VI. K. Apr. Lavatio
(4) De mensihus, IV, 49 et 59 (édit. R. Wuensch, dans la Bibliotheca Teubneriana, p. 105 et 112 ; dans H. Hepding, op. cit., p. 75).
(5) Les mystères, i^ édit., p. 87-88 ; 2^ édit., p. 85-86.
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s'accommodent point du symbolisme admis par Loisy. Sans doute, la cannophorie est un rite difficile à expliquer. Il est toutefois probable qu'elle doit être mise en rapport avec le m5rthe d'Attis, exposé à sa naissance parmi les roseaux du fleuve Gallos et recueilli par Cybèle (i).
Une semaine après r« entrée du roseau » avait lieu « l'entrée de l'axhre» :Arbor intrat. L'arbre était un pin, fourni par laconfrérie des dendrophores. Peut-être l'abatage s'accompagnait-il d'un sacrifice de bélier (2), Des couronnes de violettes étaient suspendues aux branches; le tronc était entouré 'de bandelettes comme un cadavre ; la flûte et la houlette du berger Attis y étaient attachées ainsi que les tympanons et les cymbales de la Mère. D'après Firmicus Maternus (3), au milieu de l'arbre était fixée l'image d'un jeune homme, probablement celle d'Attis. Le pin ainsi orné était porté solennellement à travers la ville vers le sanctuaire de la déesse où, suivant Firmicus (4), il était conservé pendant un an, puis brûlé (5). L'arbre ayant été sans doute considéré comme le simulacre d'Attis, l'on comprend que les auteurs, à la presque unanimité, voient dans les cérémonies décrites la commémoration de la mort du dieu. A la vérité, il n'est pas impossible que le rite ait suggéré à certains fidèles cette interprétation, mais, si l'on tient compte des mythes, il est plus vraisemblable de l'interpréter avec Lagrange (6) comme figurant plutôt l'émasculation d'Attis et sa consécration à la déesse Cybèle. En entourant le tronc du pin de bandelettes, les fidèles d'Attis imitaient la Mère qui avait recouvert d'habits les vires d'Attis(7). Au reste Arnobe(8), lorsqu'il nous montre l'arbre devenu
(i) Cf. M.-J. Lagrange, Attis et le christianisme, p. 424-425 ; H. Hepding, op. cit., p. 147-149 ; F. CuMONT, Les religions orientales, 4" édit., p. 52 ; H. Grail- LOT, Le culte de Cybèle, p. 117-iig.
(2) C'est une conjecture de A. Loisv {Les mystères, i" édit., p.89 ; 2« édit., p. 87), qui s'appuie sur la donnée de Firmicus Maternus (Z)e errore profanarum religionum, XXVII, 4, édit. C. Halm, p. 121; PL, Xll, 1041 C ; dans H. Hepding, op. cit., p. 51).
(3) De errore profanarum religionum, XXVII, i (édit. C. Halm, p. 120; PL, XII, 1040 B ; dans H. Hepding, op. cit., p. 50-51).
(4) De errore profanarum religionum, XXVII, 2 (édit. C. Halm, p. 120 ; PL, XII, 1041A; dans H. Hepding, op. cit., p. 50).
(5) Pour la description des cérémonies du 22 Mars, cf. H. Hepding, op. cit., p. 149-150.
(6) Attis et le christianisme, p. 125-127.
(7) Cf. Arnobe, Adversusnationes,Y, 14 (édit. A. Reifferscheid, p. 186-187; PL, V, II 10 A ; dans H. Hepding op. cit., p. 42).
(8) Adversusnationes.Y, i7(édit. A. Reifferscheid, p. i89;PL,V,njc5 A; dans H. Hepding, op. cit., p. 43),
dans le sanctuaire de la déesse comme une divinité, ut aliquod praesens atque augustissimum numen, ne le regarde pas comme le simulacre d'un cadavre, mais comme le symbole du dieu eunuque.
