L AUTHENTICITE TEXTUELLE DE LUC, XXII, I9-2O IO
tère qu'à titre subsidiaire. Comme le prétend à bon droit H. J. Vogels (i), la vraie méthode consiste à étudier l'histoire du texte. Malheureusement, comme ce travail n'a pas encore été fait, on devra jusqu'à présent se limiter à rechercher laquelle des différentes formes explique le mieux la genèse de toutes les autres (2).
II. — Th. Zahn (3) accorde la priorité au texte des manuscrits latins b et e, auquel se ramènerait quant à l'essentiel, le texte de Marcion (4), et qui serait également à la base des versions syriaques du Sinaï et de Cureton (5). Pour d'autres raisons, J. Viteau (6) se prononça lui aussi en faveur du même type. Cette hypothèse n'a guère eu de succès. Elle a été minutieusement examinée et réfutée par C. Van Crombrugghe (7). Elle ne peut rendre compte de l'origine ni du texte alexandrin, ni du texte court. Les prétendues corrections de ^ ces deux témoins auraient créé plus de difficultés qu'elles n'en auraient supprimées.
L'hypothèse de la priorité du texte court mérite plus d'attention. La voici telle qu'elle a été proposée récemment par H. Lietzmann dans son ouvrage Messe und Herrenmahl (8). D'après cet auteur le texte de Luc dépend de celui de Marc. Si la structure du récit ne permet plus de le voir, le choix des termes secondaires suffirait à l'attester (9). Malgré les apparences contraires Luc ne nous met pas en présence d'une tradition particulière mais du produit littéraire de ses propres réflexions. Luc a transféré vers le début du récit le logion eschatologique qui, chez Marc, se ratta-
(i) Handbuch der neutestamentlichen Tuxtkritih, p. 233.
(2) Cf. M. GoGUEL, L'eucharistie, p. 112.
(3) Einleif-ung in das Neue Testament, t. II, 3» édit., p. 363-365.
(4) Op. cit., p. 363 : « Wie sich hierzu Marcions Text verhielt ist noch nicht ganz sicher ausgemacht. Jedenfalls hat er nichts von v. 16, 18, 19b... ferner den Kelch, hinter dem Brote, d. 1). gleicb hinter 19 a, und nur einen Kelch. »
(5) <i Ueber... Peschittha ist zur Zeit noch nichts sicheres zu sagen. »
(6) Art. cit.
(7) De soteriologiae christianae primis fontibus, p. 134-142.
(8) P. 215-217. Autrefois H. Lietzmann {An die Korinther.l. Il, 2^ édit., -p. 60) avait également rejeté l'authenticité du v. 19a.
(9) H. LiETZMANN (Messe und Herrenmahl, p. 215-216, note i) relève les mots OTl oûxéTl où u.Y|du V. 16 : à son avis ils proviennent dp Marc, XIV, 25. Malgré ISAi., XXXII, 12 et Hab., III, 17, l'expression révv^p.ar/^ç à^nekou ne serait pas, ellenon plus, stéréotjrpée.Commeils'agissaitde rendre les mots ID^PI ''ID de la formule d,e bénédiction du vin, il eût été plus naturel de traduire par xapitôç t7\C, àu.Tzé'kou. La version des LXX rend le plus souvent ^"iQ par xapTrôç, même lorsqu'il est question du vin (II Reg., XIX, 29 ; Isai., XXXVII, 30 ; Zach., VIII, 12), rarement par vévvA)[Jia.
