‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 81 sur 163 · Il Tim.,n.2Q · texte numérisé non relu

Il Tim.,n.2Q

police que l'autorité civile pouvait prendre inopinément à l'égard de l'administrateur d'un collège illicite, soumis au régime du bon plaisir des autorités. Il est fort probable que ces considérations d'ordre politique pesèrent souvent d'un grand poids pour décider du choix des épiscopes, d'autant qu'il ne devait pas y avoir dans la plupart des communautés un grand nombre d'hommes offrant assez de surface pour répondre à toutes les exigences de l'épiscopat. En tous cas nous voyons ici encore une fois dans les Pastorales la genèse d'un des éléments les plus importants de l'épiscopat ignatien, savoir la représentation de la communauté en la personne de son évoque dans ses relations avec ceux du dehors.

Presbytres et épiscopes. Leurs rapports mutuels et leurs relations avec la communauté.

Il y a ainsi une distinction très sensible entre les fonctions de l'épiscope et celles des presbytres, quoiqu'elles se touchent ou se rejoignent sur bien des points. Les presbytres forment le conseil de la communauté, constituent son gouvernement; ils ont pour mission principale la cure d'àmes, c'est-à-dire une fonction toute morale et religieuse. Les épiscopes, au contraire, dirigent l'administration matérielle, inspectent le fonctionnement général de la société, veillent à l'application des statuts et règlements et sont amenés par leurs occupations mêmes à représenter la communauté dans ses relations avec le monde extérieur ; ils ont une fonction avant tout administrative et disciplinaire. Ces différences sont assez tranchées pour qu'il ne soit pas permis d'identifier les presbytres et les épiscopes. L'interprétation formelle.

grammaticalement la pkis simple, des deux passages où les Pastorales traitent de l'ëpiscope est confirmée par l'analyse de leur contenu essentiel.

L'attribution commune la plus importante par laquelle ils semblent se confondre est justement celle qui n'est primitive ni pour les unsnipour les autres : c'est l'enseignement, levcoitiâv £v Àôytp -/caî otoacrxaXî?, la fouctioii Originellement réservée, non aux dignitaires ou magistrats de la communauté, mais aux inspirés, à ceux qui ont reçu de Dieu et du Christ un 7 âp'.a[j.a, les prophètes et les didaskaloi. Par la force même des choses il était inévitable que ces attributions, capitales dans une société exclusivement consacrée à la vie spirituelle, fussent accaparées par les dignitaires de chaque église, aussitôt que l'organisation ecclésiastique commencerait à prendre une certaine consistance, soit que les prophètes ou les instructeurs charismatiques fissent défaut (comme dans les communautés plus tranquilles et plus retirées visées par isi Didachê), soit qu'ils fussent au contraire trop nombreux, trop puissants, et que leur individualisme envahissant rendît impossible la constitution d'un gouvernement régulier. Comme membres du conseil directeur de la communauté, les presbytres devaient être amenés à entrer en lutte avec les docteurs ou prophètes dont l'enseignement allait à fin contraire des tendances presbytérales ; comme conseillers et médecins des âmes, ils devaient se heurter à, chaque instant à ces propagateurs de doctrines funestes « qui s'insinuaient dans les maisons et s'emparaient de l'esprit des petites femmes chargées de péchés », et il était naturel qu'ils fussent portés à ne pas les combattre seulement par l'action personnelle et privée auprès des membres de l'église exposés à se laisser séduire, mais encore à les attaquer dans les assemblées par des exhortations collectives, des discours et des prédications. D'autre part, en leur qualité d'inspecteurs de la discipline, les épiscopes n'étaient pas moins exposés à rencontrer l'opposition des fauteurs de doctrines dangereuses.

en sorte que le devoir de les réfuter s'imposait à eux également, surtout lorsque les doctrines propagées entraînaient des pratiques contraires à la discipline admise par le conseil de la communauté.

Que l'activité didactique des presbytres et des épiscopes soit une extension de leurs attributions primitives,, cela n'est pas douteux. Ce qui est plus sujet à caution, c'est la nuance qu'il est peut-être possible d'établir entre l'enseignement des presbytres et celui des évoques. Est-ce trop presser la lettre des textes, de conclure du fait que les presbytres sont invités à -/.oTC'.âv iv Xô^tij -/.a'. 8'.oacTx.aX(a, taudïs quc los épiscopes doivent être oiSa/.-ctxo'! pour fermer la bouche à l'adversaire, que l'enseignement ou la prédication presbytérale devaient être exercés d'une façon plus suivie et plus régulière, comme une véritable instruction religieuse normale, tandis que les instructions épiscopales auraient eu davantage le caractère exceptionnel d'une intervention disciplinaire et déjà quelque peu d'un mandement? Nous ne donnons cette, observation que pour une hypothèse vraisemblable, mais indémontrable dans l'état actuel de nos connaissances.

L'assimilation généralement pratiquée .par les historiens ecclésiastiques indépendants entre les presbytres et les épiscopes des premières communautés chrétiennes, nous a obligé à insister dans l'analyse détaillée des textes,avant tout sur la distinction originelle des fonctions épiscopales et presbytérales dans les églises helléniques. Il convient toutefois de ne pas aller trop loin dans cette voie et, sous prétexte de corriger une erreur, de ne pas tomber dans l'erreur opposée. L'épiscopat et le presbytérat sont deux institutions différentes, dès les premiers temps de l'Église chrétienne, mais dans les communautés helléniques tout au moins ils sont aussi dès le début dans le plus étroit rapport. Cela ressort clairement des passages que nous avons étudiés'. Ce sont

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