‹ Les origines de l'expédition d'ÉgypteChapitre 123 sur 173 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Retour de Magallon au Caire. — Continuation des persécutions des beys contre les Français. — Tentative de départ des résidents du Caire. — Opposition mise par les beys à leur départ et captivité. — Appels des négociants à la protection de la France. — Mémoire de la chambre de commerce de Marseille au comité de commerce et d'approvisionnement et à la commission des Relations extérieures de la Convention nationale. — Examen de la situation par le comité de Salut public. — Instructions à Magallon et à Descorches. Exode des Français du Caire et retraite à Alexandrie. — Mission de Dubois-Thainville en Egypte. — Première lettre de Magallon à Verninac sur le projet de conquérir l'Egypte. — Lettre du même au commissaire des Relations extérieures. — Lettre du même aux membres du comité de Salut public. — Enquête ordonnée par le ministre Delacroix. — Mémoire du capitaine Real sur l'ouverture du commerce de l'Inde. — Négociations de Dubois-Thainville au Caire. — Rapport de Dubois-Thainville sur sa mission.

Parti de Paris le 5 février et de Toulon le 25, sur la barque VÉclair, Magallon arriva au Caire dans le courant d'avril 1793. Son premier soin devait être de se faire reconnaître par les beys en qualité de consul. Une audience n'allait jamais sans entraîner de fortes dépenses. L'intérêt en parut cependant assez grand à la nation pour la décider à en faire les frais. Magallon se rendit donc, accompagné de deux négociants, aux palais de Mourad et d'Ibrahim, auxquels, selon l'usage, il remit des présents dont la valeur s'éleva à

35 000 livres. Cette entrée en matière lui assura un excellent accueil : les beys rivalisèrent à son égard de bonne grâce et le firent revêtir d'une pelisse d'hermine.

Le moindre acompte sur leurs créances eût beaucoup mieux fait l'affaire de nos négociants : mais pas une piastre ne sortit des poches de Mourad ni d'Ibrahim. Par contre, le découvert de la nation s'accrut de nouvelles avances, de nouvelles ventes à crédit, imposées sous menace de violence; l'arbitraire continua de régir, comme par le passé, le statut des Français. Aussi persistent-ils à n'espérer la fin de leurs misères que de l'intimidation ou de la force. A peine ont-ils vu Descorches nommé à Constantinople, qu'ils lui ont envoyé copie de leur mémoire au ministre de la Marine, a Les remèdes palliatifs, lui écrivent-ils peu de temps après (1), sont désormais indifférents à notre situation et peuvent même l'empirer» ; et, rappelant les moyens qu'ils ont proposés, ils concluent : «Nous demandons toujours qu'on les emploie et nous recommandons nos réclamations à votre patriotisme. » Mais, impuissant à faire reconnaître par la Porte son caractère officiel, réduit, pour négocier, à se prêter avec les ministres turcs à des entrevues secrètes, Descorches était hors d'état d'entraîner la Turquie à user de rigueur envers les beys.

(1) Lettre <l<\s résidents ;i Descorches, 25 octobre 1793. (Arch, A(ï. étr., correspondance consulaire. lie Caire.)

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