chait aux paroles sur la coupe et il lui a donné un sens autonome ; de plus, il lui a juxtaposé une seconde déclaration analogue, celleci en rapport avec le caractère pascal de la cène, caractère qui ressort bien de Marc, XIV, 12, 14, 16. Ces opérations amenèrent la suppression des mots : « Ceci est mon sang de l'alliance qui sera versé en faveur de beaucoup », ainsi que l'isolement et la mise en relief des paroles sur le pain. Luc décrit ainsi une cène à laquelle se rattachent des espérances eschatologiques et où le pain figure comme élément essentiel. Cette description cadre bien avec d'autres passages du même auteur. Devant les disciples d'Emmaiis (i) Jésus se contente de rompre le pain. Au livre des Actes, II, 46, le culte qui caractérise la communauté primitive est appelé « la fraction du pain », et l'allégresse qui accompagnait la célébration du rite était probablement inspirée par les perspectives eschatologiques. Toutefois le texte ainsi élaboré heurta dans la suite les traditions liturgiques contraires de l'Église. Aussi devait-il subir des remaniements.
Les versets 17 et 18 en rapport avec la coupe, furent placés derrière les mots qui concernent le pain : ainsi en est-il encore dans les manuscrits latins b et e. De plus, en s'inspirant à la fois du récit de saint Paul et de l'usage liturgique, on compléta la formule du pain : et voilà l'origine du texte de la version syriaque de Cureton. Parfois on interpola le verset 17, et au moyen d'une fusion des textes de Marc et de Paul, fusion analogue à celle des ..formules liturgiques, on établit un parallélisme parfait entre les deux membres du récit : cette dernière forme est représentée par ,1a version syriaque du Sinaï, Quant au texte alexandrin, il emprunta à I Cor., XI, 24-25, les mots qui semblaient faire défaut et les rattacha simplement à la forme brève. Poussant davantage le parallélisme, il ajouta à cette glose les mots To ÛTOp ûfAwv ix'^^uvvdf^evov, pris chez Marc, XIV, 24, avec changement toutefois, sur le modèle de I Cor., XI, 24, de TzoXkb)^ en 'jjUwv, et créa le terme 8i.8ôfAevov comme pendant de lx5^uvvô,uevov. Enfin, la Peshitto corrigea encore le texte alexandrin en y supprimant les vv. 17 et 18 : de la sorte le texte authentique était à peu près complètement remplacé par les interpolations.
Encore plus récemment que Lietzmann, F. C. Burkitt (2) a sou-
(i) Luc. XXIV, 30, 35.
(2) On Luke XXII, 17-20, dans le Journal of Theological Studies, t. X.XVII1, 1927, p. 178-181.
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tenu la priorité du même texte. Voici les considérations qu'il fait valoir. La forme non usuelle ou, pour mieux dire, non liturgique, étant probablement la plus ancienne, le choix se portera soit sur le texte alexandrin, soit sur le texte court. Or tout plaide en faveur de ce dernier. Supposer qu'on ait omis les paroles de l'institution pour ne retenir qu'un texte plus vague, moins sacré, moins familier et pour une bonne part propre à Luc, c'est risquer une conjecture extrêmement invraisemblable. Le texte alexandrin n'est d'ailleurs qu'un amalgame des récits de Marc, de Paul et des éléments propres à Luc (i). Au reste l'omission de è<yv.y au V. 20 ne pourrait s'expliquer dans la supposition de l'authenticité, puisque l'évangéliste se montre plutôt porté à suppléer les copules qui manquent dans ses sources (2). Quant à l'origine et à la date du texte alexandrin, M. Burkitt émet l'hypothèse suivante. L'évangile de Luc a été détaché des Actes pour être associé aux évangiles de Matthieu, de Marc et de Jean. L'opération aura probablement laissé des traces dans le texte. En fait, il en est ainsi vers la fin de l'évangile en cette partie qui constituait autrefois le milieu du livre entier. En huit ou neuf endroits du dernier chapitre, D et les anciens manuscrits latins, appuyés généralement, quoique pas toujours d'une façon uniforme, par l'ancienne version syriaque, omettent des passages attestés par tous les autres témoins. L'examen interne montre que ces passages ne sont probablement pas authentiques : ils s'expUquent comme des gloses ajoutées par un éditeur pour conformer la première partie de l'ouvrage aux évangiles auxquels on voulait l'associer. Il en est ainsi de XXIV, 6a, 11, 36, 40, 51 et 52 ; il en aura été de même de XXII, 19b et 20. Le texte alexandrin daterait donc de l'époque à laquelle le canon officiel des quatre évangiles fut constitué.
