‹ Les origines de l'épiscopat [microform]Chapitre 97 sur 163 · Voir plus haut, p. 103, spécialement note · texte numérisé non relu

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bien avoir été suggérés par une Juive toute-puissante, avide de vengeance contre les hérétiques de sa confession \ Mais il n'est pas besoin de recourir à l'hypothèse. La notice de Suétone est là pour attester que, sous l'impulsion de Chrestus, les Juifs firent du tumulte en Tan 52 et que l'empereur Claude fut obligé de les chasser'.

Toutefois, si la controverse entre juifs et chrétiens fut vive à Rome au P^' siècle, comme partout ailleurs, la genèse de la séparation y fut différente de ce qu'elle avait été dans le monde hellénique. Entre les Juifs demeurés fidèles a l'Ancienne Alliance, interprétée au sens libéral que lui avait donné le judaïsme élargi par le contact du monde gréco-romain, d'une part, et les Juifs ou prosélytes qui, plus logiques, se détachèrent de la Loi juive sous l'impulsion du christianisme, d'autre part, la discussion dut porter avant tout sur l'interprétation des livres sacrés. Les uns comme les autres

1. Poppée, la favorite toute-puissante de Néron, était une prosélyte juive (Josèphe, Ant. JucL, XX. 8. 11; Bell. Jud.,lY . 9. 2; Vita, 3). Clément Romain (Ép. aux Cor., 5), dit que Pierre et Paul souffrirent: 8ià ÇvjXov -/.al (pOôvov, o-.à l'ptv, ce qui semble impliquer des luttes intestines, de la malveillance. D'où pouvaient venir ces animosités à cette époque, sinon des Juifs ? Aux yeux des Romains, les Chrétiens n'étaient encore qu'une variété de Juifs (cfr. Tacite, Ann., XIII. 32; XV. 44, où Vodium generis humant des chrétiens est identique à Vadversus omnes alios hostile odiuin des Juifs, dans Hist., V. 5; Sénèque ne les distingue pas encore; cfr. Renan, V Antéchrist, p. 160). Or cette variété seule fut frappée. Sans aller jusqu'à supposer avec M. Aube {Hist. des perëècuiions de l'Église, p. 421) que Poppée voulut se venger d'une rivale, peut-être chrétienne. Acte, on peut admettre que Poppée qui, d'après Josèphe, s'in ter mettait souvent en faveur des Juifs, aura poussé Néron à frapper les chrétiens pour débarrasser les Juifs de voisins singulièrement gênants et compromettants. Et sans aller jusqu'à soutenir avec M. Schiller, que les chrétiens mirent réellement le feu à Rome, on peut admettre qu'ils prêtaient fort à cette accusation par leurs prédictions apocalyptiques sur la prochaine destruction de Rome par le feu céleste.

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