‹ Les origines de l'eucharistie sacrement et sacrificeChapitre 4 sur 41 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Le deuxième aspect du problème concerne la nécessité d'une destruction non seulement dans le sacrifice expiatoire, mais aussi dans le sacrifice en général (i). Toutefois, malgré toutes les controverses, les théologiens sont d'accord pour voir dans le sacrifice une oblation présentée à Dieu et inspirée par le sentiment de dépendance de l'homme à l'égard du souverain Maître. Ce sentiment de dépendance n'est pas nécessairement explicite, mais il peut être impliqué dans un élan de gratitude, dans une attente confiante de nouveaux bienfaits ou dans un désir sincère d'expier les offenses commises à l'égard de la divinité.

Parmi les ethnologues et les historiens des .religions les divergences de vues sur l'origine et l'évolution du sacrifice sont bien plus accusées (2). La confusion provient de l'emploi d'une méthode subjective, inspirée des postulats de l'évolutionisme reHgieux, dont seuls, jusqu'à présent, les ouvrages de l'école de l'histoire culturelle ont su se dégager. Les vues de cette école touchant le sacrifice ont été exposées à plus d'une reprise par W. Schmidt, et elles confirment l'opinion d'après laquelle le sacrifice consiste essentiellement dans une offrande inspirée par le sentiment de dépendance de l'homme à l'égard de la divinité. En quête d'une notion minima du sacrifice, c'est à cette définition que nous sommes autorisé à nous arrêter.

Pris dans le sens particulier envisagé par les historiens des religions, le troisième terme que nous avons à expliquer, mystère, n'est pas encore reçu dans le vocabulaire théologique. Il désigne un type cultuel déterminé, représenté surtout dans certains cultes syncrétistes de l'époque hellénistique : cultes de Dionysos, d'Orphée, de Déméter, de Mithra, de Cybèle et d'Attis, d'Isis et d'Osiris. R. Will (3) présente comme suit la conception religieuse du mystère : « A l' arrière-plan s'estompe le m57the du dieu mourant et ressuscitant. Ce mythe est appelé à devenir une réalité vivante par l'union mystique du dieu et de l'homme. Cette union est censée s'opérer soit par une incarnation du

(i) Cf. H. Lamiroy, De essentia SS. Missae sacrificii, dans Universitas catholica Lovaniensis. Dissertationes ad gradum doctoris in FacuUate theologica consequendum conscriptae, II" sér., t. VII, Louvain, 1919, p. 7g et suiv.

(2) Un excellent aperçu de ces hypothèses est donné par W. Schmidt, Etlmologische Bemerkungen zu theologischen Opfertheorien, Môdling, 1922, p. 5-13 ; Notions générales sur le sacrifice dans les cycles culturels, dans la Semaine d'ethnologie religieuse. Compte rendu analytique de la III^ session tenue à Tilbourg, 6-14 sept., 1922, Enghien, 1923, p. 229-231.

(3) Op. cit.. p. 125.

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