Que f aut-U penser de ces théories ? M. Lietzmann souhgne à juste titre l'importance du facteur liturgique dans la genèse des différentes formes du texte, mais il ne semble pas que cette influence du culte se soit exercée dans le sens indiqué par l'auteur. L'hypothèse ne parvient à expliquer ni l'origine du texte, ni la dérivation des autres formes. La transposition du logion eschatologique de Marc, l'élaboration d'un second logion, pascal, l'omission des mots
(i) Luc. XXII. 17-18.
(z) H. J. Cadbury, dans The Style and Literary Method of Luke (Extrait des Harvard Theological Studies, VI); Cambridge, 1919. a relevé neuf passages dans lesqueLs Luc a ajouté une copule dans ses sources.
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« Ceci est mon sang de l'alliance qui sera versé pour vous », mots qui devaient pourtant paraître essentiels : voilà autant de conjectures absolument invraisemblables. Le texte de Marc ne pouvait pas créer de difficultés et la liturgie n'invitait pas à le transformer comme le suppose M. Lietzmann. C'est à tort qu'il en appelle ici à d'autres passages de Luc. Comme nous le verrons plus loin, ceux-ci ne supposent pas l'existence d'une cène dont le pain était l'unique élément. D'ailleurs la priorité du texte court ne peut rendre compte de l'origine du texte alexandrin : c'eût été une correction trop maladroite que d'introduire deux coupes dans le récit alors que la pratique liturgique n'en connaissait qu'une. Enfin si les vv. 19b et 20 provenaient d'une glose s'mspirant du récit paulinien, pourquoi l'interpolateur n'anrait-il pas ajouté le second ordre de réitération ? Ces deux dernières considérations, dont la première nous paraît péremptoire, valent également contre l'hypothèse de M. Burkitt et dispensent par conséquent de discuter les différentes affirmations qu'elle comporte (i).
III. — C'est pour éviter les difficultés créées par l'hypothèse de la priorité du texte court que H. N, Bâte (2) a proposé récemment de rejeter également comme non authentique le v. 19a. Voici comment il s'en explique. Luc lisait chez Marc, XIV, 25, le logion eschatologique sur la coupe. Il l'abrégea mais ajouta par contre une autre déclaration, en rapport avec la Pâque. Son récit de la dernière cène s'ouvrait ainsi par une allusion à la fois solennelle et mystérieuse à la nourriture et à la boisson de ce repas. Dans le texte reçu cette double mention est ensuite répétée sous sa forme liturgique complète, tandis que dans le texte de D l'allusion au breuvage n'est suivie que par un récit de la fraction eucharistique du pain, récit qui se termine d'une façon singulièrement brusque. Dire que ce dernier texte ne fait qu'intervertir la succession liturgique normale : pain, coupe, c'est mal exposer les données du problème. Ce n'est pas d'une question d'ordre, mais d'une surcharge que naît la difficulté et c'est cette surcharge qu'il importe d'expliquer.
(i) Ces raisons valent aussi contre l'essai non moins manqué de H. H. Huber, qui retrouve lui aussi dans le texte bref de Luc un type d'eucharistie à seule consécration du pain : op. cit., p. 67-68. L'auteur retient comme authentiques les versets 15-18, 21 etsuiv.
(2) The « Shorter Text » 0/ Si. Luke, XXII, 15-20, dans le Journal of Theological Studies, t. XXVIII, 1927, p. 362-368.
