‹ Les origines de l'eucharistie sacrement et sacrificeChapitre 17 sur 41 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

L'exposé des théories récentes touchant les origines de l'eucharistie, sacrement et sacrifice, nous a permis de saisir l'intérêt que soulèvent les origines eucharistiques dans les milieux indépendants, et il a déjà fixé l'attention sur les principaux problèmes qu'une étude historique de ces origines doit aborder, sinon élucider. Il indique aussi la méthode à suivre pour y réussir : déterminer par une exégèse fidèle, soucieuse de serrer de près la pensée originale des auteurs, le sens des textes du Nouveau Testament qui traitent de l'eucharistie. Les ouvrages de Lietzmann et de Wetter pourraient, il est vrai, nous faire hésiter sur l'efiicacité de cette voie, mais à les considérer de près, c'est leur méthode qui paraît plutôt ouvrir la porte large à une science qui relève Jplus de l'art de deviner que de celui de déterminer le sens d'un document ancien. En effet, la méthode régressive, préconisée par Lietzmann, ne tient guère compte de la distance qui sépare les origines chrétiennes des liturgies même les plus anciennes. Quelle erreur que de se contenter d'une exégèse superficielle des textes tardifs, comme le fait Wetter, pour en déduire une théorie de l'eucharistie, à laquelle on adapte ensuite les textes néo-testamentaires. Du moins convient-il, en toute hypothèse, de rechercher le sens des textes les plus anciens, et de se ranger à leur témoignage, si celui-ci est clair et si, par ailleurs, leur valeur historique ne peut être impartialement contestée. Les liturgies anciennes ne pourront être prises en considération que d'une manière secondaire, pour corroborer les conclusions acquises ou peut-être pour témoigner d'idées et de croyances nouvelles, élaborées au cours d'un développement, long et parfois complexe, difficile à retracer.

Quant à la méthode comparative, il a été, en ces dernières années, répété jusqu'à satiété qu'on ne compare utilement qu'après avoir appris à connaître en eux-mêmes et pour euxmêmes les deux points de comparaison.

Tous ces motifs nous ont engagé à d'étudier en cette deuxième partie les textes néo-testamentaires qui traitent de l'eucharistie. L'ordre des chapitres s'imposait de lui-même. Remarquons seulement que nous avons accordé une importance spéciale à tout ce qui se rapporte au rite eucharistique et au cadre rituel dans lequel il a été célébré. Nous l'avons voulu ainsi, non pas autant en raison des études modernes nombreuses et suggestives consacrées à ce sujet, qu'en raison du caractère d'ancienneté et de fixité qui s'attache plus facilement aux éléments rituels qu'aux croyances que les rites mêmes expriment. En histoire des religions les auteurs se plaisent à souligner le conservatisme des institutions rituelles, alors qu'ils insistent, voire avec exagération, sur l'évolution que les croyances accomplissent facilement.

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