‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 90 sur 163 · Voir plus haut, p. 324 et suiv · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. 324 et suiv

2. Aussi dans le passage déjà signalé de YÉpitre aux Smjjrniens, d'Ignace, les « vierges dites veuves » sont-elles saluées avec les familles des chrétiens, au ch. xiii, et non avec l'évêque, les presbytres et les diacres, au ch. xii. — Elles occupent dans l'assemblée une place d'honneur; mais elles font partie de l'assemblée et n'appartiennent pas au « bureau », si l'on veut bien permettre cette expression.

leur imprime un caractère d'infériorité ou les mette dans une situation subordonnée à l'égard de leurs bienfaiteurs, elles sont au contraire un honneur pour la communauté. Elles revêtent un caractère sacré, parce qu'elles sont à proprement parler les femmes de Dieu, de même que les orphelins sont les enfants du Seigneur, Dénuées de tout autre appui dans ce monde, elles sont entièrement à lui. Voilà, ce nous semble, la véritable originalité de l'institution chrétienne primitive. Elle renverse le rapport que l'on établit en général entre les assistés et leurs bienfaiteurs, en conférant à l'assisté une dignité morale qui le place au-dessus de son bienfaiteur lui-même. Elle dérive des principes fondamentaux de la conception chrétienne du monde et de la vie : la réhabilitation des malheureux, des faibles et des opprimés; la sanctification de la souffrance considérée comme une épreuve préparatoire du salut ; la ferme persuasion que du haut en bas de l'univers, depuis le Messie ou le Logos jusqu'à la plus humble des créatures, l'abaissement et les tribulations doivent précéder l'épanouissement de la vie éternelle; la conviction que les victimes de la destinée sont tout particulièrement marquées du sceau de Dieu ; toutes ces expériences et ces assurances morales des premiers chrétiens conféraient une sorte de caractère sacré aux malheureuses par excellence, les femmes abandonnées, les veuves et les orphelines \

De là des obligations pour elles. Elles doivent être toutes à Dieu; elles doivent persévérer nuit et jour dans la prière {y. 5). Il faut éviter à tout prix qu'après avoir été inscrites au rôle des veuves, elles retournent à des amours terrestres et soient infidèles à Dieu en faveur d'un homme. Voilà pourquoi le rédacteur insiste si fort pour que l'on n'admette pas de jeunes veuves et pour que l'on repousse toutes celles qui, profitant des avantages de la situation, en sacrifieraient la

Page 1