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Le texte grec qui servit de base à la version syriaque du Sinaï est plus récent que celui utilisé par la version syriaque de Cureton : les additions de to ùizkp û[xwv ot.5()[xsvov •ou^•w; izoLBi-ze xtI. et de ToÛTo ê(7T',v tô aUjjtâ ^ou, ■r\ xaivr, ôt,a9T|X7| le prouvent. A son tour la forme attestée par la Curetonienne est postérieure à celle conservée par les manuscrits latins b et e: les tournures le montrent. Comparons dès lors ce dernier texte avec celui de D. Abstraction faite des détails de moindre importance, la différence se ramène au seul fait que dans D les mots xaiXa^wv apTOV...TÔ (7W[Jt.à pou suivent s'ox; ôtou eXO'/) T| pao-ùeia to'j Osoù, tandis que, dans b et e, ces mêmes mots sont rattachés à £0)1; o-ou TcX'/^p(.»9ri év T'^ py.(T(.Xe'!a Toû Gsoû. Les deux formes de textes semblent être deux essais très anciens et très ressemblants pour éliminer un passage dif&cile, ou plutôt elles reproduisent le même essai, mais manqué dans un des cas. En effet, lorsque dans deux témoins différents mais appartenant à une même famille il se rencontre une surcharge en deux endroits différents, tout porte à croire que cette surcharge n'est qu'une interpolation. Or, dans le cas présent la présomption est particulièrement forte : la petite section xal XajSwv apTov... to (7top.â [i-ou se présente d'une façon étrange dans D, d'une façon moins étrange dans b et e, mais elle suit chaque fois les mots paa-tXeia Toû 6eoû. N'est-il pas probable que cette section constitue une interpolation destinée à être insérée à l'endroit où elle figure dans b et e, mais placée par erreur derrière le second [3a(7'.Asia Toû 6eoû dans D ? Toutefois dans sa forme actuelle le texte des manuscrits 6 et e ne saurait être considéré comme original : il ne peut expliquer, semble-t-il, ni l'origine du texte de D, ni surtout celle du texte alexandrin. Comme d'autre part il représente la forme la plus ancienne que nous ayons, force nous est de remonter plus haut et de discerner à travers la forme attestée par ces témoins un texte dans lequel ne figure aucune mention explicite de l'eucharistie. Dès le début un tel récit aura semblé exiger un développement. Seul un tel récit fournit une explication, à la fois simple et adéquate, des autres formes du texte. Il explique évidemment le texte de 6 et de e ; il rend compte également de celui de D. Enfin le texte alexandrin dérive soit directement du texte primitif soit du texte de D. Bref, dans le texte original les w. 15, 16, 17 et 18 ont été substitués à dessein à la mention explicite de l'eucharistie chez Marc : ils sont une allusion discrète à ce rite, allusion que seuls les initiés pouvaient
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comprendre et qui exigeait le dédoublement du logion eschatologique de Marc. La disciplina arcani a laissé ici un vestige non moins authentique que dans le IV^ évangile.
Telle est l'hypothèse de M. Bâte. Il convient d'observer que la plupart des tenants de cette solution, radicale du point de vue de la critique textuelle, l'ont proposée dans un esprit non moins radical du point de vue de l'histoire des origines chrétiennes. A les en croire, le texte primitif de Luc ou de la tradition utilisée par lui et ainsi reconstituée nous décrirait la dernière cène comme un simple repas d'adieu célébré avec la perspective de la réunion au Royaume de Dieu (i).
