Cfr. mon mémoire, p. 240 et
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dignité et les devoirs. Elles doivent être avant tout des modèles de piété. Leur mission n'est pas d'enseigner; le rédacteur des Pastorales, si vigilant lorsqu'il s'agit de sauvegarder la saine doctrine, ne craint rien de la part des veuves\ Elles n'ont pas autorité pour cela. Elles ne doivent pas aller de maison en maison, comme les diacres qui sont les intermédiaires naturels entre les fidèles et la communauté; cependant, puisque les jeunes veuves vont commérer de tous côtés, il est probable que les veuves plus âgées pouvaient faire de la propagande au dehors pour la bonne cause ^ Il faut se les représenter comme un corps de volontaires, agissant à côté des troupes régulières et sous la surveillance du commandement général. La description que nous a laissée Lucien des petites vieilles qui arrivent de bon matin, en compagnie d'orphelins, à la porte de la prison pour apporter des douceurs au pauvre Pérégrinus, est saisie sur le vif \ Ces assistées sont aussi des assistantes et, comme elles étaient, somme toute, dans la dépendance absolue de l'administration qui leur fournissait l'entretien, c'est-à-dire des évoques et des diacres, elles furent très certainement de précieux auxiliaires des chefs de la communauté, à la fois bénéficiaires et pratiquantes de la charité chrétienne.
Quand on compare la place que l'ordre des veuves occupe dans les Épîtres pastorales, dans les Lettres d'Ignace et de
1. Déjà Paul avait prescrit aux femmes de se taire dans les réunions des fidèles (/ Cor., xiv. 34). L'auteur des Pastorales interdit aux feaimes toute activité didactique (/ 77m., ii. 11-15). — Polycarpe, dans VKpitvc aux Philippiens, ch. iv, plus prudent, insiste pour que les veuves soient aiocooovo'jira; r^zpl zf^v toO Kyp(o'j iz'.^jtvj, — d'où il ne faut pas déduire qu'elles fussent chargées d'un enseignement quelconque, mais que dans leurs conversations et dans leurs relations avec les fidèles elles devaient s'en tenir à la saine doctrine ou à la sage doctrine.
2. Cela résulte aussi du passage déjà cité àe VÉpitre aux Philippiens de Polycarpe, où il est recommandé aux veuves de se garder de la médisance, des calomnies, des faux témoignages.