Voir plus haut, p. 293 et
«qu'un exerce un ministère% que ce soit en vertu delà » puissance dont Dieu le pourvoit, afin que Dieu soit glorifié » en toutes choses par l'organe de Jésus-Christ, » etc. La comparaison de ces versets avec les passages correspondants des Épîtres pauliniennes' montre bien à quel point l'enthousiasme religieux des premiers temps s'est calmé. Au lieu de la longue énumération des Épîtres aux Romains ou aux Corinthiens, il n'y a plus ici qu'une double catégorie de grâces divines, celle qui inspire l'activité spirituelle ou le don de la parole et celle qui inspire l'activité temporelle ou le don de rendre des services à la communauté. Mais, toute réduite que soit cette liste, elle n'en est pas moins précieuse comme témoignage que les charismes agissent encore dans les communautés où vit le rédacteur. Il en résulte que l'activité spirituelle proprement dite n'est pas encore absorbée par les gouvernants ecclésiastiques, et cette constatation nous explique pourquoi l'auteur ne fait aucune mention des devoirs des presbytres dans Tordre de l'enseignement.
Mais, s'ils ne sont pas encore les instructeurs attitrés de leurs églises respectives, les presbytres de la P^ Epître de Pierre se présentent à nous, tout comme leurs collègues des Actes, en qualité' de TTpEaS'j-uepoi eTrtaxoTCoyvcEi;, avec cette différence que leur autorité n'est pas rattachée aune consécration par le Saint-Esprit ainsi que l'auteur des Actes se plaît à le faire pour toute mission ecclésiastique ^ Comme tels, ils sont
1. Il y a dans le texte : sfitç StaxoveT. Il est préférable de garder à ce terme son sens général : « exercer un ministère, » que de limiter le sens aux fonctions spéciales du diacre. Il y a dans cette énumération sommaire une opposition très nette entre les charismes de l'ordre spirituel et les charismes d'ordre temporel.