectement, justiciables de l'assemblée générale du peuple chrétien, comme cela se passait dans les synagogues de la Dispersion et dans les associations religieuses grecques \
Il est très frappant de constater dans des documents aussi différents au point de vue théologique que la Didachê et les Pastorales, le même besoin de substituer des règles fixes à l'arbitraire des offrandes spontanées pour la rémunération équitable des serviteurs de la cause chrétienne, le même souci d'éviter l'exploitation de la crédulité et de la charité des fidèles', tout en assurant aux propagateurs de la vie spi-