Nous ne saurions nous rallier à cet essai de reconstitution du texte primitif de Luc. Il ne supprime pas toutes les difficultés qui résultaient de l'hypothèse précédente : en particulier, il ne peut rendre compte de l'origine du texte alexandrin, à savoir l'introduction de deux coupes dans le récit. D'ailleurs toute reconstitution de texte est superflue tant qu'une des formes attestées par la tradition manuscrite parvient à expHquer la genèse des autres,
IV. — La comparaison du texte alexandrin et du groupe formé par les autres formes du récit conduit à deux constatations suggestives. La première, c'est que tous les éléments du texte alexandrin sont attestés dans le dernier groupe ; la seconde, c'est que seul le texte alexandrin mentionne deux coupes. Or la distribution de deux coupes, contraire aux usages liturgiques et ignorée des trois autres narrations bibliques, ne pouvait manquer de créer une' difficulté. Pour mettre le récit de Luc d'accord avec la célébration de la cène et avec les textes de Matthieu, de Marc et de Paul, on aura supprimé une coupe. La réduction s'est opérée de différentes façons : et voilà l'origine des diverses traditions manuscrites. Comme le fait observer judicieusement M. Goguel (2), cette diversité est à elle seule « un indice très favorable à la priorité du texte alexandrin qui connaît deux coupes », car elle « s'explique facilement si des rédacteurs différents ont remanié le texte indépendamment les uns des autres, elle serait incompréhensible si dans le texte primitif ^il n'avait été question de deux coupes ».
Mais voici l'objection. « Nulle vraisemblance, écrit A. Loisy (3),
(i) Cf. par exemple, K. L. Schmidt, art. cit., coL 7-10.
(2) L'eucharistie, p. lia.
{■i) L'évangile selon Luc, -ç. S"^^'
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à ce qu'on ait omis dans certains manuscrits la seconde mention de la coupe pour accorder Luc avec Marc et Matthieu ; car dans ce cas c'est la première mention qu'on aurait dû supprimer, et l'on ne se serait pas avisé d'effacer les mots : « Cette coupe est la nouvelle alliance, etc.», qui exprimaient la croyance de l'Église, en leur préférant : « Je ne boirai plus de vin » ; rien d'ailleurs n'aurait été plus facile que de rapporter à la même coupe, en se conformant à Marc, les paroles que le texte ordinaire de Luc présente séparées. » Cette suppression de la seconde coupe estelle aussi invraisemblable que le prétend Loisy ? Nous ne le croyons pas, puisqu'un copiste a pu sans grande difficulté interpréter le premier calice comme étant la coupe eucharistique (i).
Cependant les considérations qui précèdent, n'expliquent pas la suppression du v. 19 b. Nous admettons avec M.-J. Lagrange (2) que cette lacune, qui n'existe que dans D et dans quelques manuscrits latins, « peut avoir eu pour mobile de se conformer à Me. et à Mt. L'élimination du v. 20 une fois décidée, on a dû remarquer que ce v. 20 était plus semblable à Paul qu'aux synoptiques, et être conduit par cette raison à éliminer encore 19b ».
Nous avons déjà rencontré l'objection assez commune de la dépendance des vv. 19b et 20 à l'égard de I Cor., XI, 24-25. Nous avons répondu qu'un interpolateur aura probablement ajouté le second ordre de réitération. Cet emprunt est le fait de Luc lui-même, ou bien le texte est dû à une dépendance de Paul et de Luc à l'égard d'une tradition commune. Notons enfin que la difficulté qui est à l'origine des différentes formes du texte, . est d'ordre exégétique. Elle consiste dans l'explication des deux coupes mentionnées par le texte alexandrin. P. Batiffol (3) voit dans le texte « deux récits distincts, mais concentriques de la même cène ». Avec Van Crombrugghe (4) et d'autres, nous préférons reconnaître dans la première coupe une coupe pascale, et la suite de cette étude justifiera cette interprétation.
Nous pouvons donc, semble-t-il, considérer le texte alexandrin comme le texte primitif et trouver bien naturel qu'il soit attesté par tous les manuscrits majuscules, à l'exception de D, et par un grand nombre de minuscules et de versions.
(i) Cf. C.Van Crombrugghe, De soteriologiae christianaeprimis foniibus, p. 146.
(2) Évangile selon saint Luc, p. 546.
(3) Études d'histoire et de théologie positive. Deuxième série, 8^ éd., p. 123-129.
(4) De soteriologiae christianae primis fontibus, p. 139-142, et surtout L'évangile primitif de l'eucharistie, p. 9-12.