Le 24 mars est le jour du sang : dies sanguinis, le jour où les Galles se consacraient au service de Cybèle par la castration ; le jour suivant était un jour de joie : Hilaria. D'après la plupart des auteurs (i), il ne peut être question ici que de la commémoration de la résurrection d'Attis. Malheureusement cette interprétation n'a aucun appui dans les textes (2). De plus, jusqu'au VI*' siècle,les Hilaria sont toujours considérés comme la fête, non pas d'Attis, mais de la Mère(3). Les renseignements que nous avons à leur sujet, nous apprennent seulement que c'était un jour où l'on se croyait tout permis, où l'on faisait bonne chère, où l'on portait des couronnes et où résonnaient joyeusement les tambourins et les flûtes. Notons enfin qu'après un jour de repos avait lieu la grande procession de la Mère vers l'Almo pour le bain sacré de la statue.
A côté des cérémonies publiques que nous venons de rappeler il y avait les rites des mystères où quelques auteurs signalent l'idée d'une union des mystes à Attis mort et ressuscité. Comme nous étudions plus loin le repas sacré, il ne nous reste à envisager ici que les rites du taurobole et du criobole, sorte de baptême dans le sang d'un taureau ou d'un bélier. D'après Loisy (4), par ces rites le candidat à l'initiation était « identifié, au dieu
(i) Cf. H. Hepding, 0/). cit., p. 165-172; A. Loisy, Les mystères, x^ édit., p. 104 ; 26 édit., p. 102-103 ; H. Graillot, Le culte de Cybèle, p. 130-136.
(2) En faveur de cette interprétation on a quelquefois invoqué un passage de FiRMicus MATERNUS.De errore profanarum religionum, XXII, i (édit. C.Halm, p. 111-112 ; PL, XII, 1032 A ; dans H. Hepding; op. cit., p. 50) ; « Nocte quadam simulacrum in lectica supinum ponitur et per numéros digestis fietibus plangitur : deinde cum se ficta lamentatione satiaverint, lumen infertur : tune a sacerdote omnium qui flebant fauces unguentur, quibus perunctis sacerdos hoc lento mur mure susurrât : Oappevre ixiioTai Toû Beoû (TS(y(i)(T|ji£vou' etyiai yàp ûp-tv èv. TTOVtûV iTCOT/^pia. «Mais ce texte, ainsi que l'admettent A. Loisy {Les mystères, i« édit., p. 104; 2° édit., p. 102) et M.-J. Lagrange (Attis et le christianisme, p. 447-448), se rapporte non pas à Attis mais à Osiris. De même on ne peut pas invoquer un passage de Damascios (VI^ siècle), Vita Isidori excerpta a Photio, cod. 242 (édit. J.Bekker, Photii Bibliotheca, t. II, Berlin, 1825, p. 345a; H. Hepding, op. cit., p. 74), comme l'a très bien montré M.-J. Lagrange (Attis et le christianisme, p. 449-450).
(3) Cf. M.-J. Lagrange, Attis et le christianisme, p. 433-434.
(4) Les mystères, i^ édit., p. 119-121 ; 2" édit., p. 117-118.
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mourant et ressuscitant ». La victime aurait été identique à Attis, mutilée et tuée, comme le dieu lui-même. Le myste, baigné dans le sang de l'animal, aurait été uni d'abord à Attis-victime, puis, régénéré par le sang, à Attis ressuscité. Cette hypothèse n'est pas soutenable (i). Sans doute, le taurobole est devenu un rite d'initiation, du moins au IV^ siècle, à en juger d'après la célèbre description de Prudence (2), mais ce caractère semble n'être pas primitif. Au début de notre ère, le taurobole paraît n'avoir été qu'un simple sacrifice expiatoire censé particulièrement efficace. Quoi qu'il en soit, le sens que lui prête Loisy est dénué de toute vraisemblance, puisque rien ne permet d'identifier à Attis le taureau consacré à Cybèle. Quant au criobole, qui était lui en rapport avec Attis, son importance n'est que secondaire à côté de l'immolation du taureau, et il ne saurait donc avoir une portée supérieure à celle qui revient à ce dernier rite. Enfin, pour affirmer une association des mystes à la mort d'Attis, quelques auteurs invoquent san? raison les mots par lesquels Firmicus Maternus (3) introduit la formule de passe des initiés : « In quodam templo, ut in interioribus partibus homo moriturus possit admitti... ». Le moriturus, dont il est question dans ce passage, s'entend de la mort spirituelle que, du point de vue de Firmicus, le fidèle d'Attis encourt par sa consécration à la divinité.