‹ Les origines de l'expédition d'ÉgypteChapitre 121 sur 173 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

demnisation de ses pertes, il réclame aussi l'exécution de certaines promesses, sur lesquelles il ne s'explique pas clairement, mais qui paraissent bien consister dans l'attribution du poste, virtuellement vacant, de consul général en Egypte. Il y avait alors quatre ans que Mure, titulaire de ce poste, en était absent par congé. Quoi qu'il en soit, le séjour de Magallon à Paris et ses démarches auprès des ministres et des comités coïncident avec une active campagne menée dans les bureaux des Relations extérieures et de la Marine en vue de pourvoir au consulat général de France en Egypte et d'en rétablir le siège au Caire. L'inspiration directe, sinon la main même de Magallon se reconnaît dans les témoignagnes écrits qui nous sont parvenus de cette campagne (1).

Elle débute par un rapport (2) adressé, le 20 janvier 1 793 j au ministre de la Marine, sur « les moyens de faire parvenir plus promptement les dépêches dans l'Inde» . C'est, à la lettre, la proposition déjà soumise par Magallon lui-même à l'un des titulaires de ce portefeuille, en 1787 : expédition des dépêches par Marseille, Alexandrie, le Caire, où on les confierait à des Rarbaresques qui, pour les transmettre à destination, profiteraient des bâtiments fréquentant le port de Suez, jusqu'à ce que le gouvernement ait eu le temps

(1) Arch. Aff. étr., correspondance consulaire. Le Caire.

(2) Ce rapport a disparu et c'est par l'analyse qu'on donne un document ultérieur que la connaissance nous en est parvenue.

d'expédier dans la mer Rouge deux paquebots, destinés à ce service (1) .

Ces moyens ayant reçu l'approbation du ministre de la Marine, il allait de soi que l'exécution en était subordonnée au rétablissement du consulat au Caire. Deux rapports furent faits pour démontrer la nécessité de cette mesure. Le premier, non daté, mais probablement contemporain du précédent, fait valoir les ressources économiques du Caire et traite, cette fois du point de vue commercial, la question de la communication avec l'Inde par la mer Rouge. Envisageant enfin l'éventualité d'une guerre avec la Turquie, il se termine par ce suggestif aperçu : « Il est aisé de sentir que, si nous devons avoir la guerre avec elle (la Porte), il importerait à tous égards d'établir au Caire des relations qui, d'abord commerciales, prendraient aisément un autre caractère et nous mettraient à portée de séparer de l'empire ottoman une de ses plus riches provinces, en assurant aux beys, naturellement impatients du joug de la Porte, une protection qu'ils recevraient avec transport et qui exciterait toute leur reconnaissance. »

Le second rapport est du 28 janvier 1793. Beaucoup plus bref, il se borne à expliquer par des motifs

(lj L'utilisation commerciale de la voie de Suez n'avait pas cessé de préoccuper les esprits, même pendant la période révolutionnaire. En 171)2, Proment, dont nous avons déjà mentionné le nom (Voyez eliap. vu, p. 22(,)), avait publié un livre intitulé : Jhi commerce de la mer Rouge et de celui des Indes par celte mer.

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