Cor., XIV. 34-35; I Tlinothèe, ii
LÈS ÉÔLiSËS A LÀ FIN DÛ PREMIER. SiècLE 339
jamais fermés et, dans le diaconat lui-même qui convient cependant si bien aux aptitudes de la femme, elles ne seront jamais que des subordonnées, chargées de certains services que la décence ne permet pas aux hommes de remplir auprès de leurs ouailles féminines. Les Epîtres pastorales nous montrent que, déjà dîins les communautés helléniques du commencement du second siècle, ce fut sous une autre forme et à d'autres titres que les femmes furent appelées à se mettre au service de l'évangile.
Les V)eiœes\ — Après avoir exhorté Timothée à parler aux hommes âgés comme à un père, aux femmes âgées comme à une mère, aux jeunes gens comme à des frères et aux jeunes femmes comme à des soeurs, l'auteur de la P^ Épître à Timothée s'exprime ainsi (ch. v. vv. 3-16) : « Honore les )) veuves, du moins celles qui sont vraiment veuves (v. 3). » Si une veuve a des enfants ou des petits-enfîints, il faut » c^u'ils apprennent à exercer leur piété d'abord envers leur )) propre maison et qu'ils rendent à leurs parents [ce que )) ceux-ci ont fait pour eux]; car c'est là ce qui est agréable )) à Dieu (v. 4). Mais la veuve véritable et qui a été laissée » seule a mis son espoir en Dieu et se consacre nuit et jour » aux prières et aux oraisons (v. 5). Celle qui se conduit » d'une façon dissipée, quoique vivante, est morte (v. 6). »
« Annonce-leur ces choses afin qu'ils soient irréprochables )) (v. 7). Car celui qui ne prend pas soin des siens, et surtout » des membres de sa propre maison, a renié sa foi et il est » pire que l'infidèle (v. 8). »
« Pour qu'une veuve soit inscrite au rôle, il faut qu'elle » n'ait pas moins de soixante ans, qu'elle n'ait été mariée » qu'une fois (v. 9) et que ses bonnes œuvres rendent témoi-
1. Ce paragraphe n'est que le résumé d'un mémoire que j'ai déjà publié dans le t. I de la Bibliothèque de l'École des Hautes Études, section des sciences religieuses {Etudes de critique et d'histoire) sons le titre: Le rôle des oeuoes dans les communautés chrétiennes priniitioes, p. 231 à 251 .
» gnage en sa faveur : si elle a élevé des enfants, exercé » l'hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les éprouvés, » si elle s'est consacrée à toute sorte de bonnes œuvres [il » faut l'admettre] (v. 10). Mais refuse les jeunes veuves ; car » lorsqu'elles sont fatiguées de Christ, elles veulent se marier » (v. 11), sans se laisser arrêter par la condamnation [qui les » attend] pour être devenues infidèles à leur foi première » (v. 12), De plus, comme elles n'ont rien à faire, elles » prennent l'habitude d'aller de maison en maison, et non » seulement elles vivent dans l'oisiveté, mais encore elles » sont bavardes, elles se mêlent de tout et tiennent un lan- » gage qui ne convient pas (v. 13). »
« J'entends donc que les jeunes se marient, qu'elles aient » des enfants, qu'elles tiennent leur ménage et qu'elles )) n'offrent aucune prise à l'adversaire en prêtant à la médi- )) sance (v. 14). Quelques-unes déjà se sont détournées [de )) leurs devoirs] pour retourner à Satan (v. 15). »
« S'il y en a parmi les fidèles, hommes ou femmes, qui » aient des veuves à entretenir, qu'ils pourvoient à leurs )) besoins, afin que l'église n'en soit pas chargée et qu'elle » puisse suffire à l'entretien de celles qui sont vraiment » veuves (v. 16). »
Deux questions se posent ici : Que faut-il entendre par ces « veuves » ? Quel était leur rôle dans les communautés helléniques visées par l'Épître? La teneur et l'étendue de la notice que le rédacteur leur consacre, dénotent que leur situation n'était pas suffisamment précisée dans les églises auxquelles il s'adresse et qu'il en résultait des abus, parfois même des scandales.
Les veuves ecclésiastiques sont des assistées; cela n'est pas douteux. Leur entretien pèse lourdement sur le budget des communautés, puisque l'auteur revient à deux reprises sur Tobligation qui incombe aux enfants ou aux proches parents de subvenir eux-mêmes aux besoins de leurs mères ou des veuves qui sont naturellement à leur charge, de peur
que la caisse ecclésiastique ne puisse pas y suffire (v. 4 et 16). Celle-ci doit venir en aide tout d'abord à celles qui sont vraiment veuves (xaTç ovcwç j^r^pat!;). L'auteur attache une si grande importance à cette distinction entre les /^pat et les ô'v-tos /3?xt qu'il y revient jusqu'à trois fois (v, 3, 5 et 16). La « veuve véritable » pour lui, c'est celle qui est absolument sans famille, sans soutien, la [ji£[jiovu)[jisvr, (v. 5), celle qui est restée seule. Jusque-là, pas d'hésitation possible. Mais il faut aller plus loin et reconnaître que le sens de « femme abandonnée, dépourvue de tout soutien naturel )), prime ici le sens plus restreint de « veuve ou femme ayant perdu son mari ». Le terme grec /vipo? autorise cette interprétation ; il désigne non seulement l'homme ou la femme qui a perdu son conjoint, mais aussi toute personne privée de parents et d'amis. D'après Hésychius, la yj.pot. n'est pas seulement la femme qui, après avoir perdu son mari, ne cohabite pas avec un autre homme, mais aussi la femme privée d'homme, par exemple la femme célibataire, isolée dans le monde \ Or, clans la P^ Épître à Timothée la seconde acception s'impose. En effet, l'auteur réclame, d'une part, que l'on n'assiste aucune veuve qui aurait été mariée plus d'une fois (v. 9) et, d'autre part, il ordonne de repousser les jeunes /-?ipat et leur recommande de se marier, d'avoir des enfants et de remplir les devoirs d'une maîtresse de maison' (v. 14). Il estinadmis-